Est-ce sérieux, aujourd’hui, de proposer un jeu de course automobile, alors que l’hégémonie de ce type de jeu ne se joue que sur deux licences, les autres ayant été écrasés ?
Dans le monde de la simulation automobile, ils ont été nombreux à penser rivaliser avec Forza et Gran Turismo, certains ont même presque réussi à les égaler… Mais cela n’a duré que le temps d’un épisode ou deux pour les plus chanceux. Même *Forza* s’est fait manger par le désormais intouchable jeu de Sony, alors qu’il avait toutes les qualités pour le dominer définitivement. Un nouveau jeu arrive donc sur la ligne de départ pour se frotter aux meilleurs jeux du genre ! Qu’en pensent les spécialistes ? Aucune idée. Je ne suis pas un grand joueur de simulation automobile, bien au contraire : je suis un vieux joueur d’arcade, et c’est l’occasion de donner un avis différent de celui des joueurs qui utilisent des équipements à 1 000 €.
L’ambition du studio Straight4 (accompagné de GIANTS Software, éditeur de Farming Simulator) n’est certainement pas d’aller titiller les mastodontes du genre, mais on est en droit de se demander l’intérêt d’une telle proposition. L’intention étant évidemment de bien faire, mais à quel prix, et à quelles concessions ?
Je vais immédiatement m’attaquer à ce que j’ai toujours reproché, voire détesté, dans les simulations automobiles, et ce depuis le premier Gran Turismo : l’IA. Les adversaires roulent comme s’ils étaient sur des rails. Ça fait trente ans que cela dure, et Project Motor Racing semble faire perdurer cette supercherie initiée avec Gran Turismo (attention, cela peut devenir à charge contre la série de Sony). Il paraît tout à fait incroyable qu’en 2025, les véhicules soient encore incapables d’adapter leur trajectoire à la situation. Trop fréquemment, je me suis fait tamponner parce que je me suis retrouvé sur leur trajectoire, les pilotes adversaires étant incapables de varier d’un iota leur ligne. À se demander si Project Motor Racing n’est pas plutôt une simulation de NASCAR. Naturellement, on se retrouve avec des collisions qui nous handicapent trop souvent, et je ne vous dis pas qui se tape la sanction ou la pénalité en course ou durant les essais.
Autre petite déception, mais en tant que pilote amateur, cela ne m’a pas trop dérangé : la gestion de la météo, que ce soit dans le ciel ou sur la piste. Les développeurs proposent un système appelé True2Track, qui permet d’offrir une météo dynamique censée se répercuter sur la piste. Dans les faits, c’est bel et bien réel, car l’adhérence change selon que vous soyez sur une surface humide ou sèche. Malheureusement, il y a un hic : cela semble être totalement aléatoire lorsque la pluie commence à tomber. On peut voir des flaques d’eau apparaître devant nous. Après, comme dit plus haut, je ne suis pas un grand conducteur manette en main, peut-être qu’un expert jugera la conduite différemment, joypad ou volant en main. D’ailleurs, pour ce qui est du volant, la conduite est très agréable et les sensations sont bien retranscrites, quel que soit le véhicule que vous conduisez. J’ai pu jouer sur un Hori Force Feedback Racing Wheel DLX, j’n’ose imaginer sur un volant professionnel ! Enfin, j’espère !
Voilà qui conclut mon ressenti sur la conduite. C’est pas mal pour un débutant, il doit y avoir beaucoup de lacunes pour ceux qui ont l’habitude de pratiquer la simulation automobile sur PC ou consoles avec le matériel qui va bien. J’évite naturellement de parler de technique mécanique pure, puisque je suis un véritable novice en la matière, j’irais même jusqu’à dire que cela m’intéresse peu, voire pas du tout. Sachez tout de même que les développeurs ont cherché à faire au mieux avec un certain nombre de fonctionnalités.
Parlons technique maintenant, et ne soyons pas surpris que le jeu du studio Straight4 souffle le chaud et le froid. Visuellement, c’est beau, mais nous ne sommes évidemment pas à la finesse d’un Forza Motorsport, d’un Gran Turismo ou d’un Assetto Corsa. Pourtant, pour un petit studio qui s’attaque à un genre exigeant en termes de rendu, il faut avouer que les développeurs se sont donnés les moyens. Le moteur du jeu est tout nouveau et conçu exclusivement pour Project Motor Racing. Les véhicules sont beaux, avec de beaux effets de lumière sur les carrosseries, mais pour les environnements, il manque un petit quelque chose pour rendre la chose vraiment bluffante : ici, l’effet « waouh » est aux abonnés absents.
Concernant le contenu, Straight4 et Project Motor Racing s’en sortent plutôt bien avec différents modes solo et multijoueur. On retrouve évidemment le mode carrière, mais aussi la possibilité de participer à des événements eSports. On retiendra principalement le mode carrière, qui est des plus complets, avec la gestion des sponsors et un système financier étonnamment poussé. Dans les faits, si ce système est intéressant avec toutes les contraintes réelles du sport auto, le jeu ne donne pas envie de progresser. En effet, l’avancée dans le championnat et la carrière sont insipides et fades. C’est froid, sans aucun relief, et cela manque de mise en scène. Si vous cherchez un but autre que la victoire, vous allez tomber de haut, car le mode carrière est tout simplement sans aucune histoire. On gagne une course, puis de l’argent que l’on dépense en achetant une voiture, puis on recommence, le tout sans aucune saynète. Est-ce qu’on est prêt à vivre ça tout au long de plusieurs saisons ? Je ne le crois pas.
À l’heure où les grands développeurs arrivent à signer avec des marques, on ne s’étonnera pas que Straight4, avec l’appui du mastodonte GIANTS Software, ait réussi à attirer de nombreux partenaires. On retrouve 70 véhicules répartis sur dix catégories (LMDH, GT3, GT4, MX-5, GT, N-GT, LMP, GT1, Group C, Sports Car 70, GTO, 992 Trophy et 964 Trophy), avec des constructeurs tels qu’Alpine, Maserati ou Lola (j’ai découvert que cette marque existait encore – c’était une ecurie de F1 durant les années 80). Il y a de quoi faire, même sans atteindre les longues listes des concurrents. Espérons que d’autres viendront s’ajouter par la suite. PMR est donc un jeu tout ce qu’il y a de plus officiel, et il faut aussi compter sur les circuits. On y retrouve les pistes emblématiques des jeux de course comme Spa-Francorchamps ou le Nürburgring.
Si vous êtes du genre à aimer les mods, le studio a pensé à vous, même si vous jouez sur console, avec un système intéressant, qui, je l’espère, sera repris par d’autres jeux dans le futur. Straight4 vous propose des mods provenant d’une bibliothèque créée par les joueurs, avec du contenu validé par le développeur lui-même. Cela permet ainsi d’avoir un nombre élevé de possibilités de design, dans un environnement sain.
Si le suivi du jeu se prolonge sur la durée avec des correctifs, je pense que les joueurs experts arriveront à trouver du bon dans le jeu, car actuellement ce n’est pas vraiment le cas. Pour les petits amateurs dans mon genre, il y a tout de même de quoi passer un bon moment dans le mode carrière.
A ce titre sachez que les patches améliorant le jeu arrivent très régulièrement sur PC.
Genre : Simulation de Course automobile
Langue : Français
Développé par : Straight4
Edité par : Giant Software
Taille : 125 Go
Sortie : 25 novembre 2025
PEGI : 3
Plateforme : Xbox Series X|S, PlayStation 5, PC
Jeu testé sur Xbox Series X
Jeu offert par l’éditeur

