Jeux Vidéo Test Playstation Test Steam Test Switch Test XBOX ONE

Avis : Resident Evil Requiem

Voilà maintenant 30 ans que Resident Evil nous fait sursauter avec ses infectés, ses menaces biologiques et ses intrigues de série Z.

La licence a connu des hauts et des bas avec sa transition action suite au succès de Resident Evil 4 mais a su revenir à ses origines grâce à l’excellent Resident Evil 7. Aujourd’hui, Capcom nous propose ce Requiem avec comme promesse le retour à Raccoon City, la ville où tout a commencé. Encore faudrait-il que ce retour ne soit pas juste une escale.
 

28 ans après la tragédie de Raccoon City, plusieurs survivants de cette épidémie sont retrouvés morts dans les mêmes circonstances étranges, tous ayant succombés à une étrange infection. Grace Ashcroft, une analyste du FBI, est en charge de l’enquête alors qu’un cadavre a été trouvé sur les lieux du meurtre de sa mère, tuée 8 ans plus tôt. En parallèle, Léon Kennedy, survivant de Raccoon City et personnage principal de la licence, se retrouve à enquêter de son côté sur ces morts car il est lui aussi atteint de cette infection et que ses heures sont comptées. Leurs pistes les amènent dans un centre de soins cachant des expérimentations sur le virus-T dans le but de trouver Elpis, une mystérieuse arme biologique qui pourrait changer à jamais le monde et dont Grace semble être la seule à pouvoir libérer.


 

C’est dans ce centre que commence le jeu où on incarne essentiellement Grace, avec quelques courtes phases de gameplay du point de vue de Léon. Pour cette partie, on retrouve le gameplay classique mais efficace qui a fait les bonnes heures des derniers Resident Evil en date, à savoir des ressources extrêmement limitées et une angoisse qui est à son paroxysme. Ici, pas question de foncer tête baissée : il est plus sage de planifier ses trajets et d’anticiper les dangers pour se faufiler le plus possible entre les ennemis. Notre inventaire est, lui aussi, très limité donc de nombreux allers-retours sont à prévoir dans les zones sécurisées pour gérer ses objets avec la malle et sauvegarder. Petit bonus sympathique si vous jouez en difficulté Moderne (Classique), le jeu demande des rubans encreurs qui sont consommables pour sauvegarder, comme à la vieille époque.

Malgré toutes ces prévisions, il y a forcément des affrontements avec des ennemis et ce sont principalement des zombies mais avec une idée de génie : ceux-ci se rappellent de leur personnalité pré-infection. Ainsi, nous pouvons retrouver des zombies qui s’acharnent à nettoyer le sang sur les miroirs, des zombies qui s’efforceront d’éteindre la lumière ou encore des zombies qui chantent dans les couloirs, quitte à nous percer les tympans. Ce système qui rappelle les fantômes du premier Luigi’s Mansion nous donne une indication sur comment vaincre ou éviter le zombie et ça amplifie le sentiment de malaise de se retrouver face à une personne qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et il ne faut pas ignorer ces indices car les zombies sont de véritables obstacles sur notre trajet : ils peuvent être rapides et sont coriaces à abattre. Et même à terre, leur cadavre est source d’angoisse car ils peuvent se réanimer en une version berserk qui rappelle les Crimson Head du remake de Resident Evil 1.

C’est à ce moment que le système de crafting devient intéressant. Dans tout le centre et sur les cadavres des ennemis, il est possible de récolter du sang infecté. Ce sang sert de base au crafting de Grace qui peut fabriquer des remèdes, des munitions et, surtout, des injecteurs hémolytiques qui one-shot n’importe quel zombie pris par surprise et qui empêche cette mutation des cadavres ambulants. Toutefois, cette ressource étant limitée, il faut bien choisir quels cadavres faire exploser pour ne pas être gêné lors d’un prochain aller-retour. Cette première partie du jeu est vraiment excellente, avec une horreur maîtrisée de bout en bout mais avec peut-être un level design classique et des énigmes pas très intéressantes.

C’est dommage que la seconde partie ne reste pas sur cette lancée. Cette fois, les rôles sont inversés et on joue essentiellement Léon, avec Grace qui vient faire coucou une ou deux fois, avec un gameplay à la Resident Evil 4 mais en moins intéressant. A l’inverse de la première partie, les ressources sont abondantes, tout comme les ennemis et on perd toute angoisse avec un Léon qui est plus expérimenté, le rendant plus apte à se défendre. Pas la peine de se faufiler, le but est clairement de rentrer dans la mêlée et de parer les attaques des ennemis. La comparaison avec Resident Evil 4 ne s’arrête pas là car les zombies se prennent pour les villageois infectés de ce jeu et sont capables de manier des outils, de tirer (mais sans maîtriser) avec une arme ou sont suffisamment intelligents pour se dire que c’est une bonne idée de lancer une bonbonne de gaz.

Et c’est dommage de se retrouver avec ce qui est clairement le ventre mou de ce jeu lors du moment sur lequel se base tout le marketing : le retour à Raccoon City. On retrouve une ville déserte après le missile thermique qui n’est pas si intéressante que ça en termes de décors. Il n’y a que très peu de lieux connus que l’on revisite sous un nouveau jour et même quand on en visite un, celui-ci est bien vite oublié tant on passe peu de temps à l’intérieur. C’est même honteux de passer si peu de temps dans le commissariat de Raccoon City, le lieu central de Resident Evil 2 alors qu’il y avait tellement de potentiel avec un Léon qui s’en veut toujours pour ne pas avoir réussi à sauver tout le monde lors des événements de Raccoon City. D’autant plus que c’est cet endroit qui est mis en avant sur la jaquette ! Cet événement attendu par tous les fans de la licence devient alors assez insipide tant il est un non-événement. On aurait aimé voir plus de personnages importants de la licence dans cet endroit qui ne demande qu’une grande réunion de famille.

C’est aussi dans cette partie que l’on retrouve les pires éléments de la licence. Pour commencer, l’action casse trop avec l’horreur, jusqu’à nous faire complètement oublier l’angoisse que l’on a ressenti dans la première partie. Et c’est sans parler des phases d’actions totalement hors contexte, dignes des pires moments de la saga, que ce soit les jeux ou les films. J’avais parfois l’impression de revivre des scènes du film Resident Evil: The Final Chapter qui se passe également dans les ruines de Raccoon City et, spoiler, c’était un très mauvais film (alors que j’apprécie ces films, c’est dire). Et on ne va pas parler de l’histoire qui vire dans le ridicule sur la fin tant il réécrit le lore de la saga. Et pourtant on parle de Resident Evil quand même.Tout ça vient du fait qu’il y a un trop gros contraste entre les deux styles de jeu qui sont là pour faire plaisir aux deux types de fans : les fans de l’horreur façon Resident Evil 7 et les fans de l’action horrifique façon Resident Evil 4. On a clairement l’impression de jouer à 2 jeux totalement différents en termes d’action et de ton. Cette impression est accentuée avec l’inexistence d’interactions entre les deux personnages d’un point de vue gameplay : ils ne se partagent aucun objet, ni mécanique. Chaque style de jeu reste étanche à l’autre. Ce qui est dommage car, malgré tous ses défauts, cette seconde partie du jeu reste plutôt fun et devrait plaire à tous les fans de l’action horrifique.

Néanmoins, on ne peut nier à quel point le jeu est solide techniquement. Le moteur RE Engine fait toujours autant de merveilles avec son style photoréaliste bluffant et, surtout, avec la performance des acteurs de motion capture qui est très bonne. L’actrice de Grace fait, notamment, un excellent travail pour nous faire croire à cette personne lambda qui doit faire face à des choses qu’elle n’aurait pu imaginer même dans ses pires cauchemars. Les effets de son sont tout autant efficaces, que ce soit avec des écouteurs, les haut-parleurs de la TV ou un home cinema. L’audio 3D est pleinement utilisé pour nous faire peur mais aussi pour nous aider à localiser les ennemis dans l’espace, capacité très pratique lors des parties avec Grace où la moindre erreur peut avoir de graves conséquences.

Enfin, le jeu a la bonne idée de proposer une vue à la première personne et une vue à la troisième personne, modifiable à la volée et assignable au gameplay de Grace ou de Léon. Par défaut, les parties avec Grace se font à la première personne, pour accentuer l’horreur, et les parties avec Léon se font à la troisième personne, pour nous aider à gérer les vagues d’ennemis. Ainsi, chacun pourra choisir son niveau d’horreur qui peut être assez élevé par moments.


En somme, si Resident Evil: Requiem souffre d’une crise d’identité entre sa première partie angoissante et sa seconde orientée action, il n’en reste pas moins un très bon jeu que chaque fan pourra apprécier. Malgré un retour à Raccoon City qui manque de profondeur, le plaisir brut que procure le gameplay saura captiver les amateurs de la saga, quand bien même le scénario laisse un sentiment d’occasion manquée.


Genre : Action, Horreur
Langue : Français
Développé par : Capcom
Edité par : Capcom
Taille : 68 Go
Sortie : 27 février 2026
PEGI : +18
Plateforme : Xbox Series, PlayStation 5, PC, Switch 2


Jeu offert par l’éditeur

Jeu testé sur Xbox Series et Playstation 5

Vous pourriez également aimer...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.