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Avis : Pragmata

Il y a des jeux qui ne se contentent pas de raconter une histoire : ils vous happent, vous enveloppent, vous observent presque, comme s’ils attendaient de voir comment vous allez réagir. Pragmata appartient à cette catégorie rare.

Dès les premières minutes, alors que l’on découvre un astronaute solitaire et une jeune fille qui semble flotter entre deux réalités, quelque chose se passe. Au début,  je n’ai pas trop compris pourquoi j’ai été comme amusé et puis ensorcelé.  Et puis, finalement j’ai compris,  je suis un père de 48 ans, notre héros doit être dans ces eaux là,  on rencontre une enfant totalement solaire et sans filtre alors que l’enfer semble lui tomber sur la tête.  Nous sommes obligé de nous raccrocher à elle. Lui, car c’est sans doute son seul moyen de s’evader, moi parce qu’elle est tout simplement incroyablement étonnante, décalée et surprenante. Cette gamine, de part son attitude possède quelque chose de rassurant.  Est-ce que cela fonctionnerait dans la vraie vie ? Pas certain et c’est cela qui nous rapproche de notre héros,  finalement on est comme lui, prudent et perdu.

Cette relation qui se tisse de façon assez incongru, est je dois l’avouer,  assez intense et rarement vu dans ce type de jeu.  On sent que Capcom en cherchant à creer une nouvelle IP, c’est permis une proposition fraîche et intéres. Pragmata veut toucher, surprendre, déranger parfois, mais surtout créer un lien. Et ce lien, il est réussis. 

La relation entre le héros et Diana est le pilier de l’expérience. Capcom ne tombe jamais dans la facilité. Pas de clichés, pas de surenchère dramatique, pas de dialogues forcés. Tout passe par les gestes, les regards, les hésitations. Diana n’est pas une enfant comme les autres : elle observe le monde avec une curiosité digne son âge et il faut être parent pour s’en rendre compte.  Tout cela ne s’improvise pas. Chez Capcom, ils savent où ils vont avec ce genre d’initiative et cette enfant si attachante.  Cette curiosité s’oppose à une fragilité qui rappelle constamment qu’elle n’est pas armée pour affronter la violence qui les entoure. Le héros, lui, avance avec une détermination silencieuse, car il porte sur les épaules un poids invisible. Leur duo fonctionne parce qu’il repose sur une complémentarité émotionnelle et mécanique.

Dans le jeu, grâce au gameplay, Diana n’est jamais un fardeau. Elle est un repère, une présence qui donne du sens à chaque action. On s’émerveille de la voir s’émerveiller devant des petites choses qui nous paraissent anodines. Lorsqu’elle rit, on rit aussi. Cette relation, c’est le cœur du jeu, et Capcom l’a compris mieux que beaucoup d’autres studios avant lui. Dès le début du jeu,  qu’on adhère ou pas à l’expérience,  on a qu’une envie,  terminer l’aventure pour découvrir comment se termine  cette foutue histoire. 


Visuellement, Pragmata est beau. Il est beau juste comme il faut,  à l’instar des jeux de cette génération (enfin) comme Stellar Drive. La vision de Capcom est un futur où la technologie semble avoir survécu à l’humanité, où les hologrammes continuent de diffuser des messages publicitaires dans des rues désertes, où les drones patrouillent sans plus savoir ce qu’ils protègent. La PlayStation 5 (et la Xbox) est exploitée avec brio et sans avoir besoin de la Pro, Pragmata m’a beaucoup plus: textures fines, éclairages cohérent, reflets réalistes, particules omniprésentes mais jamais envahissantes.

Les environnements très mécaniques et futuristes représentent une vision plutôt classiques de ce quel’onvoit dans les films de SF. Une ville figée dans le temps, un laboratoire abandonné où les écrans clignotent encore, une zone lunaire où la gravité semble avaler les sons. Chaque lieu raconte quelque chose, même en l’absence de personnages. On sent que Capcom a voulu créer un monde crédible, mais aussi profondément mélancolique. Le contraste entre la froideur métallique des décors et la chaleur du duo fonctionne à merveille.

Les animations faciales méritent une mention particulière. Diana est l’un des personnages les plus expressifs que Capcom ait jamais créés. Ses yeux, ses micro-expressions, ses hésitations corporelles donnent une profondeur rare à un personnage enfant. Le héros, plus stoïque, n’en reste pas moins lisible. Bravo à la VF qui est remarquable et qui ajoute à  l’immersion et à l’attachement des personnages.

La musique de Pragmata n’est pas là pour remplir l’espace. Elle est là pour le sculpter. Les compositions oscillent entre nappes électroniques, mélodies minimalistes et montées orchestrales discrètes. Rien n’est envahissant. Tout est pensé pour accompagner l’émotion, jamais pour la dicter.

Les moments d’exploration sont souvent silencieux, ou presque. Quelques notes suspendues, un souffle synthétique, un motif répétitif qui évoque la solitude. Lors des scènes plus intenses, la musique se densifie, mais sans jamais tomber dans la surenchère. Capcom a compris que le silence est parfois plus puissant qu’un orchestre entier. La BO de Pragmata mériterait d’être dans l’exposition actuellement présente actuellement à la Philharmonie de Paris, à titre d’exemple. 

Les bruitages participent également à l’immersion. Le frottement de la combinaison spatiale, les vibrations métalliques des structures, les distorsions sonores en gravité réduite, tout est travaillé avec une précision remarquable. La DualSense amplifie cette sensation : chaque pas, chaque impact, chaque manipulation technologique se ressent dans les doigts.




Capcom n’a pas cherché à faire de Pragmata un jeu d’action pur et c’est clairement une force face à la concurrence, surtout quand comme moi on n’estpasun gros fan du genre. Le gameplay repose sur un équilibre délicat entre exploration, observation, résolution de situations et combats ponctuels. Les déplacements en gravité réduite sont particulièrement réussis : flottants, mais jamais imprécis. Les phases d’action, bien que limitées, sont nerveuses, lisibles et cohérentes avec le ton général.

Diana joue un rôle central dans les mécaniques. Elle peut analyser des anomalies, interagir avec certains systèmes, anticiper des dangers. Le joueur apprend à compter sur elle, non pas comme un gadget, mais comme une véritable partenaire. Cette dynamique rappelle certains jeux comme ICO ou TheLastGuardian, mais avec une approche plus moderne, plus directe, plus technique. Si vous vous attendez à un Ratchet et Clank détrompez vous. 

Le jeu introduit également des mécaniques de perception augmentée, permettant de visualiser des traces, des flux d’énergie, des distorsions spatiales. Ces outils ne sont jamais surutilisés : ils servent à enrichir l’exploration, pas à la remplacer.


Malgré ses nombreuses qualités, Pragmata n’est pas exempt de défauts. J’ai trouvé que le rythme, était inégal. Certains chapitres s’étirent un peu trop, comme si le jeu hésitait entre contemplation et progression. Quelques puzzles environnementaux manquent de renouvellement et donnent l’impression de déjà-vu.

La narration, volontairement elliptique, peut frustrer. Capcom laisse beaucoup de zones d’ombre, parfois trop. Ceux qui attendent des réponses claires risquent de rester sur leur faim. Pas de soucis de technique important à déplorer sur la version Playstation 5 que j’ai pu tester. 

Pragmata et Capcom étonnent par cette petite prise de risque et on peut les remercier de proposer une nouvelle licence, tout en amenant une nouvelle proposition de gameplay (j’aime Capcom, excusez moi). Je ne parlerai pas d’audace pour Capcom car le développeur aurait pu jouer la sécurité, recycler des formules gagnantes, même d’autres sociétés mais non. Le studio a choisi de créer une œuvre plus lente, plus introspective, plus humaine. Une œuvre qui ne cherche pas à impressionner par la quantité, mais par la qualité de chaque instant.

Le jeu n’est pas parfait, mais il est sincère. Il ose la tendresse dans un paysage vidéoludique souvent obsédé par la surenchère. Il ose raconter une histoire simple, mais profondément humaine. Il ose faire confiance au joueur pour ressentir plutôt que consommer.


Pragmata est une expérience particulière.  On aime, on n’aiment pas, car c’est une œuvre qui ne cherche pas à plaire à tout le monde, mais qui touche profondément ceux qui acceptent son rythme, sa sensibilité, sa pudeur. La relation entre le héros et Diana est l’une des plus belles réussites du jeu vidéo récent. Leur duo donne du sens à chaque pas, chaque combat, chaque silence.

Si tu as été touché dès les premières minutes, alors tu fais partie de ceux pour qui Pragmata a été conçu. Un jeu imparfait, mais profondément humain. Un jeu qui reste en tête longtemps après avoir posé la manette.


Genre : FPS, Réflection
Langue : Français
Développé par : Capcom
Edité par : Capcom
Taille : 34,89 Go
Sortie : 24/04/2026
PEGI : 16+
Plateforme : PC (Steam), Xbox Series, Playstation,


Test réalisé sur Playstation

Jeu offert par l’éditeur

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