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Test : Hyper Light Drifter

Hyper Light Drifter

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Genre : A-RPG, Voyage Onirique
Langue : Français
Sortie : 06/09/2018
Développeur : Heart Machine
Éditeur : Abylight
Taille : 839,91 MB

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8.5/10


Vous êtes un Drifter, un aventurier qui recherche des technologies anciennes. Dès le début, si on ne sait pas vraiment qui nous sommes et ce que l’on doit rechercher, on s’aperçoit vite que notre personnage est malade et même gravement malade, peut-être même en fin de vie. Derrière ce jeu se cache une véritable question quant à ce problème d’étique. Mais n’étant pas expert en la matière, je ne reviendrai pas sur le sujet et je vous laisserai donc seuls juges quant à ce qu’il faut retenir du concept, mais sachez juste que le créateur du jeu Alex Preston a été gravement malade durant la conception. Nul doute qu’un lien entre les deux s’est fait naturellement et que l’on retrouve toutes ses douleurs au fil de Hyper Light Drifter.

Clairement, ce jeu se voulant être un Dark Soul façon 8 bits, passe plutôt pour un Zelda Like et certains pourront s’y méprendre et laisser immédiatement de côté cette aventure vraiment difficile. Moi le premier j’avoue, avoir eu des difficultés dès le début, ne sachant, que faire, que chercher ou bien dans quelle direction aller. Il faut dire que Hyper Light Drifter nous laisse une liberté totale ce qui m’a malheureusement (ou pas) perturbé. Moi qui suis tellement habitué aux mécanismes de jeux à couloirs, ou au pire à un Metroidvania, j’étais comme perdu, déboussolé et je dirai même pas franchement intéressé.
Mais Hyper Light Drifter est plus que cela, plus qu’un ‘simple’ Zelda, plus qu’un simple A-RPG. Et derrière cette liberté de choix ou de direction qui nous est proposée, se cache un jeu terriblement bien construit et finalement pas si libre qu’il en a l’air.hyperlight drifter 1

Effectivement, le gameplay est assez simple, puisqu’il y a des phases d’explorations qui sont tout naturellement suivies par des phases de bastons, généralement dans une arène restreinte. Cette phase de combat s’apprivoise. Pas simple au début, elle impose une maîtrise et une bonne connaissance des gestes à faire et à ne pas faire. Coup d’épée, esquive, dash, sans omettre la possibilité de renvoyer les projectiles des adversaires. Le reste ? A vous d’apprendre, mais surtout à vous de comprendre.

La difficulté est relativement élevée mais elle est aussi progressive. L’intérêt ? Vous préparer à affronter les boss, des boss dantesques, pas par leurs tailles, mais par leur difficulté. Ces derniers sont très compliqués à affronter et les patterns incroyablement complexes. Vos adversaires peu nombreux dans les zones que vous allez traverser sont là pour vous donner des indices quant à la façon d’affronter le boss, coups ou points faibles, il faudra bien faire attention. La frustration vous gagnera à coup sur.
Ce monde, que l’on va parcourir est divisé en 4 blocs bien distincts dans son design et dans les êtres qui y sont présents. D’ailleurs le gameplay même s’il reste visuellement identique va vous permettre (comme pour les ennemis) de vous préparer à affronter les boss. Chaque endroit, Nord, Est, Ouest ou Sud, possède donc un design avec des éléments différents. Au Nord par exemple, vous allez rencontrer une sorte de religion cannibale, à l’Est, vous trouverez des hommes devenus esclaves, à l’Ouest, ce sera un cristal qui se propage tel un virus et enfin la zone Sud nous présente un univers où la science manipule sans fin des corps humains à coups de manipulation génétique. Glacial !
C’est finalement tout le monde dans lequel vous errez qui est sujet à une maladie, une sorte de putréfaction qui ronge.

Vous allez progresser dans un monde détruit dont il ne reste plus grand chose, à part des îlots petits ou grands et il faudra lutter comme si vous étiez une cellule malade face à moult bactéries en tout genre, présentes pour vous éradiquer. D’ailleurs lorsque vous rechargez votre barre de vie, votre Drifter se pique dans le ventre un peu comme pourrait le faire un diabétique avec une dose d’insuline. C’est un peu étrange, mais cela fait son petit effet et s’avère être finalement bien plus réaliste que dans la grande majorité des autres jeux.
Il va donc falloir faire un effort, voir se dépasser pour ne pas lâcher le jeu au bout de quelques heures, même bien avant, car la difficulté fait son effet, mais la récompense est tellement belle…

Graphiquement, tout le monde est d’accord, Hyper Light Drifter fait penser à Fez. Ce même souci du détail, ces tableaux magnifiques et disparates que l’on retrouve ici et là en voyageant. Cette sensation d’être bien seul, définitivement seul alors que les mondes sont pourtant vivants, humains, monstres, animaux… Est-ce un indice de plus que laisserai le créateur du jeu pour nous faire comprendre que l’on est souvent seul face à la maladie ? J’avais promis de ne pas parler des messages présents dans le jeu, je m’arrêterai donc là. Car je ne voudrai pas vous gâcher ou orienter votre propre interprétation. Moi-même j’ai peut-être (c’est même certain) été influencé en lisant des commentaires d’autres joueurs avant d’entamer ma rédaction et le début du jeu.
Après les quelques cinématiques, on peut se dire que le jeu est assez minimaliste. Il n’en est évidemment rien (même ma fille de 7 ans à trouvé le jeu beau). Cela pourra rebuter, je le conçois, mais le jeu est bien au dessus de ce détail. Musicalement c’est assez glacial et forcement tout autant minimaliste que le visuel. Mais c’est bien suffisant pour nous emporter en ce lieu bien étrange.

Une fois terminé Hyper Light Drifter, on n’a clairement pas envie de rejouer, pas tout de suite du moins, car la fin, marque le joueur et fait réfléchir. On se pose pas mal de questions qui n’ont peut-être pas été élucidées au cours du jeu. J’ai tellement envie de vous parler de ce que j’ai vu et surtout de ce que je n’ai pas , mais je vous gâcherai une bonne partie de l’intérêt même du jeu. Car le but n’est peut-être pas de le terminer, mais plutôt de le comprendre. Comprendre le message qui s’y cache.

Encore une fois peut-être que mon comportement vis à vis du jeu a changé après avoir fouiné un peu partout sur Internet pour le comprendre. Mais je n’ai pas regretté de ‘savoir’ durant la douzaine d’heures de jeu que j’ai vécu.

A côté de ça, et vis à vis des versions existantes (datant de 2016), la version Switch apporte un mode coopératif pour rendre le jeu plus ‘simple’; un personnage supplémentaire a été ajouté lorsque l’on termine le jeu une première fois et enfin, une nouvelle arme exclusive a vu son apparition.


Œuvre très personnelle, Hyper Light Drifter peut être perçu comme assez repoussant avec ses graphismes 8Bits, tout comme il peut l’être aussi avec sa difficulté incroyable pour ses boss.
Mais sincèrement c’est une aventure onirique unique qui vaut le détour et qui n’est définitivement pas à comparer avec celles d’un certain Link, le jeu d’Alex Preston est bien au dessus de ça.


Jeu offert part Abylight Studio pour le test

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