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Test : Blacksad : Under the Skin [XBox One]

Si comme moi, vous ne connaissez pas, Blacksad et bien sachez qu’il s’agit d’une BD provenant des cerveaux de Juanjo Guardino (pour les dessins) et de Juan Diaz Canlès en ce qui concerne les intrigues. Comme vous allez vous en rendre compte rapidement en débutant l’histoire, tout se déroule aux États-Unis dans les années 1950, dans une atmosphère sombre à l’ambiance très poisseuse. De plus tous les personnages sont des animaux anthropomorphes comme notre héros John Blacksad, qui se trouve être un chat noir. Un détective assez classique dans le genre avec de nombreux défauts : gros fumeur, légèrement accroc à l’alcool, un poil dépressif et solitaire, notre homme chat aime aussi des coups (et en recevoir par la même occasion) il n’en reste pas moins une personne aidante et droite dans ses bottes. Tous ont une vie, un caractère bien particulier (vielle bique, chien docile et amical, gorille têtu..) et notre détective se trouve être bien curieux.
On ne peut nier la ressemblance avec le Zootopie de Disney, bien qu’ici le public concerné ne soit évidemment pas du tout le même.

Dans Blacksad : Under the Skin, une sorte de nouveau tome intéractif, notre détective privé en mal d’argent va devoir accepter une affaire assez particulière qui va le mener à une sale histoire de meurtre. Un jeune boxer a disparu en même temps l’on découvre le corp pendu de son entraîneur, un certain Joe Dun. Meurtre, simple suicide ? Pourquoi son poulain a disparu ? il va falloir mener l’enquête et poser de bonnes questions malgré les quelques bâtons dans les pattes que vous allez devoir surmonter.

Microids et Pendulo Studios nous ont assuré que le jeu offrait une liberté d’action grâce à nos choix et notre personnalité dans le fil de l’histoire. Vous l’avez compris, nous sommes en face d’un jeu à la sauce L.A. Noire et The Wolf Among Us, avec de nombreuses questions auxquelles il faudra répondre rapidement mais aussi avec des QTE.
Blacksad Under the Skin est bon, mais aurait pu l’être encore plus s’il n’avait pas souffert de quelques soucis assez ennuyeux. (claquement de doigts).


Tout d’abord l’ambiance m’a beaucoup plu. Cet univers années 50, dans une Amérique d’après guerre corrompue est absolument divinement bien décryptée. Cette délinquance mafieuse, ces tenues, ces décors, la musique très jazzy qui rappelle Miles Davis, Blacksad mise à fond sur l’immersion. Et je dois dire que ça marche. On se laisse d’entrée de jeu prendre au piège. Et puis il y a le personnage, auquel on s’attache immédiatement. John Blacksad avec tous ses défauts et qualités est en quelque sorte l’un des derniers de ceux qui brillent dans la noirceur de la société. Il en faut des comme lui à cette époque pour que ne règne pas le chaos dans une ville aussi grande que New York.
La trame : un suicide masqué, la mafia, un homme contre tous… C’est aussi assez poignant. On veut aider ce chat à découvrir le fin mot de l’histoire. Et après la première raclée que l’on prend dès le début du jeu fasse au mastodonte Rhinocéros on a qu’une envie, celle de résoudre l’affaire.

Le point fort du jeu c’est la possibilité de modifier l’histoire (de façon plus ou moins visible), avec les actions ou les réponses qui nous sont proposées. L’attitude des PNJ doit normalement évoluer en fonction de nos états d’âmes ou de nos interventions quelles soient musclées ou non. Pour cela plusieurs choix vous sont proposés tout au long du jeu. Vous pourrez être conciliant, froid, arrogant, amical. Une palette d’identité qui peut refléter ou non votre propre personnalité ou bien faire de John Blacksad un vrai pourri.
Clairement nous sommes face à un film interactif, au même titre que L.A. Noire, The Wolf Among Us ou Life is Strange et pour que vous ne vous endormissiez pas, quelques passages de Quick Time Event viendront solliciter vos réflexes que vous le vouliez ou non, sous peine de Game Over, vous obligeant à recommencer la scène.
Il faudra, pour avancer dans l’histoire, prendre le devant, fouiner un peu partout et poser des questions aux PNJ. Il faudra aussi réfléchir et assembler des éléments de l’enquête pour y voir clair, car de temps en temps vous allez rester bloqué sans pouvoir faire quoi de soit de bien intéressant. A vous d’être perspicace en faisant concorder les éléments à votre disposition. Faites fonctionner vos méninges de félin.

Pour créer une certaine empathie envers les PNJ, les développeurs ont donné de la personnalité à tous les animaux que vous allez rencontrer. Cette personnalité est liée -comme dit plus haut- à la race des animaux rencontrés et certains sont assez particuliers. Cela est assez réussi mais c’est surtout John qui nous touche le plus. Des dialogues en français, s’il vous plait, et réalisés par des professionnels (dont Philippe Cariou et Sylvain Lemarié) sont vraiment très bons et renforcent cette immersion, même s’il ne faudra pas se montrer trop exigeants avec la coordination faciale par moment. Enfin, la bande son de Blacksad est une pure réussite pour qui aime le Jazz des années 50-60. Je me suis tout simplement régalé !


Et malgré tout ça, quels sont les problèmes rencontrés ? Si lors de l’envois des codes nous étions prévenus de quelques bugs importants qui devaient être corrigés day one, il n’en reste pas moins que plus d’un mois après d’autres sont encore bien visibles. Si personnellement je suis peu exigeant sur les derniers restant, je peux comprendre que cela puisse en agacer plus d’uns. Je pense notamment à plusieurs QTE qui font totalement planter le jeu si nous sommes trop lent pour les réaliser. Cela m’est arrivé à trois reprises, dont deux fois au même endroit. Résultats donc, freeze de la console ! Une aubaine pour les rageux et les plus exigeants !
Plus sérieusement ce n’est pas tellement ces bugs qui m’ont dérangés en jouant à Blacksad, mais plutôt la lenteur générale qui pèse lourd sur le jeu. Tout est lent. Le déplacement pataud de notre chat, tout d’abord, qui marche tel un pachyderme et c’est épuisant de le voir se déplacer à ce rythme. Il y a ensuite la caméra, fixe, qui nous empêche de nous déplacer de façon détendue dans les pièces. En effet, les phases d’explorations deviennent ainsi assez rébarbatives, car lentes et trop imprécises pour les savourer. Il n’est pas toujours évident d’aller d’un point A à un point B ni même de regarder aux bons endroits.

Enfin, il y a ce souci d’enquête soit disant libre. On nous a vendu du libre arbitre, du choix, malheureusement tout se révèle au contraire très linéaire. Le jeu nous interdit de quitter la route, d’avoir de fausses déductions. Rien n’est ouvert ! Le comble est que s’il vous manque le moindre petit indice vous allez vous retrouver bloqué tant que vous ne l’aurez pas trouvé. Idem, pour ce qui est des déductions. Et c’est encore plus frustrant, si le jeu vous indique que l’une d’elle est disponible alors que pour vous rien ne l’est, vous allez devoir essayer une à une les propositions qui vous sont faîtes. Pour un titre qui est censé proposer de la liberté nous voilà étriqué dans un système de jeu fortement conformiste et étroit.


L’immersion gâchée par quelques bugs et lenteurs n’enlève en rien les qualités narratives de John Blacksad et cette ambiance unique. S’il est évident que l’on pouvait s’attendre à mieux, l’univers de Juanjo Guardino et de Juan Diaz Canlès est on ne peut plus respecté. L’enquête passionnante, le doublage sans faute de goût, la bande son à tomber, j’ai vraiment apprécié cette dizaine d’heures à aider John dans son travail.


Blacksad

Genre : Film Interactif
Langue : Français
Sortie : 5/11/2019
Développeur : Pendulo Studio
Éditeur : Microïds
Taille : 14,73 Go
PEGI : 16
Disponible sur : XBox One, Playstation 4, Switch, PC


Test réalisé avec un jeu offert par l’éditeur

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