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Avis : Denshattack !

Denshattack! fait partie de ces jeux vidéo qui surgissent sans prévenir, qui déboulent comme un train fou lancé à pleine vitesse et qui te rappellent que le jeu vidéo peut encore surprendre. Le premier trailer puis la première démo sur Steam, m’ont immédiatement convaincu.

Le studio catalan Undercoders, connu pour ses projets décalés et ses idées qui sortent des rails, revient ici avec une proposition totalement improbable. Car non Denshattack! n’est pas un jeu nous provenant de l’archipel Nippone, mais bien de Catalogne !

Imaginez le délire !!!
Un jeu arcade où l’on pilote un train acrobatique dans un Japon dystopique, un train qui saute, grind, rebondit sur les murs et enchaîne les tricks comme si un skateur futuriste avait fusionné avec un Shinkansen. Rien que cette idée suffit à attirer l’attention, mais ce qui impressionne, c’est la manière dont elle est exécutée. Ajoutez un esprit Jet Set Radio dans le choix esthétique et là, c’est le coup de cœur assuré.

Dès les premières minutes, Denshattack! impose son identité. Une identité forte, colorée, dynamique, qui ne cherche pas à plaire à tout le monde mais qui assume pleinement son côté arcade. Le jeu ne veut pas être réaliste (qui lui en voudrai ?), il ne veut pas être sage (un peu comme pourrait l’être Crazy Taxi ?), il ne veut pas être un énième titre qui se fond dans le paysage vidéoludique. Il veut être fun, nerveux, généreux, et il y parvient avec une facilité déconcertante. On sent que les développeurs se sont amusés comme des fous en imaginant ce concept, et cette énergie se retrouve dans chaque mouvement du train, dans chaque décor, dans chaque idée de gameplay, mais aussi dans le personnage que l’on incarne et dans ceux rencontrés au fil du scénario.

Undercoders n’est pas un studio géant, mais il possède une vraie personnalité. On la retrouve dans SuperEpic, dans Mail Mole, dans les projets plus modestes qui ont fait leur réputation. Ils aiment les jeux qui ne se prennent pas trop au sérieux, les mécaniques simples mais efficaces, les univers qui respirent la bonne humeur. Avec Denshattack!, ils poussent cette philosophie encore plus loin. Le jeu ressemble à une lettre d’amour aux salles d’arcade, aux jeux des années 2000, à ces jeux qui ne cherchaient pas à raconter une histoire complexe mais à offrir une expérience immédiate, addictive, presque hypnotique. On comprend tout en quelques secondes, mais on peut y rester des heures. C’est un jeu qui aurait du sortir sur Dreamcast. La dame blanche de SEGA est la machine idéale pour accueillir ce petit bijou de fun.

Visuellement, Denshattack! assume un style très coloré, très lisible, pensé pour la vitesse et les acrobaties. Le Japon dystopique qu’il dépeint n’est pas sombre ni oppressant. C’est un immense terrain de jeu, un parc d’attractions futuriste où les rails deviennent des rampes, les gares des skateparks, les rues des pistes improvisées. Chaque élément du décor semble conçu pour encourager le joueur à tenter un mouvement un peu fou. Les néons, les panneaux, les structures métalliques, les plateformes suspendues, tout est pensé pour le flow. Le jeu ne cherche pas la prouesse technique, à en mettre plein la vue, mais il possède une identité visuelle forte, immédiatement reconnaissable. Comme les prédécesseurs sus nommé, on se souviendra de lui longtemps, plus longtemps j’espère que le sous estimé Hi‑Fi RUSH, qui lui aussi à pu très bien être utilisé comme catalyseur d’idées.

Mais revenons à nos rails. Denshattack! c’est l’Arcade, le vrai, celui que les plus jeunes d’entre nous n’ont pas connu. La sensation de vitesse est au cœur de l’expérience. Le train file à toute allure, bondit, dérape, et demande au joueur un vrai sens du timing. On anticipe, on improvise, on réagit en permanence. Le gameplay est simple à comprendre mais difficile à maîtriser. Certains joueurs évoquent d’ailleurs des difficultés à réaliser les tricks avec le joystick, preuve que le jeu ne se contente pas d’être un défouloir. Il demande de la précision, de la pratique, et récompense ceux qui s’accrochent. Cette courbe d’apprentissage donne au jeu une profondeur inattendue, qui le rend encore plus satisfaisant.

L’ambiance générale rappelle parfois Hi-Fi Rush, avec ce mélange de dynamisme, de couleurs vives et de fun assumé. Mais Denshattack! garde sa propre personnalité, plus brute, plus Arcade, plus centrée sur la performance et la vitesse. On sent une vraie affection pour les jeux de scoring, pour les combos, pour les défis qui poussent à s’améliorer. Le jeu encourage la créativité, l’expérimentation, le plaisir immédiat. On enchaîne les runs, on tente de battre son score, on cherche la trajectoire parfaite. C’est un jeu qui donne envie de recommencer encore et encore.

Ce qui est intéressant, c’est la manière dont le jeu est reçu. Denshattack! divise, et c’est souvent le signe d’un titre qui ose. Certains joueurs y voient une pépite rafraîchissante, un jeu arcade comme on n’en fait plus, une bouffée d’air dans un paysage vidéoludique parfois trop sérieux. D’autres n’y restent que dix minutes, peut-être parce que le côté arcade pur ne leur parle pas. Mais au fond, c’est aussi ça qui montre que Denshattack! ne laisse pas indifférent. Il provoque une réaction, bonne ou mauvaise, mais une réaction.

Pour l’avoir mis dans les mains de joueurs occasionnel il y a quelques semaines, avec l’association ACJV, la prise en main se fait immédiatement, et le jeu devient rapidement addictif. On veut faire mieux, alors on recommence encore et encore le même niveau pour performer, pour exploser le chrono ou les points.

L’univers du jeu mérite aussi qu’on s’y attarde. Ce Japon dystopique n’est pas un décor générique. Il est rempli de détails, de petites idées, de références à la culture arcade japonaise, aux jeux de vitesse, aux mangas futuristes. On y retrouve des influences de Jet Set Radio, de Crazy Taxi, mais réinterprétées avec une touche moderne. Le train n’est pas seulement un véhicule. C’est un personnage. Il a une manière de bouger, de se plier, de réagir qui lui donne presque une personnalité. On finit par s’attacher à cette machine improbable, comme si elle avait une âme.

La musique joue aussi un rôle important. Les pistes sont rythmées, dynamiques, pensées pour accompagner la vitesse et les acrobaties. Elles renforcent l’ambiance arcade et donnent au jeu une énergie supplémentaire. On sent que chaque élément du jeu a été pensé pour servir le flow, pour créer une expérience cohérente, fluide, agréable. Rien n’est laissé au hasard, même si le jeu garde un côté foutraque assumé.

Parce que oui, parfois, c’est le bordel. On ne sait pas trop où aller (ou comment y aller) et puis pour les boss, parfois le jeu nous laisse seul et évite de nous tenir par la main. C’est à nous de trouver le pattern et parfois cela peut être un peu long, le temps d’assimiler tout ce qu’il se passe à l’écran.

Ce qui est fascinant, c’est la manière dont Denshattack! s’inscrit dans le paysage vidéoludique actuel. En 2026, beaucoup de jeux cherchent à être sérieux, à raconter des histoires profondes, à proposer des mondes ouverts gigantesques. Les productions AAA se standardisent, les indés cherchent parfois trop à être “artistiques”, et les jeux arcade se font rares, laissant leurs places à de trop nombreux Metroidvania ou Rogue.

Denshattack! arrive comme une anomalie, un titre qui ne cherche pas à suivre une tendance mais à proposer une expérience pure, immédiate, centrée sur le plaisir de jouer. Il rappelle que le jeu vidéo peut être simple, fun, direct, sans perdre en qualité ou en personnalité. Ne vous étonnez pas si d’autres titres arrivent et essaient de se placer sur le créneau.

On pourrait croire que ce type de jeu ne trouve plus sa place aujourd’hui, mais c’est tout l’inverse. Les joueurs ont besoin de titres qui ne demandent pas 40 heures d’investissement, qui ne les bombardent pas de systèmes, de menus, de quêtes secondaires. On veut du fun ! on a besoin de jeux qui donnent le sourire, qui offrent une pause, qui permettent de s’amuser sans réfléchir. Denshattack! répond à cette envie. Il n’essaie pas d’être plus que ce qu’il est. Il n’essaie pas de se justifier. Il existe pour le fun, et c’est suffisant.


Denshattack! n’est pas parfait, et il ne cherche pas à l’être. Il est imparfait comme peuvent l’être les projets qui osent, qui tentent, qui ne se contentent pas de suivre une formule. Il est imparfait mais vivant, imparfait mais généreux, imparfait mais terriblement attachant. Dans un paysage vidéoludique parfois trop sérieux, trop formaté, trop prévisible, ce jeu arcade apporte une bouffée d’air frais. Il rappelle que le jeu vidéo peut encore surprendre, encore oser, encore faire sourire.

Denshattack! est ce genre de jeu vidéo qui rappelle pourquoi on aime jouer parce qu’il ose être différent parce qu’il ose être fun parce qu’il ose être sincère il ne révolutionne rien mais il apporte une dose de fraîcheur bienvenue dans un paysage parfois trop sérieux et si vous aimez les jeux de vitesse les jeux arcade et les expériences qui donnent le sourire alors ce train fou mérite clairement un billet.

Et vous son petit prix, il serait dommage de passer à côté.


Genre : Grind, Roller Coaster, Drift, Arcade
Langue : Français
Développé par : Undercoders
Edité par : Fireshine Games
Taille : 9.58 Go
Sortie : 2 avril 2024
PEGI : +12
Plateforme : Steam, Xbox Series, Playstation 5, Switch 2


Jeu testé sur Playstation 5 et XBox Series
Jeu offert par l’éditeur

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