Plus de vingt ans après Psyvariar 2, plus personne n’espérait voir revenir la licence (mais qui l’attendait en fait ?) sur consoles de salon.
La série revient donc d’entre les morts avec Psyvariar 3, alors que le genre très niche semble à nouveau générer de l’intérêt, du moins pour les fans d’arcade et de Dreamcast. Les puristes n’ayant jamais lâcher le morceau, les coquinous.
Quid donc d’un jeu assez lourd dans le gameplay que seule une poignée de joueurs attendaient ?
Loin de vouloir réinventer le genre du shoot’em up vertical, qui pourra lui laisser une chance, surtout avec son gameplay qui prône l’esquive pure pour scorer ? Je le rappelle, ici et comme dans beaucoup de danmaku (Maniac Shooter), le but est de flirter avec le danger, à naviguer entre les tirs ennemis et surtout à s’en rapprocher le plus possible pour engranger les points.
Avant d’attaquer le vif du sujet, je vais vous parler d’un problème avec ce jeu et qui m’a rebuté immédiatement.
Ceux qui me connaissent ont je pense déjà deviné que je parlais des graphismes.
Psyvariar 3 est hideux, digne d’un autre temps et surtout met à mal son gameplay à cause d’un style esthétique dégueulasse (oui, je le dis) en 3D digne des années 2000 à la fin de la Dreamcast et des jeux Flash sur PC. Comment on peut valider un choix pareil en 2026 ? Quand je pense que Gradius 5, sorti sur PlayStation 2, est toujours largement l’un des plus beaux Shoot them Up parus à ce jour… Quant à Air Twister ? Il est plus beau que ce ramassis de polygones, c’est dire. Si vous ne savez pas réaliser du jeu en 3D, faites du pixel ! Il y a tellement de belles choses en matière de shoot them up sur Steam (Revolgear Zero pour ne citer que lui) ! C’était l’occasion de sortir du lot et proposer un shoot’em up vertical sympa, alors que nous sommes submergés de shoot’em up horizontaux. Mais quand il faut respecter au pied de la lettre les consignes, forcément…
Ce choix esthétique totalement discutable nuit en plus au gameplay, rendant ce Maniac Shooter ingérable tellement il y a de choses qui viennent parasiter la perception des boulettes. Comble de la chose, les décors sont totalement vides. Tout ça donne une impossibilité de prendre du plaisir, même en jouant l’esquive pure et en faisant abstraction des graphismes.
La plupart des danmaku plus anciens sont bien plus fun à jouer et avec un plaisir visuel bien plus agréable.
Le jeu est introduit par un texte aussi long que le bras de Dhalsim, et laisse espérer une once d’histoire. Il n’en est rien.
Jugez plutôt : Psyvariar 3 se déroule quelques décennies après le précédent épisode. Les Psyvariars retournent sur Terre après la dernière guerre pour y fonder une nouvelle colonie avec le système GUIS. Mais rapidement, un signal extraterrestre est capté et indique être une nouvelle menace.
Après un texte aussi inutile qu’illisible, et après avoir vaincu tous les boss du jeu, vous n’aurez droit qu’à un simple message de félicitations, sans la moindre conclusion ni explication. C’est un shoot, mais quand même ! Ginga Force fait tellement mieux !
Comme dans tout bon shoot them up qui se respecte, les bases tiennent sur un post-it : on bouge, on tire et, en cas de crise existentielle, on déclenche une attaque spéciale liée au pilote choisi. Sept personnages sont disponibles, chacun avec ses propres subtilités. Le jeu fait cependant un excellent travail pour ne pas vous expliquer clairement leurs différences, vous laissant découvrir par vous-même que chaque vaisseau impose finalement une approche bien particulière. Pourquoi pas, mais Giga Wing le faisait de façon bien plus intéressante, il y a de cela 25 ans.
Toute la progression repose sur les niveaux de votre appareil, qui peut grimper jusqu’à 256. Plus de niveaux signifie plus de vitesse et plus de puissance. Pour progresser rapidement, il faut surtout pratiquer le buzz, c’est-à-dire frôler les projectiles ennemis avec un sang-froid que la plupart des êtres humains n’ont pas. Chaque montée de niveau est récompensée par un enthousiaste « Level Up! », histoire de vous faire oublier que vous êtes à quelques pixels près d’une explosion. Vous voyez la petite goutte de sueur qui perle sur votre front ?
Heureusement, il existe également le Roll qui viendra à votre rescousse. Cette vrille élargit la zone de buzz, améliore vos chances de survie et concentre vos tirs vers l’avant. Une mécanique simple sur le papier, beaucoup moins quand l’écran décide de se transformer en feu d’artifice sous amphétamines.
Car c’est là que Psyvariar 3 montre ses limites. Malgré des systèmes de jeu intéressants, la lisibilité est souvent sacrifiée sur l’autel du spectaculaire. Entre les nuées de projectiles, les effets visuels omniprésents et votre propre vaisseau qu’il faut parfois retrouver à la lampe torche, suivre l’action devient un défi à part entière. Une fois encore, Giga Wing ou Mars Matrix, deux jeux qui jouent dans la cour des grands en matière d’effets en tout genre, s’en tirent beaucoup mieux.
Concernant les ennemis, la variété est au rendez-vous, mais comme c’est laid, on ne prend pas plaisir à traverser les niveaux. On a envie de les exploser parce qu’ils ne sont pas beaux. Ironie. Il faudra apprendre les niveaux par cœur si vous espérez progresser, la difficulté étant redoutable, même en mode facile. Évidemment, je ne pourrais que déconseiller le jeu aux débutants malgré son mode entraînement.
Entre les multiples phases et les pluies de projectiles, les boss représentent un palier encore plus élevé. Sans une solide maîtrise du Buzz et du Roll, la survie tient du miracle. Et si votre niveau (jusqu’à 256 je le rappelle) est insuffisant, certains affrontements s’étirent tellement qu’ils finissent par ressembler à une punition plus qu’à un défi. Ennuyeux, voire triste…
Bref, vous l’avez compris, je suis très déçu et à la fois en colère de voir ce qui a été réaliser avec cette licence. Je n’étais déjà pas trop fan de la série, mais ici c’est le pompon ! (Oui ça se dit encore).
Je ne doute pas cependant que Psyvariar 3 ravira tout de même les amateurs de scoring, car il est pour ça et rien d’autre que ça.
Genre : Shump
Langue : Français
Développé par : Banana Bytes
Edité par : Red Art Games
Taille : 4.04 Go
Sortie : 25 mai 2026
PEGI : +7
Plateforme : Playstation 5, Switch 2, Steam, Xbox Series
Jeu testé sur Playstation 5
Jeu offert par l’éditeur
