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Avis : Persona 5 Royal [Playstation 4]

Oui, oui j’ai tardé avant de donner mon avis concernant Persona 5 Royal et je ne m’en excuse pas, car je n’ai pas encore terminé le jeu. J’ai pris mon temps, entre d’autres jeux sur lesquels je dois également donner mon ressenti et d’autres auxquels je joue pour me détendre. Oui j’ai pris mon temps, décidé à avancer dans Persona 5 Royal uniquement lorsque je me sentais en état de m’aventurer dans le bouleversant dernier titre Atlus.
J’ai dépassé les 60 heures (oui seulement 60), atteint le quatrième palais et je suis donc encore loin d’en voir le bout, puisqu’il faut environ 120 heures pour terminer l’histoire que vis dans le jeu ce cher Ren Amamiya alias Joker et qui doit passer par la case réhabilitation.

Persona 5 Royal n’est clairement pas un J-RPG comme un autre. Il se démarque par beaucoup de choses, des choses qu’on voit peu ailleurs, sans doute faute à la peur de prises de risques dans les scénarios et univers toujours plus ou moins identiques. Le monde en danger, la princesse à sauver, un grand vilain prêt à tout dévaster, le bien contre le mal… etc… Persona 5 Royal est loin de tout ça, comme ses aînés et cousins Persona 4 ou la famille des Shin Megami, il s’attaque au monde qui nous entoure, avec ses défauts, ses qualités, ses angoisses, sa culture et aussi ses croyances.

Persona 5 Royal est mon premier Persona (hormis Persona 4 Arena et Q2). Toujours intéressé par la licence, après avoir vagabondé dans quelques Shin Megami, je me suis toujours demandé en quoi pouvait être différent l’autre série de RPG signée Atlus face a ce Donjon RPG si charismatique.
Il ne m’aura pas fallu 60 heures pour m’en rendre compte, pourtant l’histoire que l’on vis ici est si particulière et si rondement écrit, que l’on a du mal à décrocher et à se dire : « C’est bon, j’en ai assez vu pour donner mon avis ».
On pousse encore un peu, on gratte plus profondément pour découvrir ce qui attend notre troupe d’ados, on veut comprendre pourquoi et comment ils en sont arrivés là. On veut rencontrer d’autres personnages, on veut les connaître… Le temps qui passe, jour après jour au sein de leur lycée les rendent tous plus attachants. On regarde leur relation, comme si nous étions avec eux. On en détestera certains, avant de retourner notre veste, on aura de la compassion pour d’autres et on finira par dénicher chez eux des points communs avec nous. Pour certains (et certaines) on ira au delà de l’amitié.
J’ai toujours été avec les RPG assez distant avec l’histoire, ne la regardant que d’un œil, privilégiant toujours le système de combat. Le tour par tour -évidemment- (mais sans cette saloperie de ATB de chez Square que l’on retrouve partout ou presque chez l’éditeur) qui est la pièce maîtresse pour moi bien au dessus des graphismes ou donc de l’histoire. Pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai été attrapé par ce qui se passe dans le jeu. Ce que vivent Joker et son équipe des Voleurs Fantômes est tellement particulier, touchant et sans doute pour certains, personnels, que cela en devient marquant.

Difficile de ne pas spoiler. Et je vais sans doute en décevoir certains car je finirai sans doute cet écrit en ayant oublié pas mal de choses que j’ai pu voir, entre apercevoir, ou bien ressentir tout au long de ces 60 premières heures. Il est aussi possible que plus tard en allant au bout du jeu, que je revienne modifier un peu mes propos, en ajoutant du contenu et pourquoi pas en modifiant mon ressenti car je sais que beaucoup de choses vont encore se produire dans les 60 heures restantes.
Ainsi, si j’ai pris une claque avec l’histoire (j’y reviendrai plus tard), j’en ai aussi pris une avec le système de combat. Un formidable tour par tour, très dynamique et qui se construit doucement au fil du temps, ajoutant ça et là de petites choses. Un système calibré pour en mettre pleins les yeux et surtout pour ne pas s’endormir. Car oui, le défaut habituel du genre est bien la redondance des combats qui s’enchaînant deviennent ennuyeux. Ici les développeurs de chez Atlus se sont lâchés, nous permettant de créer de nombreuses combinaisons entre les quatre participants au combat. Du travail d’équipe (véritablement) se fait à chaque instant, car même ceux en retrait sont prêt à intervenir. A la façon d’un Sakura Taisen, les affinités qui se sont faites hors du Palais apportent de la plus-value lors des affrontements face aux esprits que vous allez rencontrer. Les interactions offertes permettent de préparer des techniques très efficaces, comme la possibilités de faire de nombreux combos ou bien l’utilisation d’attaques spéciales en duo et qui sont d’une puissance impressionnante. Mais il n’y a pas que ça ! Et je n’en dirai pas plus, même si la plupart d’entre-vous on déjà lu d’autres avis ou joué au jeu. Mais tout ce qui est apporté au gameplay sert -comme dit plus haut- à rendre ces phases de baston dynamiques et du fait on prend un malin plaisir à aller chercher la bagarre alors qu’il n’y en a pas ou plus forcement besoin, que cela soit dans les Palais ou bien dans le Mementos.
Il y a également les Persona et les esprits qui comme dans les Shin Megami sont à collectionner. Mais le concept va plus loin, avec des fusions via décapitations, des améliorations de stats via pendaisons… Vous avez dit macabre ?
La suite vous la devinez, vous allez vous balader dans de longs donjons construits de façon très labyrinthiques, tous très différents les uns des autres, avec quelques petits mécanismes à débloquer ici et là.


Voilà brièvement pour la partie action de Persona 5 Royal. Pour la première fois depuis bien longtemps donc, cette dernière est au premier plan pour moi avec l’histoire.

Persona 5 … Persona 5 Royal même histoire, à quelques exceptions près. Je vais essayer de synthétiser sans oublier quoi que soit. Sachez d’abord que l’histoire est dense, mais c’est surtout le thème abordé, qui comme j’ai pu le dire, marque de façon importante. La thématique, ou plutôt les thématiques sont matures, et jouent sur nos sentiments. La façon dont les soucis des (grands) adolescents sont ici mis en avant face aux abus des adultes est plus qu’original. On peut même trouver cela très pertinent. Mais là où les développeurs font forts en s’attaquant à ces problèmes de société (autant le dire) c’est qu’ils nous mettent face à ce qu’elle est réellement. Malsaine, corrompue, remplie de mensonge et de manigance en tout genre, quitte à faire mal et bien plus encore. Ici, Persona 5 s’attaque à des choses qu’on ne verra pas dans un autre RPG. Si la dépression est le premier symptôme mis en avant, il se cache en fait des maux bien plus lourds à porter. Des maux bien difficiles à porter pour ces jeunes adultes. Suicides, violences, viols, manipulations… J’en passe… Oui Persona 5 et Persona 5 Royal ne sont pas des contes de fée. Des sujets difficiles donc, mais surtout bel et bien d’actualité. Émancipation, ouverture vers les autres, connaissance de sois-même, de quoi ouvrir une brèche vers l’âge adulte.

Vous incarnez un jeune homme arrivé à Tokyo après une histoire qui disons le à mal tournée et qui par un concours de malchance (!!!) se retrouve en probation. Vous voilà malgré vous soumis à une nouvelle vie, avec un nouveau lycée, un nouveau foyer et de nouvelles relations…
Ce jeune homme possède un pouvoir spécial, qui est de rentrer dans le cœurs de certaines personnes. Ces cœurs sont ici qualifiés de Palais et représentent l’intérieur des personnes. Vous avez le pouvoir de changer leur état d’esprit. Fort heureusement vous allez rapidement rencontrer d’autres lycéens qui viendrons vous soutenir dans cette quête imposée.

Pour avancer il va falloir se lier d’amitié avec pas mal de personnes. Ces amitiés sont essentielles et le jeu vous le fait comprendre très rapidement. Outre l’exercice périlleux qui est la réhabilitation et l’image que le héros présente face aux autres au début de l’histoire, vous devrez devenir un meneur, un confident, un conseiller et bien plus encore. Il faudra ainsi essayer de répondre de façon juste et encourageante durant toutes ces phases de dialogues dignent d’un Visual Novel.
Ainsi au lycée, dans votre QG, à la salle de billard, au cinéma, au bain public… bref un peu partout en ville vous devrez prendre le métro pour aller à la rencontre de vos amis et devenir leur confident. Suivant les réponses données vous augmenterez vos rangs de relation. Le mieux étant évidemment de monter tout ça rapidement, car les rangs gagnés apportent de beaux avantages durant les phases de combats. L’histoire se passant tel un véritable calendrier, vous aurez donc assez peu de temps libre entre les cours et autres activités essentielles à votre vie de tous les jours. Il faudra ainsi faire des choix quant aux personnes que vous voulez retrouver. Ces choix ne sont pas toujours évidents, surtout lorsqu’ils sont 3 ou 4 à vous proposer des rendez-vous simultanément.

Côté filles, allez vous craquer pour la nouvelle arrivée, la sportive et mystérieuse Kasumi, la gothique et docteur Tae Takemi, la dure mais respectueuse Sae Nijima ou bien encore la solitaire et geek Futaba ? Et côté garçon ? Ça sera plutôt l’insouciant Ryuji ou bien le réservé et étrange Goro Akechi ? Attention, tous les personnages avec qui vous avez des relations de confident ne sont pas des personnages jouables, mais il ne faudra pas pour autant les négliger.
Toutes ces interactions avec vos camarades/confidents, mais aussi les petits boulots ou vos sorties en salles de sports ou à la laverie sont de véritables bols d’air frais après de longs (parfois très longs) moments dans les Palais. Morgana, le chat qui prend soin de vous sera souvent de bons conseils quant aux endroits où aller, ou bien les actions à mener. Il souffle comme un vent de liberté à pouvoir aller rencontrer qui bon vous semble et aller où vous le désirez durant les phases de ‘repos’. Cependant, on aurait aimé avoir encore plus de liberté, car le temps passe vite et après être revenu d’un raid dans un Palais, Morgana nous refusera une sortie bien mérité.

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C’est avec ces dialogues que va se créer une relation entre vous (le joueur cette fois-ci) et vos confidents. Comme dit plus haut, vous aller apprendre à les connaître et donc à avoir plus d’affinité, de la compassion ou bien encore de la tendresse plus pour certaines personnes que pour d’autres. Ça sera suivant votre propre personnalité. Au début, par exemple, j’appréciais beaucoup Ryuji, alors que maintenant il commence à me fatiguer. Au point que je n’ai même plus envie d’aller le rejoindre la journée. Heureusement il reste important en combat.

Graphiquement maintenant… Hum est-ce vraiment important ?
Le titre est joli sans plus, mais l’essentiel est là. Seul compte finalement le choix de la direction artistique, qui peut déplaire autant que ravir les amateurs de belles lignes et beaux visages. Oui on peut ne pas aimer le style Atlus, mais il faut bien admettre qu’il est difficile de ne pas succomber aux charmes de certains personnages avant de mieux connaître leurs personnalités.
L’autre coup de maître de Atlus, hormis donc l’histoire proposée, c’est l’ambiance. Quelle soit narrative (un vrai régal pour qui apprécie un minimum les Visual Novel -en plus les dialogues sont en Français), ou bien musicale, c’est un véritable plaisir. Les voix japonaises et Anglaises sont vraiment agréables durant tout le jeu. On rigole et on prend des claques lorsque l’on découvre les souffrances de certaines et certains, on se sent cons parfois également. Et puis il y a cette bande son, en tout point un sans faute, même lorsqu’il faut se retaper le même donjon encore et encore. Un coup de maître, vraiment, surtout sur quelques pistes qui sortent du lot, notamment (pour le moment) celle des boss, ou bien du quatrième Palais.

Devoir défendre la veuve et l’orphelin est chose dépassée ici. La priorité c’est l’ado, celui qui est assez grand pour souffrir des adultes. Ainsi il faudra purifier le cœur de ces personnes qui profitent de la faiblesse des autres. Comme le dit si bien Kaneshiro, c’est dans l’ordre des choses. Il y a ceux qui doivent souffrir pour que les plus forts puissent dominer. Persona 5 Royal nous rappelle ainsi que l’argent, sa place dans la société ou sa force de persuasion sont possiblement des moyens de pression sur les jeunes et personnes fragiles. Mais le jeu va plus loin en rappelant qu’il est possible également de se faire mal à soit même en s’imaginant le pire (vis à vis de soi ou des autres) grâce aux mensonges et au voile que l’on se forge avec des souvenirs erronés. D’un J-RPG tout à fait classique, Atlus a mis au monde un jeu qui se veut révélateur d’une société qui va mal et qui abuse de beaucoup de choses. Si le jeu est volontairement tourné vers une approche psychosociologique, il met en avant plus que des soucis d’ados. De là à faire réfléchir tous les joueurs ? Je ne sais pas, cependant certains thèmes abordés font mouches et c’est clairement le but recherché.
Outre les quêtes principales, d’autres annexes (qui ont lieu dans le Mementos) sont autant utile pour vous faire gagner des niveaux d’exp que pour présenter certains problèmes récurant du quotidien. Élèves battus par des plus forts, d’autres maltraités psychologiquement par jalousie, des chats qui disparaissent, l’esclavagisme amoureux, l’addiction au jeu … … Tout y passe ou presque. Un jeu dans l’ère du temps…


Que dire en conclusion alors que je n’ai pas encore terminé le jeu et que ma volonté serait de le terminer avant d’en dire plus…
Persona 5 Royal est un J-RPG pas comme les autres. Simplement avec les thèmes abordés il mérite d’être joué, car il pointe du doigt beaucoup de choses qui font mal dans notre société. Étonnant d’ailleurs que cela puisse venir du Japon où l’on sait très bien pourtant que le pays est plutôt fermé et bien silencieux sur ces genres de problèmes.
Le reste ? La durée de vie, les interactions, les combats, les activités et l’accessibilité ? Juste de quoi rendre plus doux le coup de pied aux fesses !


persona_5_royalGenre : J-RPG / Tour par Tour
Langue : Français
Développé par : Atlus
Edité par : Sega 
Taille : 
Sortie : 31 mars 2020
PEGI : +16
Plateforme : Playstation 4

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0 commentaire

  1. Hylians a dit :

    Ahhh enfin tu t es lancé dans ce chef d oeuvre. N ayant jamais fait de jeux atlus, je ne peux qu etre d accord avec toi sur tout ce que tu as decrit dans ton test. Tu n es qu a 60 heures de jeu et tu n as quasiment encore riel vu. De belles heures de plaisir sont encore devant toi. Si je pouvais te donner un conseil, ce serait que des que tu peux entrer dans un palais, fais le d une traite comme ca derriere tu as un mois poir t occuper des relations avec les personnages. Ces memes relations tellement importante pour le futur du jeu.
    Je te souhaite encore bien du plaisir a parcourir ce monument du jeu video qui pour moi est largement dans mon top 3 ps4 tous jeux confondus.

    1. Je vais essayer de trouver du temps entre chaque test pour avancer et le terminer.
      On m’a bien expliqué oui que je n’avais rien vu. Et j’ai hâte de voir se qui m’attend.

  2. […] plus qu’un Final Fantasy 7 Remake qui a délaissé ses racines dans le hall de Square Enix.Lire le TestToujours pour les RPG, un autre coup de cœur : Iris and the Giant (Switch et Steam). Un titre […]

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