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Test : Atelier Lulua : The Scion of Arland [Switch]

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Genre : RPG au tour par tour / T RPG / Craft
Langue : Anglais/Japonais
Sortie : 24/04/2019
Développeur : Gust
Éditeur : Koei Tecmo
Taille : 5499,78 MB

8.5/10 Pour les amateurs du genre Tour par Tour
7/10 Pour les amateurs de RPG


La série des Atelier ne date pas d’hier. A son commencement, en 1997, j’ai pu me faire la main sur Sega Saturn avec Atelier Marie -en import évidemment, et il faut bien avouer que cette longue saga a bien évolué.

Si la trilogie des Atelier Iris sur Playstation 2 a donné ses lettres de noblesses à la série, sans que je puisse y jouer malheureusement, c’est avec joie que j’ai appris l’arrivée ici en Europe et plus particulièrement sur Switch de l’autre trilogie importante signée Gust, la bien nommée Arland, qui raconte les aventures de Rorona, Totori et Meruru. Sortie à l’époque sur PS3, PSVita et 3DS, cette réédition a relancé la licence dans nos contrées au côté de Nelke and the Legendary Alchemists, un crossover pour les fans.

Mais cette fois-ci c’est bien un titre tout nouveau tout beau qui nous vient du Japon et de l’écurie Koei Tecmo, j’ai nommé Atelier Lulua. Huit ans après Atelier Meruru, nous retournons au pays de Arland, pour notre plus grand plaisir.

Sortez les grimoires et les marmites.

Place à l’histoire, qui comme tout Atelier, reste assez succincte, mais où l’on fini malgré tout par s’attacher aux personnages.
Lulua est la fille de Rorona et a pour ambition de devenir une alchimiste aussi doué que sa mère. La jeune fille vit dans la ville d’Arksys, une petite ville sans réel intérêt et qui voit sa population se vider. En effet, les ruines découvertes il y a longtemps sont désormais inexplorables et inexploitables car une porte mystérieuse en barre l’accès. Entourée de son amie d’enfance, Eva, de son maître Piana (un personnage issu de Atelier Totori) Lulua va partir à la recherche de sa mère mais aussi des réponses à des questions plus ou moins existentielles. C’est après de longues phases de dialogues que notre future grande alchimiste va découvrir un livre magique. Un mystérieux livre surgissant de nul part et tombant littéralement sur sa tête. Cet étrange livre déchiffrable uniquement par Lulua va lui permettre d’apprendre de nouvelles recettes d’alchimie et de progresser de manière fulgurante. Alchemyriddle, c’est le nom du livre, lui réserve bon nombre de surprises et c’est lui qui va lui permettre de comprendre ce qui se trame réellement au royaume d’Arland.

Le monde que nous allons traverser est réellement intéressant à explorer. Si le scénario se développe de façon plus ou moins captivante au fil des chapitres qui s’écoulent, c’est pourtant bien la personnalité de nos héros qui m’a captivé. Entre Lulua très immature mais attachante par sa naïveté et la profonde discrétion et forte jalousie de Eva, il y en a pour tous les goûts.

Dans cet épisode qui fait donc un arrêt sur Arland, vous retrouverez des alchimistes connues des titres précédents. Leur présence n’est malheureusement pas toujours respectable vis à vis de leur passé respectif, mais l’effort a été fait de les inclure un minimum dans le scénario. Lionela de Atelier Rorona, Keina ou Mimi de Atelier Meruru sont par exemple relégués au rang de personnages secondaires et du fait sont non jouables… Cordelia (elle aussi de Atelier Rorona) n’est que vaguement évoquée. Et si évidemment Rorona possède une place importante, Totori et Meruru sont quant elles absentes du scénario. Pour information, elles n’arriveront que par la suite, inclues dans deux DLC. Gust avait déjà réalisé ce méfait lors de Atelier Lydie & Suelle prenant ainsi les fans de la série pour des moutons. Mais lorsqu’on aime on ne compte pas, c’est bien connu. Le prochain épisode s’intitulera sans doute Atelier Dollars…

Après ce petit détour, place au gameplay et au système de jeu, si particulier à la série.
D’un concept simple, Atelier devient attirant à plus d’un titre avec sa collection d’objets et surtout la conception et création d’armes, d’artefacts ou bien encore de matériaux en tout genre. Pour faire clair pour les non initiés, vous allez devoir créer des objets qui vous permettront d’avancer. Vous aurez des recettes à effectuer au fil des pages découvertes sur le Alchemyriddle. Pour déchiffrer votre livre où certains indices sont indiqués, il faudra partir à la recherche d’objets particuliers, de lieux inconnus ou déjà visités. Il suffira parfois de rencontrer une personne en particulier, où de créer tels ou tels objets. Parfois proche d’un jeu d’enquête, où il faudra sans doute réfléchir un peu, la progression se fait tout de même de façon assez naturelle en poursuivant le simple scénario, ou bien en réalisant une quête demandée.
Une fois la page du livre remplie, de nouvelles recettes seront alors réalisables, si toutefois vous avez les ingrédients en poche.
Tout est ici bon pour vous faire voyager. L’exploration est primordiale et il ne faudra pas hésiter à retourner dans des lieux exploités au début du jeu.
S’il y a exploration, il y a fatalement confrontation. Les ennemis sont nombreux et vous fournissent aussi des matériaux. Il ne faudra pas avoir peur d’aller les affronter encore et encore, tant pour augmenter votre sac de voyage que pour augmenter vos niveaux de compétences. Dans certains lieux, certains objets, certaines ressources ne sont récupérables qu’avec des outils particuliers qu’il faudra façonner par vous même. Filet à papillons, canne à pêche ou bien encore explosifs pour dégommer les rochers.

Une fois la récolte en mains, il va falloir faire parler vos talents d’alchimiste.
Tout est écrit dans votre livre (ou ceux que vous achetez). Les éléments s’ajoutent et fusionnent pour donner un autre objet plus performant ou bien comme dit plus haut, vous pourrez aussi créer de tout nouveau matériaux.
Chaque ingrédient possède une affinité avec l’eau, le feu, la terre ou bien la foudre. Il faudra faire des choix quant à la force que vous désirez donner à votre futur objet. La qualité ne faisant pas tout, il faudra faire attention aux propriétés des objets que vous allez utiliser. Certains augmenteront toutes les stats, alors que d’autres à la façon des Pokemon seront plus efficaces contre les adversaires feu ou terre. L’ajout d’un mauvais ingrédient dans la marmite et ça sera l’échec rendant inutile votre objet, en perdant au passage les éléments utilisés.
L’alchimie proposée ici est vaste, puisque tout ou presque peut se marier tant que l’on respecte bien ce que le livre nous propose. Certains minerais ou morceaux de monstres sont ainsi utilisables dans plusieurs recettes, ce qui permet de varier certaines propriétés. Un même produit fini pourra posséder différents avantages comme des PP en plus, ou bien une immunité plus forte contre la foudre. Il en est de même avec les armes potentiellement plus puissantes envers tels ou tels ennemis. Lulua a du talent, à vous de vous en servir de la meilleure façon qui soit.

Vous l’avez compris, l’intérêt central du jeu est là. Même si je n’ai pas encore parlé des combats, c’est bien l’alchimie qui est le principal attrait de Atelier Lulua.
Les recettes au grès des pages que vous découvrez. Le fait de devoir faire apprendre à reconnaître quel objet est plus efficace qu’un autre devient rapidement addictif. Il faut apprendre à utiliser les ingrédients les plus qualitatifs possibles pour créer un objet puissant et surtout utile à la suite de l’aventure.
Si Lulua gagne de l’expérience après chaque combat, elle en gagne aussi après chaque recette. Ces gains de niveaux lui permet ainsi d’être encore plus performante. C’est ainsi quasiment sans fin. Tout ce potentiel de créativité se révèle une fois que la quête principale se termine, car le contenu annexe est absolument incroyable.

L’alchimie c’est bien, mais la baston ce n’est pas mal non plus. Atelier Lulua peut il rester intéressant face aux autres mastodontes du genre tour par tour ? Les combats se déroulent en équipe de 5 personnages. Il y aura trois équipiers actifs qui attaquent et deux autres qui resteront passifs en soutien. Comme dans tout RPG, de base, vous allez pouvoir attaquer, défendre ou utiliser une compétence (magie, soins, attaques spéciales). Cependant, lorsque vous allez utiliser une compétence, l’un des personnages passif avec qui vous avez une affinité pourra venir attaquer juste après vous. Cela infligera des dégâts supplémentaires à vos adversaires.
Pour pimenter la chose, les développeurs ont ajouté ce qui est appelé « Interruption ». Vos alchimistes vont pouvoir interrompre le combat et utiliser un objet. Bombes, potions ou autres, pourront ainsi être utilisés un certain nombre de fois (suivant la recette que vous avez crée dans votre labo). Le nombre d’utilisation est limitée durant le combat mais l’objet revient à sa totalité après chaque combat. Evidemment cela apporte un côté stratégique, car cela peu renverser certaines situations grâce a des bombes puissantes ou à certains soins salvateurs.
La difficulté rencontrée ne vous posera pas trop de problème. avec cette gestion possible du système de combat. Les boss sont un peu plus ardus, mais avec quelques effets dégradant sa barre de temps, cela ne devrait pas trop vous poser de problèmes.

Atelier Lulua face à ses prédécesseurs supprime la contrainte temporelle. A savoir que dans les anciens titres de la série (sauf Atelier Shallie) le calendrier doit être respecté sous peine de voir arriver un Game Over. Si le calendrier est toujours visible, vous n’aurez pas de limite de temps pour récolter, voyager ou bien faire de l’alchimie. Un mal pour un bien, car si cela retire de la pression quant au Game Over toujours présent sur nos têtes, cela permet de voyager librement et de profiter de cet aspect ouvert du jeu. Pouvoir récolter un peu partout sur la carte, créer des objets comme bon nous semble, c’est en quelque sort le début d’un open world.

Graphiquement le jeu m’a beaucoup plus. Le monde d’Arland est modélisé dans une 3D respectable et n’a trop rien à envier à un Shining Resonance ou bien à Valkyria Chronicles 4 durant les phases de combat. Le character design de Mel Kishida est vraiment très joli et après une vingtaine d’heures sur le jeu je m’étonne encore de voir d’aussi belles animations sur les personnages lors des saynètes. Saynètes souvent très amusantes d’ailleurs et qui font que l’on s’attache aux personnalités de nos héros. Les villes sont plutôt petites mais il y a beaucoup de chose à faire. Niveaux détails ici, Atelier Lulua est en deçà des deux titres de Sega, avec beaucoup moins de détails. Que cela soit la section combat ou recherche de matériaux, le moteur graphique est identique. A certains moments, hormis lors des dialogues, vous pourrez profiter du travail de Mel Kishida, avec de superbes dessins. On appréciera enfin la météo changeante avec pluie, grand soleil, nuit ou orage. Un petit plus agréable.
Pour ce qui est de la partie musicale, je dois avouer que j’ai vraiment très apprécié. C’est toujours superbe, sans faute de gout. Orchestral, doux, calme, voir même Metal symphonique pour les boss, le choix est pertinent. Et je ne me suis jamais lassé, même durant les longues phases de recherche ou les combats un peu plus long. Un régal pour les oreilles.

Autant vous le dire, vous n’allez pas voir les heures passer. Outre l’histoire principale, certains endroits (café, mairie) dans les villes, vous proposerons de nombreuses (très nombreuses) quêtes annexes, de quoi prolonger encore le temps de jeu. Si certaines sont là pour renforcer la durée de vie du titre, sachez que d’autres se feront naturellement au fil de votre progression. Arrivé au bar, il ne vous restera plus qu’à échanger votre récolte contre de l’argent, parfois beaucoup d’argent. Ne prenez pas ça à la légère car il est possible qu’une de ces quêtes fasse parti d’une sollicitation de votre Alchemyriddle.


Préférant amplement les vrai T-RPG au tour par tour, plutôt qu’à ceux possédant le fameux ATB de qui vous savez (je vais me faire frapper par les puristes !), le jeu de Guts m’a fortement convaincu. Complet, attirant, Atelier Lulua est un véritable bol d’air frais dans ma ludothèque Switch. Si à l’heure où j’écris ces lignes je n’ai pas encore terminé le jeu, soyez certains que j’irai jusqu’au bout de l’histoire tant j’ai apprécié la compagnie de Lulua, Piana et autres magnifiques Lisa, Pamela ou Lionela.


Test réalisé pour GamingNewz.fr avec un jeu offert par l’éditeur


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