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Avis : In Sound Mind

L’absence de gros jeu d’horreur psychologique de l’amplitude d’un Silent Hill dans le paysage vidéoludique actuel crée un vide que la scène indépendante cherche à combler. Nombre sont ces jeux qui préfèrent jouer avec la psyché du personnage pour proposer des mondes horrifiques et cauchemardesques comme, récemment, The Medium de Bloober Team ou In Sound Mind, le sujet de ce test, sorti en septembre dernier et développé par We Create Stuff.

Dites Bouh !

Nous incarnons Desmond Wales, un psychologue de la petite ville de Milton Haven rongé par le remord. Après la mort de plusieurs de ses patients et en quête de rédemption, il décide de se plonger dans ses sessions pour découvrir la vérité derrière cette vague de décès aux circonstances étrangement similaires. A travers ces enregistrements, il espère trouver la source du conflit interne de chacun d’entre eux pour enfin les soulager et avoir les réponses sur ce qui pourrait être une bien sombre conspiration.

Les morts de Milton Haven étaient-elles vraiment accidentelles ?

Vous commencez votre enquête dans un bâtiment délabré qui vous servira de hub pour toute l’aventure. Entre chaque session, vous devrez trouver l’enregistrement du prochain patient puis aller dans votre bureau pour l’écouter.
Vous entrez alors dans une reconstitution brisée du lieu de décès de votre patient qu’il vous faudra explorer pour trouver la source de son mal-être, tandis qu’une version déformée et cauchemardesque de votre patient vous poursuivra dans cet environnement.
Chaque monstre propose une mécanique intéressante, comme regarder dans un miroir pour faire fuir une Méduse ou se réfugier dans un endroit lumineux pour échapper à un monstre constitué d’ombres pulvérisant tout sur son passage.
Une fois débarrassé temporairement du monstre, c’est l’exploration qui est de mise pour vous frayer un chemin à travers les différentes énigmes que vous propose le jeu, comme n’importe quel survival-horror qui se respecte. Généralement, un document vous indique l’emplacement de plusieurs objets à récupérer et, éventuellement, trouver la bonne manière de les utiliser. Cela reste du très basique dans le genre, d’autant plus qu’il n’y a pas de subtilité comme une gestion d’inventaire limitée ou d’objets à combiner comme le propose Resident Evil par exemple, créant ainsi un sentiment de lassitude.

Votre chat parlant vous attendra dans votre bureau pour vous soutenir dans vos recherches.

Même si des phases de combats viennent diversifier le gameplay, elles ne sont pas très intéressantes non plus. De temps en temps, vous serez amenés à croiser un seul type d’ennemi que vous pouvez approcher de deux manières : soit vous tentez d’échapper à leur vision et de vous faufiler pour économiser vos munitions et votre vie (au risque de vous faire surprendre plus tard), soit vous vous lancez dans la mêlée mais dans une confusion totale.
Pour commencer, les premières heures de jeu ne vous donnent d’arme à feu pour les combattre à distance, vous laissant vous débrouiller avec un pauvre bout de verre en guise d’arme de corps-à-corps qui ne semble pas vouloir toucher les ennemis à moins de 2 cm. Ensuite, les ennemis ne donnent pas de feedback pour indiquer au joueur que son coup a réussi. On ne sait donc jamais si notre stratégie fonctionne ou s’il faut viser une autre partie du corps, si bien que je n’ai jamais compris quelle partie de l’ennemi viser pour maximiser les dégâts. Même si d’autres armes se débloquent au fil de l’aventure, comme un pistolet de détresse ou un fusil à pompe, elles n’aident pas plus si le combat est difficilement lisible et surtout face aux mêmes ennemis car même les boss se basent sur des puzzles plutôt que sur du combat.

Bizarrement, j’ai plus envie de jouer à Metroid Dread qu’autre chose en voyant cette image…

Néanmoins, il faut bien avouer qu’In Sound Mind maîtrise très bien son ambiance. Les environnements sont variés et fous par moment, passant même dans l’abstrait et surtout, accompagne le sentiment d’oppression ou de calme selon la situation. L’horreur psychologique fonctionne très bien avec ces amalgamations issues de l’esprit torturé des patients et des documents que l’on ramasse qui décrivent les dérangeantes circonstances de leur mort.
La vue à la première personne amplifie également ce sentiment de peur et permet de jouer avec le joueur en lui faisant perdre ses repères, par exemple, en bougeant les objets de manière imperceptibles et alimenter un sentiment de paranoïa.
Le sound design est aussi bien pensé pour garder le joueur en alerte avec une bande-son discrète mais efficace et des bruitages simulant une activité dans un lieu supposé sans vie qui marchent encore plus avec un casque ou une installation surround.
Il y a peu de jumpscare à proprement parlé mais le jeu adore user du cliché de « Y’a quelque chose derrière » quand on se retourne (surtout avec le mystérieux personnage à chapeau qui nous nargue tout au long de nos sessions).
Il est aussi étonnant de voir un jeu d’horreur aussi coloré. Dommage que le design des ennemis basiques n’en profite pas puisqu’il se limite à une simple silhouette faite d’encre. Dommage également que la technique soit aussi pauvre. Les textures sont baveuses et les ralentissements sont fréquents sur un bon PC alors que le jeu ne semble pas avoir besoin d’autant de puissance.

Les environnements sont intéressants et peuvent carrément passer dans du psychédélique.

Même avec son ambiance travaillée et son monde bien développé, In Sound Mind déçoit par son gameplay trop simple et les occasions manquées avec son concept, se limitant à une boucle répétitive. L’aspect technique est aussi décevant quand on sait que le jeu ne sort que sur consoles next-gen. On pourrait s’attendre à mieux en termes de graphismes et de stabilité sur un PC capable de faire tourner aisément les AAA actuels en qualité graphique élevée. Mais si vous êtes intéressé par son concept, n’hésitez pas à lui donner sa chance durant une période de soldes.


Genre : Horreur
Langue : Anglais sous-titré français
Développé par : We Create Stuff
Edité par : MODUS
Taille : 20 GB
Sortie : 29 septembre 2021
PEGI : +12
Plateforme : Steam, Switch, Playstation 5, Xbox Series

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