The Knight Witch
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Avis : The Knight Witch 

C’est drôle parce que lorsque j’ai vu les premières images de The Knight Witch, j’ai tout de suite pensé à Bangaï-o, un Shoot assez spécial paru sur Dreamcast à l’époque et auquel je n’avais pas tant accroché que ça.

On se retrouve en effet, avec cette production signée Super Awesome Hyper Dimensional Mega Team (Rise & Shine), avec un titre reprenant en quelque sorte l’idée de devoir survivre dans un environnement hostile en explosant tout -tout autour de vous- à coup de boulettes.
Mais après plusieurs heures de jeu, The Knight Witch ne s’avère finalement pas du tout ressemblant à mes souvenirs de Bangaï-O.

Remarquez d’autres s’attendaient à un simple Metroidvania avec un soupçon de Deckbuilding… Ce n’est pas mieux, car finalement, s’il est un Metroidvania (un minimum), le Deckbulding n’est là que pour créer un semblant de RPG.
The Knight Witch est finalement peut-être un peu tout ça, mais ce qui est certain c’est qu’il est un jeu vraiment bien fichu malgré -j’ai trouvé- sa difficulté assez inattendue.

Il est en quelque sorte l’évolution du Run & Gun qu’était Rise & Shine, en apportant plus fantaisie (dans son scénario), plus de possibilités (dans son gameplay) et un côté Metroidvania qui n’était pas du tout présent.

En parlant scénario et fantaisie, la transition est toute faite puisque The Knight Witch reprend l’univers robotique et l’esprit écologique de leur précédent titre. Ici ce n’est pas des ennemis venant d’une autre planète mais bien d’un mal intérieur qui ronge la planète.

Alors que le monde court à sa perte à cause d’une société consommant toute l’énergie de la planète, la vidant de toute substance, des entités surnaturelles finissent par naître des croyances de certains illuminés écologiques. Ces entités, des ‘sorcières chevaliers’ au nombre de quatre, choisissent alors de lutter pour sauver ce qu’il reste de la planète. Au fil des combats remportés, au fil du peuple qui croient en elles de plus en plus fort, leur puissance devient assez élevée pour riposter et détruire les oppresseurs qui étaient alors prêt à abandonner leur terre pour en coloniser une nouvelle.
Après un combat titanesque et la disparition des sorcières, cette planète a été ruinée de manière irréparable. Les habitants de ce monde détruit sont alors contraints de se retirer sous terre. Heureusement ce peuple maudit finit par découvrir une ville cachée avec une abondance de ressources. Ainsi, au fil des années, les Enfants de Gaïa se sont reconstruits, vivant désormais de paix et de sérénité.
Mais alors que tout allait dans le meilleur des mondes, une attaque mystérieuse vint mettre un terme à tout ce bonheur. Entre risque de destruction de ce nouveau paradis et recherche des sorcières portées disparues, vous incarnez la 5ème Sorcière oubliée, Rayne.

Derrière cette histoire totalement dramatique et ce fil conducteur écologique se cache quelque chose de bien plus adulte. On nous parle souvent dans le jeu d’équilibre, de bien de mal, d’écologie aussi, mais finalement ce qui s’y cache vraiment c’est le conflit entre la joie et la peine, un esprit enfantin et la mort. Sur le fond, The Knight Witch n’est pas une histoire pour les enfants. Remarquez sur la forme non plus malgré de beaux graphismes réalisés à la main puisque la difficulté est au rendez-vous…

Donc, tout d’abord, sachez que le gameplay à la sauce Metroidvania est assez simple à prendre en main et que l’évolution progressive de notre petite Rayne se fait très naturellement. The Knight Witch se distingue malgré tout et cela même dans un genre qui avoue on le est plutôt saturé. Les codes sont là, mais pourtant en tant que Metroidvania, le jeu de Super Awesome Hyper Dimensional Mega Team fait les choses à à sa façon. Au fil du temps, vous gagnez de nouveaux pouvoirs, sorts et capacités qui vous permettent d’explorer de nouveaux domaines, ainsi que de permettre au joueur d’obtenir des liens et de monter de niveau en conséquence… blablabla !

Un monde de plus en plus vaste s’ouvre alors à vous sous cette pluie de boulettes qui vous tombent dessus. Entre Bullet-hell et Ori, entre Twin Stick Shooter et Deckbuilder, The Knight Witch a le cul assis sur plusieurs chaises et pourtant cela fonctionne très bien.

Tout ça c’est le gameplay de base, celui que l’on connaît des Metroidivania, mais l’idée d’apporter un système de magie basé sur des cartes est assez intéressant. La mécanique de construction de deck de The Knight Witch manque pourtant d’une certaine profondeur. En fait, il n’y a même réellement rien à construire. Vous possédez un deck de 8 (dont 3 utilisables en combat), avec plus de 30 cartes au choix permettant de varier les plaisirs. Des cartes qui évoluent simplement.
Sur le terrain, malheureusement on ressent un manque de choix tactique. Cela est dû à un mauvais équilibre entre les cartes d’attaques et les cartes de défenses. Je dirai même que les cartes défensives sont pour la plupart handicapantes. Il y a notamment celle qui crée un bouclier devant vous, mais qui malheureusement est fixe, en mouvement elle ne vous sera d’aucune utilité. De plus, vous ne pouvez pas tirer à travers ce bouclier. Enfin, la distribution des cartes au combat est aléatoire, pas besoin de vous dire, qu’il n’est pas simple de lutter à armes égales.

Difficile alors de bien gérer de lourdes attaques des énormes boss que nous allons affronter. Dites vous bien que ça finira par passer en apprenant bien les patterns, mais la frustration se fera sentir à cause outre de notre grande taille et de la petitesse de l’espace qui nous est alloué. Sinon, à part ça, tout va bien.

Puisque le titre est un Twin Stick Shooter, sachez que les développeurs ont pensé à une répartition assez simple des boutons pour utiliser les magies. Malheureusement personnellement j’ai eu du mal à m’y faire. D’autant que la visée manuelle m’a semblé assez capricieuse. Heureusement il y a une visée automatique et je pense qu’elle se suffit à elle même. C’est suffisamment dynamique pour être efficace et vous laisser gérer les esquives et les magies.

Entre ces moments de combats intenses et de frustrations, notre petite sorcière va se balader dans des niveaux souvent étroits. Ici il faudra un peu de jugeote pour progresser. Rien ne sera réellement insurmontable. Seul regret dans ces niveaux: c’est la visibilité. Cela est dû à des décors pas toujours très lisibles. Les boulettes et les apparitions ennemies sont souvent cachées par des éléments de premier plan et une grande quantité de fleurs. Dommage.

D’ailleurs le jeu est très beau. On retrouve le style déjà vu dans Rise & Shine, mais en plus fin. Le résultat est très convaincant.
Côté musique, je dois dire que le travail réalisé par les développeurs est assez remarquable. De belles mélodies, des constructions intéressantes. Tout ceci est à peine gâché par des boucles peut-être un peu courtes. Mais cela ne vient pas vraiment ternir le plaisir à poser la manette et écouter la bande son.

The Knight Witch, enfin, propose une autre chose lui permettant de se démarquer. J’ai parlé un peu plus haut, pour gagner en puissance, Rayne devra se faire aimer du peuple. C’est en quelque sorte un système de moralité. C’est un moyen intelligent de moderniser le récit. Vous pourrez ainsi discuter avec des gens de la haute dans le hub central ou bien sauver des gens d’en bas. Tout ce dont vous avez besoin est d’avoir de bonnes relations publiques. Pour cela (on revient à la moralité) vous pouvez dire la vérité ou bien raconter des bobards. Le hic c’est que si vous mentez ou du moins que cela ne rassure pas la personne avec qui vous discutez, vous ramassez moins de points d’expériences. Et qui dit moins de points, dit moins de progression en matière de capacités. Un système pas vraiment permissif qui peut finir par vous bloquer car vous ne serez tout simplement pas assez puissant. Former un lien avec elle est primordial, pour posséder des cartes toujours plus puissantes. Une lourdeur supplémentaire sur les épaules alors que le titre est déjà difficile.


Derrière The Knight Witch, se cache un jeu très intéressant, joli et dont l’histoire se veut une vision proche de notre monde. Même si je n’aime pas trop la comparaison science contre magie.

Pourtant, j’y vois un grand défaut. Mais après tout, je ne suis pas un grand joueur, donc peut-être que cela vient de moi (lol). Je pense qu’il y a un problème au niveau de la difficulté. Sans être un Souls Like The Knight Witch possède beaucoup de pics de difficultés capables de me faire poser la manette. Alors que se balader dans les niveaux reste surmontable, les boss sont ultra énervants. La grande taille de Rayne et la petitesse des environnements ne font pas tout.

Il reste malgré tout que le titre de Super Awesome Hyper Dimensional Mega Team est une très belle surprise et un jeu que je vous conseille si vous aimez les shoot et les Metroidvania.


Genre : Metroidvania, Shoot the Up
Langue : Français
Développé par : Super Awesome Hyper Dimensional Mega Team
Edité par : Team 17
Sortie :  2 décembre 2022
PEGI : +7
Poids : 3.8 Go
Plateforme : Playstation 4|5, Xbox Series|One, Switch

Jeu testé sur Playstation 4 Pro
Jeu offert par l’éditeur

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