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Avis : Disaster Report 4 : Summer Memories [Playstation 4]

Bonjour, n’ayez pas peur, rentrez, et bienvenue à vous dans les séries B du jeu vidéo ! Qu’est-ce c’est ? Disons des jeux qui n’ont aucun budget ou presque, une équipe de développement en sous-effectif, ce qui aura pour effet, forcément, de produire des jeux très limités niveau technique. Pour contrebalancer cet état de fait, les efforts sont placés dans les idées de gameplay et plus généralement dans la créativité. Voilà, Disaster Report 4 est résumé, à bientôt ! Comment ça un peu plus ? Bon, très bien, asseyez-vous.

Jamais entendu parler de ce jeu
Mais d’où sort cette série qui en est à son quatrième volet ? Zettai Zetsumei Toshi, ZZT pour les intimes, est apparu pour la première fois en avril 2002 sur PlayStation 2 au Japon. Renommé aux États-Unis Disaster Report, et en France S.O.S The Final Escape, le jeu avait connu une campagne promotionnelle correcte à l’époque, et pour parfaire le tout, avait été traduit intégralement en français.
Jeu pas très beau avec une technique à la ramasse, qui, l’on s’en doute, a été développé avec un budget plus que limité, c’est à se demander pourquoi Agetec, son éditeur de l’époque, s’était décidé à le distribuer en occident. La réponse est sûrement son thème, très vendeur et ça qu’importe le territoire : survivre à de multiples catastrophes naturelles. Le pire, c’est qu’une fois manette en main, l’ensemble fonctionnait assez bien. Bâtiments qui s’écroulaient et autres joyeusetés attendait le joueur pour un résultat assez captivant. La plus grande force du titre était de renouveler son gameplay très régulièrement, apportant sans cesse des nouveautés forçant le joueur à s’adapter à toutes les situations.
Matraqué à sa sortie par les critiques à cause de sa relative laideur et autres tares techniques, mais soutenu par le public ayant complètement adhéré à son délire, S.O.S The Final Escape est devenu l’un de ces OVNI cultes de la PlayStation 2. La suite de l’histoire est moins belle par contre. Le deuxième volet est sorti dans un relatif anonymat sous le nom de Raw Danger en occident, et le troisième Zettai Zetsumei Toshi 3 : Kowareyuku Machi to Kanojo no Uta, disponible sur PSP, n’est jamais sorti du Japon. Point positif, épisode après épisode, la série est montée en gamme visuellement, sans jamais atteindre des standards de folies non plus. Alors que tout aurait dû se dérouler au mieux pour ZZT, l’histoire avec un grand H est venue s’en mêler.

Quand la réalité rattrape la fiction
Fin des années 2000, Zettai Zetsumei Toshi est une série qui compte déjà trois épisodes ayant comme points communs des idées de gameplay incroyables pour mettre en scène des catastrophes naturelles, mais aussi à cause de budgets serrés, de grosses faiblesses techniques. C’est ainsi qu’un quatrième volet rentre en développement sur PlayStation 3, avec cette fois la mission de faire rentrer ZZT dans une nouvelle ère : être un minimum convenable techniquement. Début 2011, le jeu est montré et effectivement, de gros efforts ont été fournis une fois de plus par Irem en ce qui concerne le visuel. Sauf que.
11 mars 2011, le Japon est touché par un tremblement de terre de magnitude 9.1 engendrant, entre autres, la catastrophe nucléaire du site de Fukushima. 18 079 morts plus tard, le pays du soleil-levant est à jamais meurtri par ce désastre. Comble de l’ironie, Zettai Zetsumei Toshi 4 devait sortir la même semaine. Le créateur de la série, Kazuma Kujo, annule purement et simplement le jeu et démissionne d’Irem quelques semaines plus tard pour fonder son propre studio, Granzella. La série est morte, enterrée, et l’on comprend que les Japonais auront autre chose à faire dans les temps à venir que de jouer à un jeu qui ne peut que rappeler ce douloureux souvenir.
Zettai Zetsumei Toshi n’est plus qu’un lointain souvenir pour gamer japonisant. Mais décembre 2014, nous apprenons que Kazuma Kujo a racheté les droits de la série qu’il avait créé ! Sans plus attendre, les deux premiers épisodes se retrouvent en téléchargement uniquement sur le PSN japonais. Les fans réagissent avec enthousiasme à cette nouvelle et somme le créateur de reprendre le développement du quatrième épisode annulé en 2011 ! Alors que l’on pourrait croire les japonais réfractaires à l’idée de jouer à un jeu pareil, il n’en n’est rien. Cinq longues années plus tard, les européens que nous sommes peuvent jouer à Disaster Report 4 : Summer Memories. Un sacré morceau d’histoire du jeu vidéo enfin dans nos consoles mine de rien.

J’ai les yeux qui piquent
Évacuons d’entrée ce qui ne va pas, la technique. Rappelons tout de même que le studio de développement Granzella n’est pas un cador de l’industrie avec des centaines d’employés au chevet d’un unique jeu, c’est tout l’inverse. Pas besoin d’être devin, Disaster Report 4 a sûrement été développé avec un budget famélique. Cela se voit, cela se sent.
Mais, de quoi parle-t-on lorsque l’on dit qu’un jeu est soit beau ou moche ? La technique ou la direction artistique ? Parce que ce sont deux choses quand même bien différentes. Pour la DA, nous sommes dans du pur ZZT, c’est-à-dire « réaliste, mais pas trop ». Les personnages, les décors sont réalistes, mais ce n’est pas pour autant que l’on ne se retrouve pas avec des couleurs pétaradantes à l’écran et des effets de lumière poussés au maximum sans trop de nuances là-dedans. Un exemple, s’il pleut, le sol ne semble pas mouillé, mais recouvert de vaseline. Étrange, mais ça passe. Développé sous Unreal Engine 4, le jeu a un cachet qui lui est propre, restitue un Japon plutôt crédible à l’écran avec un sens du détail que l’on n’attendait pas.
Pour ce qui est de la technique, c’est la catastrophe, la vraie, selon les supports. Soyons clairs, évitez de toute urgence la version Nintendo Switch. Le jeu rame, aliasing à tous les étages, quand ce n’est pas des textures de murs et de visages qui sont parties en RTT. L’on sait la Switch moins puissante que ses consœurs, mais tout de même, rien n’excuse un portage aussi faiblard, rendant le jeu impraticable par endroits. On en arrive même à se demander comme un truc pareil a pu passer le contrôle qualité de Nintendo. Mais c’est un autre débat.
Sur PlayStation 4 « Standard », ça s’arrange, mais ce n’est pas la fête non plus. C’est plus net, plus propre, mais ça rame encore et toujours. Pour découvrir Disaster Report 4 dans les meilleures conditions possibles, c’est uniquement sur PlayStation 4 Pro. Tout est largement plus net, mais a pour effet de faire ressortir quelques grossièretés comme des objets mal modélisés, des textures d’un autre âge, et quelques visages et animations disgracieuses. Là où ça devient étrange, c’est au niveau du framerate. Le jeu oscille entre 30 et 60 images/secondes, mais rien, absolument rien ne justifie cela. Par exemple, première zone du jeu, assez petite, c’est 30 FPS. Deuxième zone, beaucoup plus grande avec effets pyrotechniques à l’écran, etc., 60 FPS. Grand bâtiment en extérieur c’est fluide, vous rentrez dans un appartement, ça rame. Incompréhensible.

Tout va s’effondrer
Le jeu commence par un choix, celui d’incarner un homme ou une femme. Avec quelques options de personnalisation (couleur de peau, cheveux, etc.) nous voilà à essayer de donner un peu de vie à notre avatar virtuel. Ce n’est pas gagné vu le peu de choix de disponible, mais ça a le mérite d’exister. À peine le temps de sortir la tête des menus, Disaster Report 4 ne nous ménage pas. Tremblement de terre alors que nous sommes dans un bus, tout explose, écran noir…
Nous voilà mal en point sorti du bus, observant les personnes autour complètement hébétés. Essayons de nous diriger dans une ruelle adjacente, et là, juste sous nos yeux, un immense building s’écroule ! Le tout en temps réel sans passer par une cinématique, l’effet est assez saisissant. Disaster Report 4 vient de nous faire une petite démo de ce qui nous attendra dans la dizaine d’heures suivante. Ça va péter, de partout, aucun lieu n’est sûr, la ville japonaise dans laquelle nous nous trouvons est au bord de la rupture. Ne croyez pas pour autant être face à un jeu over-the-top avec un rythme très soutenu sans avoir le temps de souffler. C’est même l’inverse, entre chaque passage explosif, c’est plutôt la mélancolie qui est de mise. Tout est calme et sans prévenir, ça lâche, remettant sans cesse en doute notre capacité à être serein face à la catastrophe. Et, avouons-le, c’est aussi le meilleur moyen de nous surprendre lorsqu’on s’y attend le moins.
Après quelques heures, l’on se demande si le jeu va réussir à se renouveler dans ses catastrophes. Un, deux buildings qui tombent, des ponts qui lâchent, pointe la peur que ça tourne en rond assez rapidement. Sans aucun spoiler, sachez que la grande ville qui ressemble à Tokyo n’est que le premier théâtre du jeu et que tout va radicalement changer par la suite. Et avec, de nouvelles séquences de gameplay, qui prennent en compte l’environnement vous entourant.
« Mais il y a un scénario ou pas ? ». Alors oui, mais… Disons que la narration dans Disaster Report 4 est autant réussie qu’elle est particulière. Il y a un fil rouge, vous êtes une victime d’un tremblement de terre et vous allez devoir rentrer chez vous. Et c’est loin. L’une des forces du titre est de faire vivre à échelle humaine le quotidien d’un survivant. D’une péripétie, nous sommes emmenés vers une autre, puis encore une autre, puis on va se lier d’amitié avec untel, détester tel type… Le pire, c’est que ça marche. Puis arrive parfois qu’un pnj nous parles d’une histoire, dont on va plus tard retrouver des traces dans un document qui traîne là… Dire que ça va plaire à tout le monde est faux, mais l’on ne peut pas dire qu’un véritable effort n’a pas été fourni par les développeurs pour rendre le tout cohérent, voir même, vivant. Pensez aux documents de Resident Evil rajoutant du lore, c’est un peu du même tonneau.


En définitif :
Difficile, très difficile d’apporter un jugement définitif à ce Disaster Report 4. D’un côté, certains tiquerons sur la technique complètement à la ramasse du jeu (sauf sur PlayStation 4 Pro) et c’est compréhensible. D’autres, que le jeu soit intégralement en anglais vont les freiner. Pourtant, l’on ne peut s’empêcher de penser que ce titre est un véritable laboratoire à idées de gameplay. Les situations extrêmes s’enchainent, se renouvellent constamment, « généreux » est un mot qui lui convient bien. Plus étonnant encore, c’est son ambiance mélancolique qui marque durablement sur la longueur. Terriblement atypique et pourtant accrocheur, impossible de ne pas reconnaitre que Disaster Report 4 n’a pas d’âme, c’est tout l’inverse. Oui, c’est une drôle de pépite, mais attention avant de signer en bas de la feuille : c’est tout sauf un triple A. Si les graphismes passent avant tout pour vous, ne tentez pas l’aventure. Pour les autres qui oseront passer cet obstacle, une histoire rafraichissante et inoubliable vous attend.


Genre : Survival, Visual Novel, Simulation
Langue : Anglais 
Développé par : Granzella 
Edité par : NIS America
Taille : 18 GO 
Sortie : 07 avril 2020 
PEGI : +18 
Plateforme : Playstation 4, Switch, PC





Jeu offert par l'éditeur pour la réalisation de ce test


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