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Avis : City Hunter / Nicky Larson


Il y a des retours dont on se fiche royalement et des retours qui nous excitent comme des gosses devant un Kinder Surprise. City Hunter,
sorti à l’origine en 1990 sur PC Engine, fait plutôt — je dois vous le dire — partie des premiers.

Il fallait être un fan inconditionnel de la console de NEC pour s’intéresser à un jeu pareil à l’époque, alors que nous pouvions jouer à Thunderforce 3 ou Shadow Dancer sur notre Megadrive flambant neuve.

Grâce aux petits Français de Red Art Games et à leur studio maison (notez bien, car ça pourrait servir pour la suite), ce cher coureur de jupons Nicky Larson revient aujourd’hui sur les consoles modernes, dans son jus, avec tout de même quelques améliorations… mais aussi — et ça, c’était inévitable — avec ses défauts d’époque.

Je ne vais pas vous faire le coup de la petite larme à l’œil avec le Club Dorothée, on s’en moque éperdument et puis c’est hors sujet. Je ne suis pas là pour vous parler de la série, même si les développeurs de chez Red Art Games se sont fait plaisir à ce propos dans le jeu.
Qu’on leur en sache gré ou pas, une chose est sûre : d’un point de vue commercial, c’est très bien vu. Bravo les artistes, les fans des petits bobos et des vilains trop méchants seront ravis.

City Hunter, c’est du run & gun, sans doute inspiré par Rolling Thunder de Namco, avec comme lui un défilement latéral, sans fioritures, mais beaucoup moins rythmé. Je dis « moins rythmé » et inspiré par la Japan Post (la Poste japonaise), car contrairement au jeu de Namco, où l’on file droit devant en ouvrant quelques portes pour récupérer des munitions ou des armes, City Hunter nous demande d’utiliser notre mémoire pour faire de la livraison et ne pas nous perdre dans ce dédale d’escaliers et de portes absolument identiques.

Ryô Saeba va devoir, sur trois chapitres, se balader dans des étages tous plus identiques les uns que les autres, dans de grandes tours toutes plus semblables les unes que les autres, affrontant des myriades d’ennemis tous plus identiques les uns que les autres. Trois chapitres, trois contrats différents, avec malheureusement aucune autre différence à signaler. Le gameplay est clair : tirer, avancer, esquiver… mais aussi explorer, faire des allers-retours.

Contrairement à Rolling Thunder (paru en 1986), où l’on devait simplement avancer dans la carte en tirant, City Hunter apporte un élément qui en ravira certains, mais en dégoutera surtout d’autres : des PNJ qui vous demandent des objets. Chaque niveau fonctionne de cette façon : éliminer beaucoup d’ennemis, tout en progressant obligatoirement en trouvant des objets, des clés ou autre, et les ramener à leur propriétaire sous peine de ne pas avancer dans le scénario. La mécanique est intéressante, mais la répétitivité nous fait frôler l’apoplexie dans un jeu où tous les étages et toutes les portes se ressemblent.

En provenance directe du jeu original, un autre souci : sa rigidité.
C’est peut-être joli, car nous sommes sur PC Engine, pas sur une vulgaire 8 bits de Maître Sega ou de Big N (big up au youtubeur
Gunhed), mais la raideur de notre ami Nicky est assez évidente. Les animations restent limitées, et cela se ressent aussi chez les ennemis, qui vont nous poser quelques problèmes lorsque nous devons les esquiver. Ils apparaissent sans cesse lorsque l’on sort d’une pièce, et c’est assez barbant, car quasi impossible à esquiver.
Heureusement, en mode normal (équivalent du jeu original), les soins sont assez faciles à obtenir.

Le mode difficile, lui, joue sur un tout autre tableau. Vous trouviez le mode normal trop facile ? Attendez-vous à une toute nouvelle façon
d’aborder le jeu. L’équilibre a été profondément retravaillé : les ennemis résistent davantage, leurs positions sont repensées, et leur agressivité force le joueur à adopter une précision chirurgicale. Même les combats contre les boss gagnent en intensité, transformant certaines séquences en véritables défis d’endurance.

Cette version pourrait séduire les amateurs de challenge. Clairement, l’expérience vire vers une exigence qui ne fait aucun cadeau. Les hitboxes, que l’on trouvait déjà approximatives, ne nous font plus grincer des dents : là, on serre la mâchoire, on se frustre, on hurle ! Pourquoi on perd ? Oui, pourquoi ?! C’est totalement injuste, et on se demande si les développeurs n’ont pas voulu que l’on déteste leur jeu.

C’est avec ce genre d’épreuves que l’on se rend compte du fossé qui existe entre certains jeux d’hier et ceux d’aujourd’hui (pour la plupart) : un gameplay pas toujours au point, qui dessert l’ensemble du jeu avec une difficulté et des hitboxes pas toujours optimales.

Cette nouvelle version de City Hunter propose, en plus de ses modes, un petit truc en plus, unique au monde si j’ai bien compris : une version propre au pays de distribution. C’est-à-dire que nous, Français, avons la possibilité de jouer à Nicky Larson totalement en
français, avec la chanson que nous connaissons tous, interprétée par Jean-Paul Césari. Red Art Games a même poussé le vice jusqu’à inclure dans les dialogues les petits traits d’humour que l’on pouvait entendre dans la série, bien loin du sérieux et de la rudesse de la version japonaise.




Ressortir un tel jeu est un pari pour le moins risqué. Il semble qu’il soit gagnant, puisque le jeu a trouvé son public au pays du soleil levant.

City Hunter est un jeu sympa pour qui veut vivre une aventure sous le pseudonyme de Nicky Larson, sans oublier de quelle console il vient et
surtout de quelle époque il nous arrive. On ne va pas bouder notre plaisir : malgré ses défauts, c’est Nicky après tout, on peut bien lâcher un peu de lest, au moins pour cette fois.

Ce genre de portage s’adresse avant tout aux nostalgiques de la licence ou de la PC Engine, un peu comme Space Adventure Cobra ou Goldorak pour les quarantenaires quinquagénaires. Nous sommes pour
quelques uns d’entre nous, un public qui accepte les défauts d’époque
(linéarité, répétitivité, rigidité) parce que nous avons un attachement émotionnel à l’univers ou à la console. Est-ce que ce genre de projet a encore sa place aujourd’hui hors du cercle des fans ? Ou est-ce que pour Red Art Games c’est juste une opération commerciale ciblée ?


Genre : Action, Arcade
Langue : Français
Développé par : Clouded Leopard Entertainment, Red Art Games, Sunsoft
Edité par : Red Art Games
Taille : 754.0 MB
Sortie : 26 février 2026
PEGI : +12
Plateforme : Xbox Series, PlayStation 5, PC, Switch 1|2


Jeu testé sur Xbox Series

Jeu offert par l’éditeur

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