Chronique Musique

Chronique : Steven Wilson – The Future Bites

Après l’excellent To the Bone, Steven Wilson n’avait plus rien à prouver en matière de Pop, l’album était excellent et contenait un lot de tubes radio et easy listening assez prodigieux. Et pourtant ce génie du Rock et du Rock Progressif semble avoir encore beaucoup de choses à dire avec l’étrange The Future Bites qui je dois l’avouer m’a laissé un goût amer en bouche, mais pas à la deuxième gorgée.

Alors l’homme aime varier les plaisirs, on le sait, car il l’a prouvé tout au long de sa carrière. Moults projets, moults groupes, toujours plus ou moins différents, mais toujours avec quelque chose qui les unis. De Porcupine Tree à Storm Corrosion, en passant par Blackfield et No-Man, Steven Wilson en donne pour tous les goûts. Mais c’était sans oublier Bass Communion, projet discret à l’influence minimaliste et instrumental, qui étonnamment semble ici en 2021 avoir enveloppé de sa présence une part de The Future Bites.


Dans The Future Bites, on retrouve toujours des joyaux Folk Pop (dont l’extraordinaire « 12 Things I Forgot » rappelant d’ailleurs fortement les talentueux Keane), mais également des compositions plus intimistes, du moins, moins mainstream, moins classiques. Steven Wilson va toujours là où on ne l’attend pas.
D’ailleurs de temps à autre ça flirte avec ce que l’on avait pu entendre dans No Man (« Man of the People »), mais ici Steven Wilson me rappelle le Moby des années post 2000 avec Wait for Me en ajoutant un soupçon d’électro à sa musique (« Self », « Count of Unease »).
« King Ghost » touche par sa volupté. Le son est chaud et dégage quelque chose de doux, d’agréable. Ce n’est pas ici que l’auteur, compositeur et interprète surprend le plus (même si on y découvre la présence de Jason Cooper (The Cure) et de Michael Spearman (Everything Everything)), car, même si on peut être surpris Steven Wilson reste reconnaissable entre mille.

Ce nouvel album de Steven Wilson possède un fil conducteur et c’est celui de la représentation de soi-même et de l’identité. L’image que l’on donne de soi, celle qu’on pense de retransmettre également. Evidemment il y parle des réseaux sociaux, des téléphones, des images que l’on assimile toute la journée… Vaste débat car l’auteur traite le sujet de façon négative, mais également positive. La société de consommation, Les médias qui nous manipulent sont aussi au programme. On retrouve une partie de ces sujets dans le groovy « Eminent Sleaze » et dans le synthétique et long « Personal Shopper » où l’on retrouve d’Elton John en train de lire une liste de courses… .


The Future Bites est donc pour ma part assez déstabilisant, du moins sur les premières écoutes. Au début j’ai même trouvé l’album assez mauvais mis à part « 12 Things I Forgot » et « King Ghost », le reste étant très perturbant. J’avais du mal à me retrouver surtout après To the Bone. Et puis les écoutes passant, on devine un peu plus où veut aller Steven Wilson, on se laisse prendre au jeu, à la diversité et la créativité de l’homme et du musicien.
Je n’en suis pas au point de mettre The Future Bites au niveau de l’album précédent, il restera bien en deçà, mais au final je reconnais de belles qualités à ce disque.


Groupe : Steven Wilson
Album : The Future Bites
Sortie : Janvier 2021
Label : Caroline Records
Style : Pop
Lien : Site Web

Tracklist:
01. Unself
02. Self
03. King Ghost
04. Things I Forgot
05. Eminent Sleaze
06. Man of The People
07. Personal Shopper
08. Follower
09. Count Of Unease

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