J’en ai vu, des titres, pour parler de Nioh 3, mais certains m’ont laissé quelque peu pantois et dubitatif. Est-ce que Nioh 3 est le ARPG de l’année ? Il se prend pour un Souls-like…
Je répondrai tout de suite, sans trop y réfléchir : nous ne sommes qu’en début d’année, et la série Nioh se veut être un Souls-like, donc, de facto… Il se prend naturellement pour un Souls-like.
Les journalistes, je te jure, tout ça pour du clic facile.
Puisqu’il s’agit de Team Ninja, il serait bon de se poser plutôt des questions comme : Nioh 3 assimile-t-il ce que le studio a produit, avec plus ou moins de réussite, avec Wo Long ou Rise of the Ronin ? Entre un gameplay simplifié et un monde ouvert, qu’a donc préféré Team Ninja pour son Souls-like ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, sachez que la difficulté est bel et bien au rendez-vous. Si vous avez saigné des doigts avec le titre précédent, alors vous risquez cette fois de le cracher, car les développeurs ont décidé d’être sans pitié.
On pourra débattre des niveaux de difficulté et de l’intérêt que cela porte au scénario (s’il y en a un), mais j’avoue avoir du mal à comprendre l’intérêt, pour les développeurs, de faire souffrir le joueur avec un jeu bien trop difficile. La vie est déjà bien assez dure comme ça, alors laissez-nous avoir le choix : celui de profiter du moment, des graphismes, du scénario, de souffler, de prendre notre temps, bref, de prendre du plaisir à jouer, plutôt que de nous voir mourir cinquante fois à chaque apparition d’un boss.
Chacun y verra midi à sa porte. Bref, vous l’aurez compris, je ne suis pas fan de ce genre de jeu, mais essayer, découvrir, c’est toujours l’occasion d’apprendre et de ne pas mourir idiot.
Revenons à nos moutons. Nioh 3, c’est quoi ?
Nioh 3 est en quelque sorte la suite de Nioh 1, car le jeu de Team Ninja se déroule en 1600, peu après la mort de Tokugawa Ieyasu, de vieillesse, et le choix d’un nouveau shogun pour diriger le Japon d’Edo. Nioh 2, quant à lui, se déroule en 1555.
Vous incarnez Tokugawa Takechiyo, un protagoniste homme ou femme (vous pourrez choisir lors de la création de votre personnage), un artiste quelque peu banal (en fait, pas du tout), choisi comme héritier du shogunat. Évidemment, rien ne se déroule comme prévu, et un petit gars jaloux, le jour de l’investiture, va tenter de prendre le pouvoir en utilisant de nombreux yōkai pour s’emparer du titre. Nioh 3 nous offre un petit voyage dans le temps, avec de nombreuses époques traversées. Notre personnage navigue dans différentes périodes, où il rencontre Tokugawa Ieyasu et devra même combattre à ses côtés pour éliminer Takeda Shingen et ses yōkai.
Comme dans de nombreux jeux, le voyage dans le temps élargit l’univers de manière ambitieuse, mais peut, le cas échéant, casser les pieds si les intentions sont bâclées et jouent un rôle contre-productif. Nioh 3 réussit le tour de force — en plus d’ajouter plusieurs époques historiques du Japon que nous aurons plaisir à explorer — de nous faire réellement voyager, avec des designs, des personnages et, forcément, des histoires propres à chaque époque.
Avant de se lancer dans l’aventure, il faut passer par le créateur de personnage. N’ayant pas joué au second opus, qui semble très bien travaillé, je ne pourrai pas comparer les deux. Pour ce créateur de personnage, les possibilités offertes par les développeurs me conviennent suffisamment pour ne pas être déçu. Je me contente de peu : du moment que le personnage masculin ou féminin ressemble à ce que j’attends de lui, je suis convaincu. Des petits détails sur les cheveux, un visage qui me parle, un regard attirant, un corps cohérent, et c’est parti pour l’expérience proposée. Je sais que certains d’entre vous ont besoin d’avoir un personnage absolument parfait, et je serais incapable de vous dire si c’est ici possible, malgré les nombreuses options disponibles. Peut-être que cela conviendra à certains et pas à d’autres ; je suis désolé de ne pouvoir vous aider davantage à ce niveau.
Cependant, au vu de l’histoire proposée, il serait logique de créer un homme typé asiatique, au contour jeune et des plus athlétiques. Pour ma part, j’ai choisi une femme à l’allure plutôt équilibrée.
Place à la baston, aux esquives et à l’infiltration, mais pas que.
Nioh est le Souls-like parfait, et ce troisième opus doit tenir la comparaison face aux titres de From Software, sous peine de perdre en crédibilité et de laisser filer un jeu nettement supérieur dans le cœur des joueuses et des joueurs.
Outre l’univers présenté dans la série Nioh, le jeu doit aussi se démarquer lors des combats. Ainsi, Nioh 3 change pas mal de règles par rapport à son prédécesseur, avec un système d’armes (au nombre de 14) disponibles sous deux styles (le style Samouraï et le style Ninja), au gameplay bien distinct et surtout interchangeables à la volée.
Pour faire simple, et sans entrer dans les détails, le premier style (Samouraï) reprend le gameplay classique des Nioh, avec toutefois un tout nouveau système de parade, tandis que le style Ninja mise nettement plus sur la vitesse, avec des esquives qui nous poussent à prendre des risques. J’ai trouvé ce type de gameplay bien plus dynamique que celui de base. À force de prendre des risques, on subira peut-être plus souvent la mort (ou pas, d’ailleurs), mais on prendra plus de plaisir à réussir. L’action se veut vive, et on frôle l’expérience d’un beat them all, tant on enchaîne les combats ! (J’exagère un peu, lol.)
Pour être plus précis, chez le samouraï, les combats ne reposent pas uniquement sur les attaques de base : il dispose également des « arts maîtrisés », des techniques avancées qui constituent une version renforcée de ses coups classiques. Ces arts se déclenchent après avoir enchaîné plusieurs attaques réussies, comme une forme de récompense pour la pression maintenue sur l’adversaire. Ils consomment moins de Ki que les attaques standards, ce qui permet de prolonger un assaut sans s’exposer immédiatement à la fatigue. La première utilisation d’un art maîtrisé dans un combo est même gratuite en Ki, ce qui ouvre la porte à des enchaînements plus ambitieux ou à des variations de rythme pour surprendre l’ennemi. En pratique, ces techniques servent autant à optimiser les dégâts qu’à maintenir la fluidité du combat, en évitant les temps morts liés à la récupération.
Du côté du ninja, l’équivalent se trouve dans le ninjutsu, un ensemble de compétences mêlant attaques physiques et effets magiques. Le panel est varié : lancer de shuriken pour harceler un adversaire à distance, nuages de feu ou de poison pour contrôler l’espace ou affaiblir un groupe d’ennemis, voire des techniques plus subtiles qui perturbent le comportement des cibles. Le ninjutsu s’utilise généralement à courte ou moyenne portée et permet au ninja de compenser sa fragilité en dictant le tempo du combat. Là où le samouraï mise sur la maîtrise et la continuité de ses combos, le ninja joue davantage sur la mobilité, la ruse et l’exploitation des ouvertures créées par ses outils.
Il faudra du temps pour maîtriser tout ça, mais la progression se fait naturellement. La courbe de difficulté devrait ravir les plus expérimentés d’entre vous. J’avoue que, n’étant pas adepte du genre Souls-like, j’ai beaucoup pleuré et ragé dès le début, car Nioh 3 ne fait aucun cadeau. Les premières heures trop faciles le sont-elles vraiment pour votre niveau de jeu ? Pas de souci, la fin va vous donner du fil à retordre. J’espère que vos mains, vos poignets et votre mental sont prêts à affronter l’enfer. Je n’ai d’ailleurs pas vu la fin, le niveau est trop élevé pour un joueur de mon niveau. Je n’ai pas honte de vous le dire !
En parlant de niveau, Nioh 3 n’offre toujours pas de niveau de difficulté : venez et jouez comme vous êtes ! Si, comme moi, vous êtes nul, gare à vous, vous devrez vous contenter de ce que vous êtes. Croisez les doigts pour progresser rapidement, si vous désirez voir la fin. On ne va pas se mentir : ce type de jeu est fait pour les hardcore gamers.
Retournons au gameplay et parlons de l’arbre de compétences. Nioh 3 propose un système simplifié.
L’une des évolutions les plus marquantes concerne la manière dont on développe son personnage. Dans les anciens épisodes, progresser dans un arbre de compétences exigeait d’utiliser longuement une arme précise, ce qui poussait parfois à jouer contre sa propre envie, juste pour débloquer un talent. Ce fonctionnement disparaît complètement. Désormais, l’exploration du monde ouvert devient la principale source de progression : en fouillant un coffre, en accomplissant une activité ou en s’aventurant dans une zone reculée, on peut obtenir des points de samouraï ou de ninja. Ces points sont ensuite utilisables comme bon vous semble dans n’importe quel arbre, sans contrainte de style ou d’équipement. Cette liberté permet de tester des orientations variées, de préparer un build avant même d’avoir l’arme idéale, ou simplement de suivre son instinct sans se sentir enfermé dans un choix.
Avant de parler du formidable monde ouvert qui nous est annoncé par Team Ninja, je voudrais m’arrêter un peu sur l’aspect visuel du jeu. Alors, certes, Nioh 3 tourne sur notre PlayStation 5 et pas sur la PlayStation 5 Pro (puisque nous n’en avons malheureusement pas), mais je suis assez surpris par les graphismes, que je ne trouve pas véritablement à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre. Certes, la différence avec le deuxième jeu de la licence est évidente sur beaucoup de choses (marcher dans l’eau, les interactions, les visages), mais, de manière générale, désolé, on n’est pas sur un jeu de 2026. Perso, je n’ai pas eu d’effet « waouh », et je trouve que Team Ninja ou Gust traînent toujours la patte pour proposer des graphismes dignes de la génération actuelle. C’est sur ce type de jeu qu’il faut envoyer du très lourd.
À noter que, contrairement à d’autres, nous n’avons subi aucun crash de console ni de ralentissement notable durant les combats. C’est toujours un bon point, car, durant ces moments intenses, il faut que le moteur du jeu tienne bien le coup, surtout à deux joueurs simultanément.
Et ce monde ouvert, alors ? Eh bien, les promesses ne sont pas tenues, car Nioh 3 ne propose pas véritablement de monde ouvert comme on pouvait l’espérer. Cette idée d’ouverture s’appuie sur des passages de transition avec de grandes zones ouvertes. C’est assez grand pour qu’on passe du temps à chercher des coffres, à explorer ou à rencontrer des boss, mais en aucun cas le monde proposé n’est ouvert comme un Assassin’s Creed, pour ne citer que lui.
Comme je l’ai mentionné plus haut, Nioh 3 est jouable à deux, et même à trois grâce à un mode coop en ligne, permettant à n’importe qui de venir vous aider pour affronter un boss, par exemple. C’est assez perturbant lorsque l’on n’a pas l’habitude, mais cela simplifie grandement la progression lorsque l’on est un débutant comme moi.
Certes, en coop (hors mode Visiteur), les ennemis infligent plus de dégâts et disposent de davantage de santé, mais il faut bien prendre conscience que c’est peut-être le meilleur moyen de profiter de l’histoire pour découvrir Nioh 3 de manière plus sereine.
Mon aventure dans Nioh 3 s’est plutôt mal passée, non pas que le jeu soit mauvais ou que je ne l’aie pas aimé, mais simplement parce que mon niveau de jeu est incompatible avec un Souls-like. Ce n’est pas une question de patience, c’est une question de niveau, tout simplement. Je ne pourrais donc que le déconseiller aux débutants comme moi.
Cependant, il faut bien accepter que le titre de Team Ninja regorge de qualités et, finalement, de très peu de défauts, car le temps passé à essayer de progresser nous a fait apprécier l’aventure et le combat qu’il faut mener pour avancer dans le scénario. C’est un jeu qui se mérite. Les combats sont dantesques et valent à eux seuls que l’on se batte pour essayer, bon gré mal gré, de vaincre les boss qui se dressent face à nous. C’est un bon moyen de connaître notre faculté à prendre sur soi après chaque défaite et à persévérer coûte que coûte, pour être fier de nous. Bon, au final, de mon côté, ce n’est pas reluisant (rire).
Genre : ARPG
Langue : Français
Développé par : Team Ninja
Edité par : Koei Tecmo
Taille : 75,067 Go
Sortie : 6 février 2026
PEGI : 18
Plateforme : Playstation 5, PC
Jeu tester sur PlayStation 5
Jeu offert par l’éditeur

