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Test : Pode

Pode

Genre : Réflexion / Énigmes
Langues : Français
Développé par Henchman & Goon
Édité par Henchman & Goon
Sortie France : 21/06/2018
Taille : 2861,56 MB

Site Web Officiel

7/10


Pode est un petit jeu indé nous contant l’histoire d’une petite étoile se retrouvant perdue sur une planète et désirant retourner dans le ciel rejoindre ses congénères. La pauvre est désespérée, mais un petit rocher noir va lui redonner confiance et l’aider à retourner là d’où elle vient en l’accompagnant sur le trajet.
Pode nous présente un univers onirique très coloré où nos deux toutes petites choses très kawai vont devoir s’entre-aider dans un jeu de réflexion.
L’histoire est très limitée, mais la beauté du jeu retransmet tant d’amour et de sérénité qu’elle devient vraiment anecdotique.
Lorsque j’ai débuté le jeu, plusieurs titres sont venus dans mon esprit quant aux influences, autant dans le gameplay pour l’idée d’avancer en duo ou bien pour l’univers. Tout d’abord, Brothers, mais aussi Journey et Flower, ou bien encore The Cave et plus anciennement The Lost Viking.

Deux personnages, aux caractéristiques assez proches l’une de l’autre vont donc devoir s’entre-aider pour progresser dans des tableaux plus ou moins complexes à terminer.
L’un développe un halo lumineux autour de lui, éclairant les environs, ce qui permet à la végétation de grandir, et l’autre devient petit, lui permettant d’aller dans des endroits plus inaccessibles (le tout avec ZR).
Vous allez pouvoir vous monter l’un sur l’autre, pour vous aider à atteindre des plateformes trop hautes en sautant avec B. Y vous permettra avec la pierre noire d’avaler la lumière de l’étoile et au passage y gagner ses propriétés de gameplay (comme sauter plus haut). Et enfin, avec ZL il vous sera possible de créer un lien entre les deux entités, qu’elles soient éloignées ou l’une à coté de l’autre. Au fil de l’aventure, il sera primordial de ne pas oublier ce lien très important et qui est plutôt inutile au début. Plus loin dans le jeu il vous sera aussi possible de vous téléporter (avec A).
Il faudra donc avec X switcher entre les personnages pour avancer et passer ces puzzles.

Certaines zones ne seront atteignables qu’en usant de la lumière, alors que pour d’autres il faudra impérativement être deux. Vous allez devoir déplacer des blocs pour faire avancer votre comparse, faire pousser des fleurs pour avancer en duo ou bien encore explorer certaines cavernes atteignables seulement par l’un ou l’autre d’entre-vous.
Les structures des énigmes semblent souvent complexes et certaines seront vraiment capillotractées (vers la fin surtout, mais aussi finalement, un peu partout) mais les développeurs ont toujours pensé à vous laisser des petits indices pour vous aider. Des plateformes éloignées, de l’eau, il faudra prendre son temps et rester calme pour progresser.
Pode vous offre aussi la possibilité de jouer dans un mode coopératif où chaque utilisateur se verra attribuer l’un des deux protagonistes. Concrètement cela n’apporte pas grand-chose dans la façon de jouer, mis à part de faire chauffer le ciboulot à deux et non en solo. Et vous serez parfois bien heureux d’être deux pour réfléchir à certaines énigmes, c’est moi qui vous le dit.

A coté de ce casse-tête qui est avant tout l’intérêt central de Pode, les Norvégiens de Henchman & Goon ont frappé fort sur l’esthétisme du jeu. On peut ne pas aimer, mais personnellement Pode est une merveille visuelle. Plusieurs fois, j’ai posé ma manette Pro et j’ai pris du temps pour profiter de la beauté du jeu. C’est à la fois simple et détaillé, très coloré, mais sans être surchargé, assez souvent surprenant, bref c’est un réel coup de cœur. Je ne dirai pas que chaque tableau traversé est une claque visuelle, mais de manière générale c’est tout de même vraiment agréable à l’œil.
Les effets de lumières sont assez impressionnants aussi. Lorsque la petite étoile perdue sur cette planète éclaire toute la zone, les ombres sur le décors sont très très bien foutues. Les éclats de lumières sur certains tableaux sont vraiment bluffants et par moment on peut aussi discerner la poussière virevolter. Les Norvégiens ont aussi mis le paquet sur les petits détails comme les quelques gravures ou inscriptions présentes tout au long du jeu. Elles brillent de mille feux et sont très bien détaillées.
Il est vraiment difficile de ne pas tomber sous le charme de la patte graphique du jeu. Pode inspire la sérénité.

Mais le studio Henchman & Goon a décidé de ne pas s’arrêter en si bon chemin et enfonce le clou au niveau de l’ambiance. Car si les graphismes sont beaux, chauds, chatoyants et colorés, la musique n’en est pas pour autant mise de coté.
Vous avez aimé Flowers ? Alors vous adorerez Pode. Calme et reposante, la musique composée par Austin Wintory aidé de 6 musiciens (accompagnés par l’orchestre symphonique de la radio Macédonienne) est un régal auditif. Je pense même qu’elle est au dessus de celle de Flowers, tant elle a su m’immerger dans cet univers si particulier. Il ressort de cette musique un esprit Scandinave vraiment unique qui a su m’interpeller. C’est doux et envoûtant. Les compositions sont simples, ce qui les rend immersives. Si vous avez déjà écouté quelques albums de Folk où guitares lancinantes et violons sont seuls maîtres à bords, alors je pense que vous vous laisserez bercer par les émotions que l’on perçoit. On peut aussi penser à certaines formations de Pagan Norvégiens ou bien à l’album Ghost de Devin Townsend.
Et comme pour la beauté visuelle, à certains moments j’ai posé mon pad, pour profiter de la beauté musicale.

Pode risque d’être long pour certains. J’ai moi-même passé pas mal de temps sur un ou deux tableaux plus complexes.
Le gameplay simple donne envie de continuer, les énigmes ne devenant qu’un prétexte pour avancer et voir à quoi va ressembler la suite. On se demande parfois ce qu’ont prévu les développeurs pour nous faire arracher les cheveux. Car oui vous risquez de vous en arracher quelques uns. Des ‘rage quit’ sont aussi envisageables, surtout lorsque l’on passe 5, 10, 15 minutes sur le même problème et que la solution est pourtant devant notre nez.
En plus du temps passé à vouloir terminer le jeu de façon la plus simple possible, les Norvégiens ont rajouté quelques pièces à collecter tout au long des 9 niveaux. Le challenge n’en est que plus relevé. Vous avez dit frustration ? Vous avez raison ! Ho oui ce jeu vous en donnera, mais d’un autre coté, il est tellement beau et tellement bien réalisé qu’il vous fera oublier sa petite difficulté, car il n’y a jamais rien d’insurmontable si on se donne la peine de réfléchir.

Pode est de ces pépites, qui me font dire qu’il existe encore dans le monde du JV, des gens capables de nous faire rêver. Au même titre qu’un Journey, un Limbo, un Ori ou bien encore un The Cave, Pode vous fera voyager de part son visuel, sa musique et son monde onirique.
Mais faire le voyage entouré de ces énigmes n’est au final qu’un prétexte, car on s’attache rapidement à ces deux entités et on a qu’une envie les aider à s’en sortir.
Et puis finalement est-il possible que ce jeu soit un message caché ? Une sorte d’image de nous même face à nos problèmes ou face à ce que nous sommes ? Pode serait-il un jeu à la finalité plus philosophique qu’il n’y paraît ?

Test réalisé sur une version offerte par l’éditeur

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