R-Type Dimensions III remet un classique sur le devant de la scène sans chercher à le transformer. Un remaster qui assume sa difficulté, respecte son héritage et rappelle pourquoi cette série continue de faire transpirer les joueurs depuis des décennies. Pas de révolution, juste un retour musclé d’un monument du shoot’em up.
R-Type, c’est un peu comme un vieux rituel. Personnellement, ça se passait sur Master System, j’y ai joué très fréquemment à cette version, mais je ne me souviens pas l’avoir terminée à l’époque. Déjà gamin, j’avais du mal, je devais aimer ça : perdre encore et encore sur des shmup… J’aime toujours ça, d’ailleurs. Un style que j’aime, mais malheureusement, lui ne m’aime pas : je suis une bille !
On s’écarte du sujet. R-Type, on sait que ça va faire mal, on sait qu’on va râler, on sait qu’on va recommencer encore et encore, mais on y retourne avec cette étrange satisfaction masochiste. Rha… Pour tous les shoot them up, c’est pareil, finalement. Ce R-Type Dimensions III arrive donc avec la promesse de remettre un coup de projecteur sur une série qui n’a jamais cherché à être populaire, mais qui a toujours su rester fidèle à elle-même. Et avec ce nouvel arrivant, ce qui ressort immédiatement, c’est cette volonté de respecter l’héritage sans le figer dans une vitrine poussiéreuse. R-Type Dimensions III redonne ainsi une seconde jeunesse au fantastique R-Type III de la Super Nintendo. Cette nouvelle mouture devrait donc intéresser les jeunes fans de shoot them up n’ayant jamais posé la main sur ce bijou technique et technologique.
Le premier truc qui saute aux yeux et qui va en ravir certains, c’est ce fameux switch entre pixel art et 3D. La proposition est généreuse, car on peut carrément passer de la 2D à la 3D en appuyant simplement sur un bouton. On pourrait croire à un gadget, un petit effet « regardez comme c’est moderne », mais non.
C’est un vrai choix, pensé, assumé, presque pédagogique. La 2D d’époque et les pixels (et couleurs) de la SNES gardent ce charme brut, ce grain qui rappelle les salles d’arcade et les écrans CRT. La 3D, fût-elle une bonne idée, est la modernité tant demandée par les joueurs actuels. Mais personnellement, je n’ai pas aimé la proposition.
Tout d’abord, la visibilité en prend un coup. Ce n’est pas toujours clair entre les projectiles, les décors et les ennemis. Cela rend certains passages vraiment punitifs alors qu’on n’a rien demandé. Ensuite, c’est clairement moche ! Si l’idée était de retranscrire l’ambiance biomécanique la plus réaliste possible, c’est raté. On sent que les développeurs ont voulu offrir une porte d’entrée aux nouveaux joueurs et, à la fois, ravir les fans de la première heure, et ce sans dénaturer le matériel d’origine, mais le compte, esthétiquement, n’y est pas. Et c’est bien dommage, car pour le reste, c’est un remaster de qualité.
Mais évidemment, on ne peut pas parler de R-Type sans parler de sa difficulté. C’est un peu la marque de fabrique de la série : si tu veux un shoot’em up qui te caresse dans le sens du poil, va voir ailleurs. Ici, chaque erreur est une punition immédiate. On ne peut pas classer la série dans les bullet hell, mais ça reste d’une difficulté mortelle. Tout tient aux patterns ennemis, millimétrés… au millimètre (c’est précis, non ?), et puis il y a ces passages étroits qui sont des pièges vicieux, mais vicieux ! Comment peut-on être aussi vicieux ? Pas le temps de respirer : la moindre hésitation se transforme en explosion. Le jeu ne cherche pas à être accessible, il cherche à être fidèle.
Et cette fidélité, elle a un prix. Pour les nouveaux venus, ça peut être un mur. Pour les habitués, c’est un terrain connu, presque confortable dans sa brutalité. On retrouve cette sensation unique d’être constamment sur le fil, entre maîtrise totale et catastrophe imminente. Et c’est précisément ce qui fait le charme de R-Type : ce n’est pas un jeu qui se consomme, c’est un jeu qui se dompte (ou pas).
Le gameplay, lui, n’a pas bougé. Le module Force est toujours là, fidèle compagnon qui peut sauver la mise ou provoquer un carnage selon la manière dont on l’utilise. Les tirs chargés, les déplacements au pixel (ou polygone) près, les niveaux qui semblent vouloir vous broyer… tout est intact. Certains diront que le jeu est trop conservateur, qu’il aurait pu moderniser davantage ses mécaniques.
Mais honnêtement, pourquoi changer ce qui fonctionne ? R-Type a toujours été un jeu de précision, de mémorisation, de maîtrise. Quand j’y jouais sur Master System, je me souviens très bien d’en rêver et d’apprendre les patterns dans mon sommeil. Bon, ce n’est pas pour cela que j’étais plus performant le lendemain. L’apprentissage, certes, mais il faut aussi être simplement bon. Moderniser à outrance R-Type III aurait été une trahison pour les puristes, et les développeurs l’ont bien compris en remettant au goût du jour un classique sans le transformer en quelque chose qu’il n’est pas.
L’ambiance, elle aussi, reste typiquement R-Type : sombre, mécanique, organique, presque oppressante. On nage dans un univers biomécanique, comme j’ai pu le dire un peu plus haut, mais même avec des décors vivants, chez moi, ça n’a pas fonctionné. Quant à la bande-son remasterisée, qui accompagne parfaitement cette atmosphère lourde et tendue ? Et bien, je vous laisserai seuls juges. R-Type Dimensions III est un shmup qui assume son identité, sans chercher à séduire à tout prix. Et c’est précisément ce qui le rend si particulier : il ne cherche pas à plaire, il cherche à être lui-même.
Pas de surenchère, pas de promesses exagérées. R-Type Dimensions III est exigeant, beau dans sa sobriété, respectueux de son héritage. Ce n’est pas un jeu pour tout le monde. Il ne cherche pas à plaire aux joueurs pressés ou à ceux qui veulent un shoot’em up « cool et relax ». Non. C’est un titre pour les passionnés, pour ceux qui aiment transpirer sur un niveau, pour ceux qui veulent retrouver les sensations d’antan avec un vernis moderne. Et cette honnêteté, elle fait du bien, même si je ne l’apprécie pas dans son intégralité.
Alors oui, on sent que les développeurs ont travaillé avec respect, qu’ils n’ont pas cherché à révolutionner le genre, mais à préserver une expérience. Et dans un monde où tout doit être plus rapide, plus simple, plus accessible, voir un jeu qui assume sa difficulté et son héritage, c’est rafraîchissant. R-Type Dimensions III est un jeu qui sait exactement ce qu’il est et ce qu’il propose. Et parfois, c’est tout ce qu’on demande. Autre regret, en plus du jeu dans sa version 3D : la présence du mode Infini, qui vient broyer l’esprit même de R-Type dont je parlais juste avant. Pourquoi nous donner la possibilité de terminer le jeu en mourant constamment ? Quel est l’intérêt ?
Oui, il va faire rager. Oui, il va vous faire recommencer les niveaux encore et encore (si vous ne prenez pas la tangente avec le mode Infini). Oui, il va provoquer des jurons. Mais c’est ça, R-Type : une expérience exigeante, brutale, mais terriblement satisfaisante. Et ce remaster, sans révolutionner quoi que ce soit, réussit à remettre cette expérience sur le devant de la scène avec respect et efficacité. Pour les fans, c’est un cadeau. Pour les curieux, c’est une initiation. Pour les autres… c’est un mur.
Genre : Shoot Them Up
Langue : Français
Développé par : Irem
Edité par : ININ Games
Taille : 3.6 Gb
Sortie : 19 mai 2026
PEGI : +7
Plateforme : Steam, Switch|2, Playstation 5, XBox Series
Jeu testé sur Switch 2
Jeu offert par l’éditeur

