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Avis : New Pokémon Snap [Switch]

Au début des années 2000, un jeu appelé Pokémon Snap débarque sur les Nintendo 64 des fans de monstres de poche. Spin-off au concept unique de photographier des Pokémon à bord d’un véhicule automatisé, cet OVNI a rencontré un certain succès critique et commercial malgré un gameplay devenant répétitif au sein d’un jeu plutôt court.
En juin 2020, Nintendo annonce la suite de ce jeu, New Pokémon Snap, sorti sur Switch en avril 2021, à la grande joie des fans. Mais 747 Pokémon supplémentaires plus tard et avec des attPkentes plus élevées, le jeu arrive-t-il à tenir ses promesses ?

Vous avez été engagé par le professeur Miroir du laboratoire des sciences naturelles de l’archipel de Lentis. Ses études se concentrent sur le comportement de Pokémon dans leur habitat naturel ainsi qu’un phénomène étrange, le Lumina, qui fait briller les Pokémon dans la nuit.
Votre mission est d’aider le professeur en photographiant des Pokémon dans diverses situations pour remplir le Photodex, une encyclopédie imagée des Pokémon vivant sur l’archipel, et de découvrir les origines du phénomène Lumina.

Pour cela, le professeur vous met à disposition le Neo One, un véhicule entièrement automatisé qui suit un parcours prédéfini sur les 12 lieux à visiter de jour comme de nuit. Vous n’avez donc qu’à profiter du safari et de vous concentrer sur votre objectif.
Tout autour de vous, les Pokémon évoluent dans leur habitat et vous devez prendre la meilleure photo d’eux possible. Pour cela, rien de plus de simple, il suffit de mettre le sujet au centre de l’objectif, de viser et de capturer… La photo, hein. Pas le Pokémon ! Cela se fait simplement avec les joysticks pour viser, un bouton pour zoomer et un bouton pour prendre la photo. A noter que la visée via le gyroscope est disponible en option et est plutôt pratique en mode portable mais pas tellement en mode TV.
Et ne craignez pas d’être à court d’inspiration. Chaque environnement regorge de Pokémon à chaque recoin, si bien qu’un seul passage ne suffit pas pour tous les capturer en photo. D’autant plus qu’ils interagissent avec d’autres Pokémon et le décor, le tout formant ainsi un monde vivant qui fera plaisir à n’importe quel fan de la licence et même à ceux qui aiment faire de la photographie animalière. Dommage de ne pas avoir poussé le vice plus loin en incluant une compatibilité avec le Nintendo Labo VR et son module Appareil photo qui aurait permis une immersion incroyable. Peut-être dans une prochaine mise à jour ?
Au bout du parcours ou si vous avez épuisé votre pellicule de 72 clichés, vous serez téléporté au laboratoire où le professeur Miroir vous demandera de présenter une photo par Pokémon. Selon la situation, ces photos valent de une à quatre étoiles et le professeur lui attribue un score selon la pose du Pokémon, si celui-ci regarde l’objectif, s’il est bien au centre de l’image, si d’autres Pokémon sont présents sur la photo et selon l’arrière-plan. Au final, ce score servira à classer cette photo entre bronze et platine pour la classe d’étoiles à laquelle elle appartient. Cette photo sera ensuite sauvegardé dans votre Photodex, qui permet de stocker 4 photos pour chaque Pokémon, une pour chaque classe d’étoiles.
Toutefois, vu que le système de score se base sur des éléments basiques, il est difficile de juger si une photo qu’on aime sera bien notée, ce qui peut créer un sentiment de déception et d’incompréhension lorsque la note tombe. Difficile pour un jeu de noter objectivement ce que l’on perçoit subjectivement.
Une fois l’évaluation terminée, vous recevrez également des points d’expérience qui augmenteront votre niveau pour ce parcours. Plus votre niveau augmente, plus les opportunités de capturer des scènes rares s’offrent à vous. Par exemple, de nouveaux Pokémon peuvent apparaître ou ceux que vous avez déjà croisé se sont habitués à votre présence, vous permettant de les photographier de plus près. Cela donne encore plus l’impression d’un monde vivant qui évolue au fil de nos passages.
En plus de vos talents de photographe, le professeur vous fournit des pommes tendres à balancer en pleine poire-heu, je veux dire… à donner à grignoter aux Pokémon pour les rendre heureux. Vous pourrez également jouer une mélodie, pour les endormir par exemple. Enfin, vous pourrez utiliser des balles Lumina pour rendre les Pokémon et la flore luminescente pour obtenir de beaux clichés, en particulier durant la nuit. Ces objets permettent d’influencer la pose d’un Pokémon ou de déclencher un événement et ainsi avoir une photo avec un nombre d’étoiles élevé.
Même si le jeu est beaucoup plus long que son prédécesseur : environ 10 heures contre 4 heures pour l’opus N64, on ne peut s’empêcher de penser que la boucle de gameplay est un peu légère pour ne pas trouver le jeu répétitif. Pourtant, la prise de vue est loin d’être la seule étape dans un shooting photo, il reste encore le travail des clichés.

En effet, à la fin d’un tour de circuit, il est possible de visualiser toutes les photos prises et de les retravailler. Vous pouvez alors changer le cadrage, le zoom et jouer avec la luminosité, la focale et la mise au point pour obtenir un résultat plus intéressant qu’une simple capture d’écran du jeu. On n’est pas loin des meilleurs modes photo dans d’autres jeux, manque juste la possibilité de jouer avec le contraste et la saturation des couleurs pour être un outil complet.
Cette photo peut ensuite être sauvegardée dans votre album personnel qui peut contenir 48 photos. Votre album personnel ou même le Photodex peuvent ensuite être utilisé par un autre outil de retouche, plus superficiel, qui propose d’ajouter des filtres, des stickers et des cadres, on passe donc sur le côté Instagram de la photographie. Ces éléments sont débloqués au fur et à mesure du jeu et des missions que vous accomplissez.
Ces missions sont données par le professeur et ses assistants vous demandent d’effectuer une tâche spécifique dans un des niveaux du jeu et permettent, notamment, de découvrir des événements à déclencher pouvant donner de superbes clichés.
Ce n’est d’ailleurs pas la seule aide pour optimiser ses safaris, un radar est prêt à vous indiquer les Pokémon aux alentours ainsi que des éléments qui valent le coup d’œil et une carte répertorie l’emplacement où vous avez photographié chaque espèce de Pokémon, bien pratique pour planifier sa séance photo et comprendre où trouver des clichés à 4 étoiles.
Ce nouvel épisode ajoute donc quelques outils bienvenus pour aiguiller le joueur vers des possibilités photographiques intéressantes et ainsi obtenir une base solide à retravailler et à retoucher pour être la photo la plus populaire sur les réseaux sociaux.

Le jeu propose d’ailleurs une dimension sociale avec un système de partage de photos avec d’autres joueurs abonnés au Nintendo Switch Online. Vous pouvez partager des photos de votre album perso ou du Photodex, retouchée ou non et avec une description personnalisée. Les autres joueurs peuvent, ensuite, voir votre photo et lui donner une médaille pomme, équivalent à un like, donnant plus de chances à votre photo d’apparaître en tant que photo populaire.
Mais, Nintendo oblige, le système est mal fichu. Il n’y a pas la moindre option de recherche, la page d’accueil n’affiche que des photos populaires, une sélection de photos pour un niveau et des photos recommandées sur la base de critères inconnus. Le seul moyen qui se rapproche le plus d’une recherche est le classement des joueurs par rapport au score total de leur Photodex qui permet d’accéder à leur profil. Mais là encore, pas moyen de s’abonner à un profil pour être sûr de ne pas rater ses photos.
Nintendo est, décidément, incapable d’offrir une expérience online sociale et préfère se contenter d’une fonctionnalité beaucoup trop légère pour susciter un quelconque intérêt. Mieux vaut partager ses clichés sur Facebook et Twitter via la fonctionnalité de capture d’écran interne à la Switch.

Dommage que cette fonctionnalité de partage de photos soit aussi bâclée car le jeu est vraiment sublime. Les environnements sont variés, riches en détails et chacun possède sa propre ambiance. Des grottes mystérieuses aux forêts paisibles en passant par les fonds marins venant presque d’un autre monde, on nous offre des décors éblouissants pour nos clichés même si un peu trop classiques.
Les Pokémon sont bien intégrés au décor avec leur modèle bien défini et leurs animations travaillées. On est loin de la déception artistique de Pokémon Épée et Bouclier. Ici, il est crédible que ces Pokémon vivent dans cet habitat. On notera juste les textures baveuses quand on y regarde de plus près et l’aliasing très présent qui viennent un peu gâcher le tout.
Côté performances, le jeu est plutôt stable à 60 fps malgré quelques baisses lors de scènes chargées en Pokémon et/ou en effets visuels.
La musique n’est pas forcément mise en avant car, mise à part dans les menus, elle est mise bien en retrait mais pour une bonne raison : écouter la vie qui se déroule autour de nous.
Chaque bruit est crucial pour dénicher les Pokémon. Cela peut être leur cri ou des bruits d’interaction avec le décor (des branches repoussées, un plongeon dans l’eau…). Un soin particulier a, d’ailleurs, été apporté sur leurs cris car chacun en possède un bien distinctif. Mais contrairement à l’anime et même l’opus N64, ils ne disent pas leur nom, sauf pour Pikachu évidemment.
D’ailleurs, même le doublage des personnages est minime car ils sont totalement doublés pendant les rares cinématiques et uniquement lors de certains interlocutions durant les dialogues. De plus, seul un doublage anglais ou japonais est disponible, alors que l’opus N64 proposait des voix françaises. Après, vu le peu de dialogues parlés durant le jeu, l’intérêt est minime.


En résumé, Nintendo et Bandai Namco offrent ici un épisode répondant largement aux attentes. Le principe reste le même mais l’enveloppe autour a été étoffée pour apporter plus de diversité et de durée de vie. Une modernisation de la partie photo était évidente face à l’intérêt grandissant pour les modes photo dans d’autres jeux avec des outils de retouche plutôt complet. Dommage que la partie partage, cruciale dans le cycle de vie d’une photo dans notre monde régi par les réseaux sociaux, soit aussi décevante et inadaptée. Toutefois, la direction artistique très travaillée offrira aux fans une immersion dans l’habitat naturel des Pokémon comme si on y était avec des graphismes chatoyants et des décors vivants de par la richesse des détails et ses bruitages synonymes de vie au sein de ce biome. Un bon jeu de détente avec un gameplay lent où l’on prend le temps d’admirer les alentours et d’observer la vie animale (Pokémonale ?) pour trouver le cliché parfait.


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Genre : Rail shoot…ing photo
Langue : Français
Développé par : Bandai Namco
Édité par : The Pokémon Company
Sorti le : 30/04/2020
Taille : 6,11 Go
PEGI : +3
Plateforme : Switch

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0 commentaire

  1. Reçu hier, je n’ai pas encore eu le temps d’y jouer, mais j’ai hâte de me plonger dans cette nouvelle version 🙂

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