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Avis : Resident Evil Village


Resident Evil 8… « Village » de son petit nom.

Pour être totalement honnête et transparente, je n’attendais pas spécialement ce jeu. Autrefois, quand un nouvel épisode canonique de la série de Capcom était annoncé, cela faisait figure d’évènement à mes yeux et j’attendais la sortie du en question en trépignant.

Mais il faut dire que depuis la sortie de RE6 et le massacre total qu’il fut (« purge » même, oserai-je dire…), les nouveaux épisodes ont cessé de susciter chez moi cette impatience. Tout au plus, ressens-je de la curiosité. Pas terrible, n’est-ce pas, pour ce qui fut pendant longtemps ma série fétiche. (Et oui : je fais partie de ces vieux boomers chanceux qui ont commencé aux origines, avec le premier épisode sorti en 96 sur consoles 32 bits).

Resident Evil ne me fait plus rêver. (enfin, cauchemarder dans le cas précis…)

Pourtant, l’épisode 7 était parvenu à mon sens à remettre la série sur de bons rails, sans pour autant me convaincre totalement, (notamment la seconde partie du jeu et le laborieux passage sur le bateau…) puisqu’à ce jour je ne sais toujours pas quoi en penser. (la balance des POUR/CONTRE s’équilibrant parfaitement.) Cependant, le jeu avait au moins pour lui d’essayer d’innover et de proposer une formule jusqu’alors inédite dans la série, même si les développeurs semblaient se chercher par moment. Leur inexpérience dans le genre couplée à de la maladresse avait rendu l’œuvre globalement très inégale, alternant les phases poussives et celles plus inspirées, après une introduction efficace. Capcom semblait avoir appris des erreurs passées avec Resi 6, dont le principal tort était d’avoir poussé le concept du TPS à son paroxysme et en allant au bout de ce qu’il était possible de faire avec. (dans la démesure et l’excès jusqu’au ridicule et à l’écoeurement.) Au revoir donc TPS hystérique et bonjour FPS plus intimiste, pour le plus grand malheur des fans de la vue à la troisième personne… Mais c’est dans l’ADN même de la série de faire peau neuve à intervalles réguliers, tous les dix ans environs.

En 2017, né de cette mue, Resident Evil 7 avait donc fait figure de révolution au sein de la série, (comme RE4 en son temps et ce n’est pas un hasard, comme on le verra plus tard dans ce test.) dépoussiérant sa formule éculée et renouvelant le gameplay du dinosaure du Survival Horror à la recherche d’un nouveau souffle et d’un nouveau public. Avec plus ou moins de réussite, donc puisque d’aucuns diront que ses audacieuses propositions s’éloignaient trop de l’identité/des origines de la série. C’est pourquoi lorsque Capcom annonça un nouvel épisode dans la droite lignée de son prédécesseur (normal, puisque suite directe du 7, reprenant les mêmes personnages et le même mode de jeu) et même une conclusion sous forme de trilogie avec un neuvième opus d’ores et déjà acté, autant le dire tout de suite, je n’étais guère rassurée. (d’autant que, de base, le jeu semblait ne devoir voir le jour que sur PS5/Bobox et non sur la Gen PS4)

Cependant, désireuse de mettre mes appréhensions légitimes de côté et de laisser sa chance au produit, je lançais le jeu, vierge de toute information autre que « c’est la suite de RE7 » et « c’est un FPS avec des loups garous dans un village » (je m’étais volontairement préservée des trailers et des démos, qui ont toujours tendance à trop en montrer, mais sans le contexte nécessaire à leur appréciation.) Sans grande attente, puisque Resident Evil 7 m’avait laissée mi-figue, mi-raisin ainsi que je l’expliquais.


VILLAGE PEOPLE

Une fois de plus, nous incarnons donc ce bon vieux Ethan Winters, protagoniste principal sans visage (non, non, vraiment, JAMAIS on ne voit son faciès dans RE7 et pas plus dans RE8 désolée de tuer tous vos espoirs à ce sujet. Manque d’inspiration de Capcom ou volonté profonde que le joueur puisse donner son « visage » au héros et ainsi mieux s’identifier à lui, nul ne le sait, mais à titre personnel, je pense surtout qu’il s’agit d’un trait d’humour de la firme japonaise… qui reconnaît par là même que son nouveau personnage est un total random sans charisme, un Monsieur tout le monde, qui ne mérite aucune identité physique propre.) qui reprend du service trois ans après les événements de Resident Evil 7. Pour l’occasion, l’action quitte la Louisiane et son Bayou crasseux pour prendre place en Roumanie (bien que le pays ne sera jamais nommé in game, le joueur peut le déduire tout seul puisque la monnaie utilisée dans ce nouvel épisode est le « Lei » qui est la monnaie nationale roumaine.

Bizarrement, pas de polémique « raciste » à déplorer cette fois, contrairement à RE5 qui situait son action en Afrique noire.), même si l’endroit exact ne sera jamais indiqué à l’instar de Resident Evil 4 qui usait du même subterfuge géographique. (Quelque part en Espagne… en 2005… un trou paumé où on utilisait encore les Pesetas sans être passés à l’Euro… bruuuh les Japonais et leur méconnaissance totale/romantisation des autres pays me fascinera toujours !) Fini les marécages boueux, les alligators mangeurs d’hommes et les familles de rednecks consanguins, bienvenue dans la neige épaisse, les châteaux gothiques et l’arrière-pays où ne vivent plus que quelques vieux agriculteurs bourrus en autarcie et où tous les prénoms féminins se terminent par la lettre « A »…

D’emblée, cette localisation apparaît comme un excellent choix, permettant de varier les extérieurs (forêt, champs, village rural, rivière, montagne en arrière-plan…) et renvoie à une horreur plus Lovecraftienne et folklorique. (A l’image du conte horrifique illustré que lit Mia à sa fille dans la scène d’introduction, fort sympathique au demeurant, empruntant à l’esthétique sombre des œuvres de Tim Burton…) Impossible de ne pas faire le lien avec le manoir Spencer du jeu d’origine (lien renforcé par la présence d’un livre de Trévor, son architecte, dans la bibliothèque d’Ethan au début du jeu, plaisant easter egg pour les afficionados de la série), le joueur se sent alors immédiatement en terrain connu, pouvant même déceler quelques relents de Resident 4 et ses paysans énervés dans l’air, qui habitaient justement le même type de un village rustique coupé du monde pour des raisons scénaristiques bien pratiques.

Selon les dires mêmes de Capcom, cette parenté avec le quatrième épisode en particulier – et ça tombe bien parce que c’est l’un des épisodes préférés des fans, si ce n’est même LE plus populaire – est assumée et revendiquée. Alors Resident Evil 8 sera-t-il un héritier à la hauteur de son illustre « ancêtre » et marquera t-il tout aussi durablement le monde du jeu vidéo que Resident Evil 4, 16 ans et toutes ses dents, pour lequel un remake est d’ailleurs dans les tuyaux… ? (histoire de le remettre aux goûts du jour et de pouvoir à nouveau surfer sur sa renommée, chez Capcom tout se recycle, rien ne se perd, même des concepts arts/des séquences trailers jamais inclus dans la version finale du jeu, qui reserviront pour un autre épisode dans quelques années.) Saura t-il redéfinir son genre comme Resident Evil 4, qui en devint le mètre étalon en son temps et inspira moult clones plus ou moins inspiré justement… ?

C’est ce que nous allons tenter de déterminer ensemble.

Depuis toujours, le scénario des Resident Evil est le talon d’Achille de la série (A quand Capcom qui se lance dans le nanard à gros budget… ?) et cet épisode ne fait malheureusement pas exception à la règle. Mais si un effort a été fourni pour raccrocher les wagons avec les épisodes canoniques précédents, le twist final digne d’un série Z est tellement mal introduit qu’il soulève trop d’incohérences pour être pertinent et efficace. D’autant qu’il concerne la nature même du personnage d’Ethan, plus « osef » que jamais. (Ethan, la victime préférée de Capcom. Comme si les traumatismes physiques et mentaux subis dans l’épisode précédents ne suffisaient pas, voici qu’ici notre « héros » perd deux doigts dans les premières minutes de jeu… et encore, ce n’est qu’une légère « mise en bouche » comparé à ce qui l’attend ensuite.)
Malgré tout, le scénario fait preuve d’une certaine ambition dans sa mise en scène et les mystères qu’il soulève, même si ceux-ci sont gâchés par une fin un peu trop WTF et desservis par une résolution décevante par-dessus le marché. Dommage, parce que le potentiel était là. (Un Chris Redfield potentiellement présenté en antagoniste principal, ça paraissait couillu sur le papier !) Pour autant et comme d’habitude, ai-je envie de dire, il convient plutôt de prendre ce scénario comme ce qu’il est, c’est-à-dire un prétexte et rien de plus. Car beaucoup clament à l’envi que « depuis Resident Evil 4, la série n’a plus aucun sens et ne s’appelle plus Resident Evil que pour faire vendre » et force est de constater que ce n’est pas Resident Evil 8 qui leur donnera tort sur ce point.

Force est de constater que le classique coup du père qui va affronter des hordes de l’Enfer et braver tous les dangers pour secourir sa fille, grand classique du jeu d’horreur s’il en est depuis ses origines, (Sebastian dans « The Evil Within 2 », Harry dans « Silent Hill » ou encore Joel dans « The Last of Us ») a encore de belles heures devant lui et fonctionne toujours.

Après une entrée en matière poussive et trop générique, on remarque que l’architecture et l’agencement du village( quoique labyrinthiques) qui évoluent au gré de notre progression dans l’aventure (zones qui deviennent inaccessibles ou au contraire, certains obstacles qui disparaissent), est une idée convaincante et bien appliquée, même si l’on aurait apprécié des zones plus grandes en semi open world, à l’instar de ce que pouvaient offrir Silent Hill Downpour ou encore The Evil Within 2, il y a quelques années déjà… Le level design réussit cependant à donner le sentiment d’une certaine liberté d’exploration et se paie même le luxe de proposer du contenu « annexe » comme des trésors à aller dénicher. De même, si le joueur suit un rail tout au long de l’aventure, mais peut parfois s’en écarter à quelques rares occasions, le back tracking (à l’origine très présent et un peu oublié dans ses titres plus orientés « action » comme Resident 4, 5 et 6) reste dans la continuité de l’épisode précédent sans se montrer trop invasif.

Parce que c’est bien ce qui frappe en jouant à ce Resident Evil 8. Au fil de l’aventure, plus on avance dans son cheminement et plus on réalise que l’on est dans une sorte de « roller coaster de l’horreur », de « train fantôme » avec ses points culminants et ses moments d’accalmie, ses lignes droites rapides et ses pentes plus raides. Mais ce sentiment est beaucoup moins présent que dans Resident Evil 3 Remake par exemple, à titre de comparaison et c’est en partie grâce à la juste dose de back trakcing, marque de la série, distillée avec parcimonie sans jamais que cet aspect ne devienne une corvée. Dans Resident Evil 3, on ne revenait jamais en arrière, le rythme du jeu était constamment effréné mais Mister 8 ne commet pas la même erreur.

De manière générale, on progresse à un rythme assez naturel et les énigmes à l’ancienne font également leur grand retour, apportant une diversité bienvenue, sans jamais stopper net le joueur par une trop grande difficulté. L’équilibre est respecté et ces phases de réflexions où l’action retombe sont l’occasion de souffler.

Car RE8 est un jeu d’action avant tout. On trouve beaucoup plus de munitions que dans l’opus précédent et les affrontements y sont plus nombreux également. Ce que le jeu perd en ambiance pesante par rapport à son prédécesseur, il le gagne en gun fights. Le gameplay semble avoir gagné en souplesse, certaines interactions avec le décor permettent à présent de se barricader ou de faire face à des meutes d’ennemis en faisant par exemple exploser un baril de poudre au bon moment d’une balle bien placée (éléments directement repris de RE4). Les ennemis sont également plus agressifs et rapides, attaquant à plusieurs, ce qui met en exergue la mollesse du héros (mais c’est bien l’effet recherché). Heureusement, les zones qui font office d’arènes et sont plus spacieuses, que les couloirs étroits et mal éclairés de la maison des Baker et offrent plus de possibilités entre la fuite, l’affrontement direct à bonne distance ou encore l’esquive.

C’est pourquoi le feeling manette à main est différent, alors que les deux jeux partent pourtant sur des bases similaires. Les ajouts de gameplay sont rares (possibilité de contre-attaque au corps à corps quand on arrive à parer un coup au bon moment, par exemple), mais on a l’impression que le héros est moins rigide, même si le côté « tank » ou personnage « asthmatique » est encore bien présent et volontaire, puisqu’il renforce le sentiment de stress. Cependant, la prise en main est plus agréable que celle de Resident Evil 7 et semble adaptée à la tournure plus « action » voulue par le titre. (une astuce assez game breaking : restez en position accroupie et les ennemis auront beaucoup plus de difficulté à vous toucher, puisqu’ils semblent privilégier les grabs et que ce n’est possible que si vous êtes debout.)

Techniquement, le jeu souffre de quelques ralentissements sur PS4 en extérieur et de quelques textures un peu baveuses, (coucou les brins d’herbe dignes de la N64…) mais rien d’handicapant. La direction artistique est la grande force du titre, s’illustrant aussi bien en intérieur qu’en extérieur, mais prenant tout son essor dans le château Dimitrescu et son superbe chandelier. De manière générale, les intérieurs sont très soignés et bénéficient d’énormément de détails, même si on pourra toujours regretter le peu d’interaction avec le décor et le fait que seuls quelques éléments prédéfinis soient destructibles. Personnellement, je salue l’apparition d’une carte à la RE2R qui permet de lister en rouge toutes les pièces déjà vidées de leur contenu et en bleu les salles qui nécessitent que l’on s’y attarde encore un peu… parce que le système de prise d’objet est juste une plaie : il faut vraiment cliquer au pixel près dessus et la fenêtre de ramassage est vraiment très réduite, d’autant que certains éléments sont volontairement « cachés » sur plusieurs niveaux. (au sol ou en hauteur et il faudra bien vous mettre en face et sur le même plan pour pouvoir les prendre, ce qui fait qu’on passe à côté de beaucoup de choses bêtement…)

Comme je le disais, le jeu bénéficie d’un level design cohérent, chaque zone étant bien délimitée et possédant sa propre identité. Les décors sont variés et chacun possède son ambiance. Certains sont plus réussis que d’autres certes (le château, la maison des poupées…), mais globalement on reste sur le haut du panier des productions du genre, même si on n’évite malheureusement pas les éternels environnements industriels et les grottes/caveaux qui font pour ainsi dire partie du cahier des charges. (tiens, on a réussi à éviter par je ne sais quel miracle les égouts cette fois !)

Au niveau de son level design, Resident Evil ne propose donc rien de véritablement original. C’est du déjà vu et du déjà fait, mais ce n’est pas réellement handicapant, car ce que le jeu fait, il le fait bien. Evidemment, on peut lui reprocher son manque d’originalité et le fait d’être une sorte de « menu maxi best of de l’épouvante pour les nuls » avec tout ce que cela comporte comme clichés, mais comme c’est bien maîtrisé et que la proposition est à la hauteur, pourquoi bouder son plaisir ?

Quant à sa construction, ce Resident Evil applique la formule inhérente à la série, testée et approuvée depuis près de trois décennies. Il est découpé selon le schéma suivant : les phases d’énigmes/puzzles sont plus présentes dans sa première partie, ainsi plus on approche de la fin du jeu et plus l’action débridée reprend le dessus.


RESIDENT EVIL VIL ÂGE

Rien de révolutionnaire donc, dans sa formule ni dans son déroulé. Pourtant, ce Resident Evil se révèle être une bonne surprise. On sent tout l’amour des équipes de Capcom pour le genre du survival horror en général. Et si je m’attendais à ce que Resident Evil 8 marche sur les pas de Resident Evil 7 et ses nombreuses références à la série, je dois avouer que j’ai été particulièrement surprise parce que c’est assez timide de ce côté-là. Presque comme si cet opus cherchait à se dédouaner de l’influence et des codes instaurés par ses aînés. (ce qui expliquerait pourquoi il a tellement de mal à s’insérer dans la chronologie de base et le fait au pied de biche…)

Hmm… non, ce n’est pas tout à fait juste, mais laissez-moi m’expliquer : en vérité, Resident Evil 8 est avant tout un hommage au genre en général, comme je le disais un peu plus haut. Et certes, la série dans sa globalité a été l’un des seins nourriciers du monde du Survival Horror pendant et depuis des décennies, mais elle n’est pas la seule à y avoir contribué. Bien au contraire. La série mère n’est donc ni la seule inspiration du jeu, ni la principale oserai-je même dire.

Pêle-mêle, on retrouve les influences d’autres représentants du genre : comment ne pas penser à l’avorté (LOL c’est ironique quand on voit de quelle phase de jeu il a constitué la base…) Silent Hill PT quand on arrive dans la maison des poupées ? On peut également citer Parasite Eve, Evil Within ou encore Silent Hill dans son ensemble, au rayon des influences évidentes de cet épisode.

Mais pas seulement.

Car ses inspirations ne sont pas seulement vidéoludique. Les plus cinéphiles d’entre nous verrons les références un peu moins évidences à « Rosemary’s baby », le remake de « La Colline a des Yeux », « Saw » et j’en passe.

Resident Evil 8 est un pot-pourri où le meilleur (mais pas le pire…) du genre horrifique se mélange harmonieusement. Parce que comme je le disais, le tour de force du jeu est de parvenir à proposer une variété de situations, dont certaines extrêmement conceptuelles, sans qu’aucune ne paraisse totalement hors sujet. Le tout s’assemble très bien et aboutit à un résultat vraiment convaincant, comme si Capcom avait pris la peine de regarder ce qui se faisait à côté et de ne retenir que le meilleur de chaque représentant du survival. Malgré tout, le jeu est divisé en phases bien distinctes et on aurait aimé que le joueur puisse choisir de les faire dans l’ordre de son choix, le village constituant une sorte de hub/point central qui relie chaque section du jeu.

Un peu trop générique et disposant de moins de moments marquant que Resident Evil 7 malgré tout, j’ai peur que le jeu fasse les frais du « vite terminé, vite oublié ».

De même, j’ai un sérieux doute quant à la question de la rejouabilité/replay value du titre. En effet, le début du jeu est plutôt pénible car bouffé par des scripts éculés et mal rythmés, ce qui donne au joueur l’impression de ne pas jouer (un comble…) et de subir autant que son personnage. Dans le même ordre d’idée, certaines portions de jeu font mouche à la découverte et s’avèrent même plutôt surprenantes, mais je crains qu’en devant les refaire, la lassitude ne s’installe et que l’on y voit finalement que de l’allongement artificiel de la durée de jeu.

D’ailleurs, parlons de la durée de jeu. Selon votre rythme, il faudra compter 8 à 12h pour voir le bout de l’aventure principale la première fois, (plutôt 9-11h) sachant que le jeu propose un mode mercenaire bonus pour ceux qui n’ont pas envie de s’y relancer tout de suite. (et ça… je ne l’ai pas encore testé et j’avoue être plutôt curieuse et dubitative à propos de l’aspect « FPS » de la chose… mais je suis malgré tout heureuse que ce mode de jeu fasse son grand retour, j’ai tellement saigné celui du 4 et du 5 dans ma folle jeunesse !)


WINTERS IS COMING

En conclusion, je n’attendais pas grand-chose du jeu à la base, suite au trop moyen Resident Evil 7. Pourtant, Capcom a appris de ses erreurs et a su les réparer en offrant à son public un jeu mieux équilibré et plus fun que son prédécesseur, sans pour autant tomber dans les travers de Resident Evil 6. Pour beaucoup, cet opus ne sera qu’une demi-surprise, parce qu’il reste tout de même dans la droite lignée de son aîné et en poursuit l’héritage dans ses choix de gameplay/scénaristiques, mais malgré tout, Resident Evil 8 parvient à trouver son identité propre et à se détacher des autres épisodes de la série. Le lien de parenté avec Resident Evil 4, hormis de par le retour de son marchand, sa fameuse mallette et ambiance « rurale + château » est finalement bien moindre que ce que Capcom avait annoncé. (sûrement pour « bait » les fans du 4) Mais ce n’est clairement pas un défaut.

Plus que les 25 ans de la série, Capcom célèbre par ce jeu les 25 ans du genre Survival Horror en général, genre qui fut justement popularisé et défini par un certain… Resident Evil premier du nom. La boucle est bouclée, donc.

Sorte de synthèse, mais bien loin d’être pour autant une chimère à trois têtes tout droit sorti des laboratoires d’Umbrella, le titre de Capcom fait preuve d’une cohérence étonnante, ne gardant que le meilleur d’un genre qu’il aime d’amour et démontre avoir compris, mais qui hélas, ne fait plus peur à personne depuis longtemps. S’il ne parvient malheureusement pas à lui redonner ses lettres de noblesse (ce n’était de toute façon pas son ambition…), cet épisode arrive tout de même à redorer le blason et à s’ériger en champion du genre, ce qui n’est déjà pas si mal !

Le jeu tient toutes ses promesses, proposant des séquences d’action efficaces avec de bons shots d’adrénaline et réussit même la prouesse, à défaut de renouer réellement avec la peur avec un grand P, à imposer quelques moments de stress/effroi dérangeants, là où on l’attendait moins.

Un jeu plaisant donc, mais pas forcément mémorable. Le fast food (terme plus qu’approprié vu que la nourriture tient une place importante dans le jeu) du Survival Horror, mais encore une fois, est-ce un défaut rédhibitoire ? Le plaisir de jeu est là, le rythme est bon sur la longueur et c’est bien l’essentiel.

Puisque le jeu se termine sur une fin « ouverte » et introduit dans ses dernières minutes une nouvelle héroïne pour la licence, il ne reste qu’à espérer que la trilogie entamée par Resident Evil 7 et consolidée par Resident Evil 8 (sorte de confirmation des décisions entamées par Capcom en 2017) se termine en apothéose et que ce Resident Evil 9 apporte… un peu de sang neuf, sans mauvais jeu de mots, à un genre en perte de vitesse depuis des années et qui peine à se renouveler.


Genre : Survival Horror, FPS
Langue : Français 
Développé par : Capcom 
Edité par : Capcom 
Taille : 30 Go
Sortie : 7 Mai 2021 
PEGI : +18 
Plateforme : PC, XBox, Playstation 4, Playstation 5

Jeu testé sur Playstation 4

Jeu offert par l’éditeur

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0 commentaire

  1. Jeff a dit :

    Ton blog est passionnant. J’adore aussi les jeux vidéo. Quant à Resident Evil, je trouve que cette saga est géniale. Néanmoins, au fil du temps, les derniers opus n’ont pas été à la hauteur de mes attentes.

  2. Putain, tu as un blogue! Pour une « vulgaire troll » (sic), tu gères!

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