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Test : Rain World

rainworldGenre : Die & Retry, Aventure
Langues : Français
Développé par VideoCult
Édité par Adult Swim Games
Sortie France : 27/12/2018
Taille : 2193,62 Mo

7/10


Qu’il a été difficile de jouer à Rain World. Qu’il a été difficile de l’apprécier ! Qu’il a été difficile de le déchiffrer…

Tout d’abord je tiens à féliciter les créateurs de ce jeu. Rain World est assez unique en son genre et l’univers qu’il dégage ne se rencontre pas partout. Peut-on dire pour autant qu’il sort des sentiers battus ? Rain World est-il de ces jeux dont on tombe amoureux juste pour l’histoire qu’elle raconte et pour ce que l’on ressent en y jouant ?
Pour répondre à cette dernière question, je dirai que oui. Il y a quelque chose de particulier dans ce monde où nous essayons de survivre qui fait que l’on s’attache à l’environnement, et au petit chat-limace que nous dirigeons.
Pour répondre à la première question, je suis un peu plus mitigé.

Explications !

Rain World est un jeu particulier, à la fois mignon mais tellement cruel. Mais avant d’aller plus loin, je vais vous conter l’histoire du chat-limace.
Il était une fois, une famille de slugcat vivant dans un monde post apocalyptique où la pluie tombe sous sa forme la plus destructrice, d’une rare violence. La petite famille en vadrouille va se risquer à traverser de nombreux obstacles dans ces méandres d’humanités (?) détruites et invisibles. Mais alors que tout semblait aller pour le mieux, un violent orage vient les menacer. Bien à l’abris la famille se repose, avant de reprendre la route malgré la tempête. Une prise de risque qui les mènera quelques instants plus tard vers un tragique incident, que dis-je, un tragique accident. L’un d’entre eux va glisser puis disparaître à tout jamais. Du moins c’est ce que l’on pense puisque justement, vous allez devoir incarner cette petite chose, vulnérable mais au combien agile.
Vous êtes maintenant seul ou presque dans ce monde dévasté et réellement malsain et qui n’inspire pas du tout la confiance. On se doute immédiatement qu’il va nous arriver quelque chose de dramatique, que l’on va rencontrer des ennemis voulant nous manger, ou bien que l’environnement lui-même ne sera pas du tout conciliant avec nous. Cruel destin qui nous attend. Pourtant il va bel et bien falloir survivre et surtout retrouver notre famille.

L’ambiance est posée. VideoCult nous met dans le bain immédiatement. Je dirai même qu’il nous lâche dans la fosse aux lions sans aucune explication. C’est à nous de comprendre comment avancer, sauter, attraper des objets au sol, des objets qui nous permettrons de survivre. Mais il va falloir aussi chasser, pour se nourrir…
Si parfois il est agréable de découvrir le gameplay nous même, ainsi que deviner dans quelle direction aller, Rain World nous frustre malheureusement immédiatement. Quoi faire, dans quelle direction aller, ni même pourquoi, mystère. La présence de la carte aide néanmoins à ne pas trop perdre de cheveux. N’empêche que le monde labyrinthique est nettement plus complexe qu’il n’y parait.
Ce monde impitoyable ne vous explique en effet pas comment passer à un autre niveau, ni comment on sauvegarde, ni même le but véritable de notre présence, bref, rien de rien. A nous d’apprendre, à nous de découvrir, tout, absolument tout. Pour avancer il faudra manger, et dormir. Car primo il vous faudra avoir le ventre plein pour pouvoir hiverner, mais secundo c’est cette action qui vous fera avancer vers la suite de l’histoire. Le problème, si j’ose dire, c’est qu’il faudra trouver un endroit bien précis pour pouvoir vous reposer dans ces abris forts bienvenus. Et ce dédale de chemins, de couloirs ou de tuyaux agace… fortement. L’observation et la connaissance précise de la carte sera votre seul atout. C’est peu, mais pourtant il faudra bien faire avec. La mécanique pourrait être infaillible, d’autant que certains indices sont bien là pour vous aider, mais le stress des ennemis nous recherchant, ou bien l’arrivée imminente d’une averse de pluie tueuse nous fait rapidement paniquer, oubliant tout, la position des abris mais aussi le gameplay le plus simple. Mourir avalé par la pluie vous fera revenir à la dernière sauvegarde. Cruelle surtout si vous avez bien navigué sur la carte et oublié d’hiberné depuis un long moment.

Ce monde hostile dans son ressenti l’est aussi visuellement. L’univers de Rain World est glauque, apocalyptique, nous présentant un monde industriel détruit. C’est franchement peu reluisant. Et pourtant, le pixel art proposé a su se faire agréable. Le changement d’éclairage au fil du temps qui passe et de la météo changeante force le respect, tout comme les splendides compositions de plans superposés. Le rendu est beau et très propre ce qui contre balance avec l’univers sombre où le noir et les ombres sont grandement majoritaires. Seuls les ennemis, quelques soient leur taille profitent d’un peu de couleur vive. Votre slugcat blanc se retrouve tel un lièvre d’arctique pourchassé par des oiseaux étranges et autres animaux volant sur fond noir.
Musicalement c’est un peu la même chose. Souvent discrète, voir inexistante, le rythme s’enflamme uniquement lorsqu’un danger arrive. Les joycons vibrants même lorsque l’averse mortelle s’annonce. De quoi la voir venir, seulement si une cachette est à proximité, sinon, cela sera la mort noyée pour la petite chose blanche et si douce que vous essayez de faire vivre.

Cette aventure fantastique (et non pas dans cette fantastique aventure) est longue, surtout si l’on se perd. Et vous vous perdrez. Il faudra bien compter sur 15 ou 20 heures si vous arrivez à bien vous repérer dans ces couloirs et surtout si vous arriver à hiberner à temps et régulièrement. Sinon compter dix heures de plus. De quoi réellement péter un câble le long de ses douze régions et 1.600 tableaux. Plusieurs modes de difficultés viendront redonner un peu de durée de vie, si et seulement si vous avez envie de reprendre un bon coup de frustration.
Si vous avez des amis, Rain World, vous propose aussi une petite partie en multijoueur, pas pour partir à l’aventure, mais pour un petit combat dans une arène pour désigner celui qui d’entre-vous se sort mieux de cet enfer qui vous attend. Pour sortir vainqueur, il faudra manger de la nourriture, mais surtout survivre aux vagues de carnivores qui vont s’abattre sur vous durant quelques minutes.
Étranges sensations que de devoir survivre de cette façon.


Je l’ai dit plus haut, deux fois (maintenant trois) Rain World est frustrant ! Quel dommage que l’expérience soit gâchée par un gameplay trop maltraité par la difficulté. La mécanique de jeu ainsi mise à mal nuis au plaisir de jouer.
L’aventure mérite pourtant que l’on s’y attarde. L’ambiance et l’aventure valent effectivement le détour, mais ce point négatif fera fuir les moins patients, les moins téméraires et les moins curieux. Mais je ne leur en voudrai pas, car j’ai moi-même hésité plusieurs fois et posé la manette et à ne plus revenir. Heureusement (et je ne m’en cacherai pas) les ‘let’s play’ disponibles sur la toile permettent de laisser entrevoir la lumière dans cette pénombre insurmontable. Le finirais-je un jour ? Il semble sans fin.

Envoûtant et dérangeant, Rain World l’est, malheureusement il ne laisse aucun droit à l’erreur et en laissera plus d’un écœuré devant tant de difficulté aléatoire et tant de faux pas maladroits. Une hostilité capable de refroidir les ardeurs de beaucoup.


Test réalisé avec un jeu offert par VideoCult

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