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Avis : Xenoblade Chronicles Definitive Edition [Switch]

Bon !

Ca fait quelques semaines maintenant que je suis censée donner mon avis sur Xenoblade Chronicles : Definitive Edition, (ils avaient pas plus court, comme titre…?) mais j’ai sans cesse repoussé l’inévitable parce que… a priori (et je dis bien, « a priori »…) je n’aurai pas grand chose à en dire. Et aussi parce qu’à l’heure actuelle, je n’ai toujours pas terminé le « chapitre bonus » Future Connected. (même si je doute qu’un pseudo DLC d’une dizaine d’heures vienne complètement chambouler mes impressions globales sur le jeu de base.)

Mais j’ai saturé, trop de Xeno a tué le Xeno pour moi et il n’y a absolument rien de péjoratif là-dedans étant donné que j’ai ADORE le jeu, mais j’ai besoin de faire une petite pause en changeant temporairement d’univers, pour mieux y revenir ensuite. Ah et aussi parce que je m’en balek du devenir de Shluk le héros sans charisme et de Mélia la pseudo femme (princesse) forte…

Enfin bref, tout ça pour vous dire qu’il n’est pas impossible que dans un futur proche (oupa), vous vous tapiez également mon avis sur cette partie supplémentaire, exclusive à la « Definitive Edition », je le rappelle. Mais ce sera donc un avis séparé du reste du jeu.


Alors Xeno, Xeno… que dire… ? Je pêche un peu, je l’avoue bien volontiers…

Commençons donc par le commencement en premier lieu dans ce cas…

J’ai connu Xenoblade en 2011, sur son support d’origine la Wii et je l’avais fini à l’époque. Bien que j’avais adoré le soft, je n’y avais pas retouché depuis. Je ne suis pas familière des Xenogears, Saga et autres trucs estampillés Takahashi. Et j’en vois déjà parmi vous s’indigner derrière leur écran. Sisi. « Comment cette gourgandine/profane ose t-elle donner son avis sur l’oeuvre de notre seigneur et maître ? » Sauf que ben, elle est là la nuance : je ne donnerai mon avis que sur la série des « Blades » et encore, je vais passer très rapidement sur Xeno 2 et Xeno X, parce que : 1) Pas que ça à foutre, 2) C’est pas le sujet du jour 3) Je les ai trouvés très en dessous de leur illustre aîné.

… mais c’est Xenoblade 1 qui m’avait pourtant donné envie de m’attaquer à la série à l’époque et quand je vois le massacre complet qu’à été X, j’ai décidé de m’en arrêter là et de ne pas donner leur chance à Gears et Saga pour le moment. Ca changera peut-être hein, je ne dis pas, mais toujours est-il qu’à l’heure actuelle je ne ressens aucune forme de curiosité envers ces deux séries, sans doute par peur d’être déçue.

Voilà en ce qui concerne mon passif vis à vis de la série. Néanmoins, j’avais suffisamment apprécié Xenoblade à l’époque de sa sortie sur Wii pour avoir envie de découvrir la suite de la série. Et si j’ai été déçue par Xenoblade 2, mais surtout par cette chiasse de X, je dois dire qu’avoir rejoué presque dix ans plus tard à Xenoblade premier du nom, dans sa plus belle et plus complète version ben… ça l’a grave fait.
Je dirai même que j’ai redécouvert ce titre de légende.

Et qu’il se classe parmi le TOP 5 de mes JRPG favoris ever.

Rien que ça.

Qui dit mieux ?


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Mais de quoi ça parle Xenoblade Chronicles au juste ? Et pourquoi donc est-ce si bien ?

Calmez-vous, tatie Manu va tout vous dire !

Il était une fois un univers fictif vachement bien branlé, dépeignant une guerre fratricide entre deux titans : Mekonis et Bionis. Une guerre qui se solda par un match nul et « l’endormissement » des deux titans. Mais la vie ne tarda pas à poindre le bout de son nez sur chacun de ces deux titans : les Homz (l’équivalent des Hommes, quoi…) sur Bionis et les machines/Mekons (mélange plus ou moins bien réussi selon les modèles entre des boîtes de conserve et des EVA/Gundams) sur Mekonis. Car oui, vous avez bien lu, nos héros vivent donc sur un titan. Genre, on va parcourir son corps tout au long de l’aventure. Se balader sur son épaule, gambader sur sa tête et arpenter sa jambe.

Original, non ?

Et en vrai, ce n’est pas juste un détail vaguement sympa de l’histoire, mais sans importance ou une idée originale mais mal exploitée, non, ici, ça a du sens et c’est même un point essentiel du scénario.

Et le scénario, parlons-en justement. Alors, pas de panique hein, je vais juste raconter le début/exposer la situation initiale, mais sans vous spoiler les quelques (rares, mais bien trouvés…) rebondissements qu’il comporte.

Donc au départ, on incarne Shulk héros random de JRPG n°8992 sans personnalité, au charisme proche d’une moule qui aurait piqué la perruque de Brice de Nice. Et malheureusement, ses compagnons d’aventure ne seront pas mieux lotis que lui à ce niveau-là… (A l’exception de Dunban, qui est le seul à se démarquer à peu près en bien niveau design et personnalité.) Mais bref, là n’est pas le sujet, Shulk, notre héros donc, blondinet de son état et fan de machineries diverses et variées, coule des jours heureux au sein de la Colonie 9, établie sur Bionis, avec son poto musclé (mais débile) Reyn et sa waifu (blonde aussi) Fiora. Jusqu’au jour où leur tranquille petit village est attaqué par des Mekons et que… ça vire à « l’Attaque des Titans. »

Non parce qu’on ne m’enlèvera pas toutes les similitudes qu’il existe entre ces deux œuvres. Alors, je veux bien croire qu’elles puissent être fortuites, les deux titres étant sortis à peu près en même temps, mais pour que vous puissiez situer précisément à quoi vous aurez à faire dans ce titre, je ne pouvais m’empêcher de faire le rapprochement entre les deux. Maintenant, Xeno et Shingeki prennent tout de même des directions complètement opposées passées leurs premières heures similaires et leur postulat de départ plutôt voisins.

Bref, Shulk et ses zamis se font donc attaquer par des robots géants qui se mettent à les bouffer et ne semblent avoir qu’un seul point faible (… * wink wink* Et là, ça ne vous rappelle toujours rien… ? Vous en êtes sûrs…?) : la MONADO (dont je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas « adapté » son appelation en « Monad », parce que les japs ont tendance à ajouter des O quand ils essaient d’utiliser des nomenclatures occidentales…) une super épée genre sabre laser que seul Shulk (ça tombe bien…), l’élu, peut manier à sa guise et qui a pour particularité de ne pouvoir blesser que les Mekons, mais en aucun cas les êtres vivants issus de Bionis. (Enfin, ça, c’est sur le papier, non parce que dans les faits, vous allez casser la gueule à toute la faune qui peuple Bionis à coup de Monado…)

S’en suit donc un voyage mystique de vengeance, pour retrouver le vilain Mekon qui massacré la Colonie 9. (putain, on se croirait presque dans TLOUS2, si ça avait été écrit autrement qu’avec le cul didonc !

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Et quel voyage mes amis, quel voyage !

Car si Xenoblade ne propose pas un monde ouvert à proprement parler, il se repose en revanche sur des zones « semi ouvertes » reliées entre elles, d’une taille tout bonnement époustouflante pour l’époque à laquelle il est sorti et surtout quand on considère le support de base du jeu, la Wii, je le rappelle. Beaucoup avaient reproché au jeu de ramer à mort et d’être moche, mais c’était malheureusement une concession nécessaire pour faire tourner un tel mastodonte sur une console aussi peu puissante en 2011. Aujourd’hui, le problème ne se pose plus avec la Switch, qui bénéficie donc d’une version parfaitement fluide du jeu.

Chaque environnement a sa propre identité et le cycle jour/nuit apporte un vrai plus en terme d’éclairage et même d’ambiance. (cf les lugubres Marais de Satorl le jour, qui se changent en décor féérique la nuit.) Mais à mon sens, l’immensité toute relative (bien qu’extrêmement respectable) des zones est surtout bien rendue par deux procédés : les musiques épiques qui les accompagnent, parfaitement adaptées au sentiment de liberté et au désir d’exploration instinctivement ressentis (l’OST est juste… <3), mais aussi le fait que les personnage ne se déplacent pas très vite sur le terrain, ce qui fait donne une véritable impression de grandeur.

On est certes bien loin d’un Zelda BoTW, mais on sent tout le savoir faire et la maîtrise de Monolith Soft au niveau du level design, venus justement donner un coup de main aux équipes de Nintendo dans la conception et la réalisation de leur open world, tiens, tiens, comme le monde est petit… (enfin non, ici, il est même plutôt grand en fait…)

Et force est de constater que non seulement déjà en 2011 ça marchait du feu de Dieu, mais qu’aujourd’hui encore et même face à des productions plus récentes, ça tient encore la route, dix ans après. Chapeau bas, Messieurs. Même vis à vis de ses deux petits frères X et 2, l’aîné Xeno 1 n’a pas à rougir de la taille de ses…. attributs. Je dirai même que le bac à sable/terrain de jeu qu’il propose est plus grand que celui de ses héritiers directs. Respect, même si aujourd’hui ses décors peuvent sembler un peu vides, surtout comparés à ceux de Xeno X, dont la principale réussite était d’avoir su créer et gérer des environnements plus fournis et organiques.

Ca respirait la vie, ça avait l’air vivant, quand on voyait les animaux se déplacer en troupeaux pour aller boire à la rivières, ou en voir d’autres chasser et même dormir… Rien que comparé à un FF XV par exemple, cette sensation de « vivant » était extrêmement crédible. Alors bon, tu sens qu’ils avaient déjà voulu faire un peu un truc dans ce goût-là avec Xeno 1, en proposant par exemple différents types de monstres affectés à une même zone, selon que l’on s’y balade de jour ou de nuit, mais ce n’était quand même pas aussi poussé qu’avec Xeno X.

Donc, le jeu fonctionne toujours aussi bien d’un point de vue D.A./sentiment d’exploration/découverte et scénario (sans être transcendante ou révolutionner quoi que ce soir, la narration de Xeno 1 est plutôt efficace bien que prévisible, mais réserve son lot de surprises bienvenues. Enfin, j’y reviendrai plus en détail sans doute un peu plus tard…), mais hélas on ne peut pas en dire autant de tous les aspects, car certains ont diablement mal vieilli…

Parce qu’à mon sens, il est là le point faible de cette « Definitive Edition » : Ok, d’un point de vue technique et même artistique (bien que ce ne soit pas encore parfait…), le jeu a effectivement bénéficié d’une refonte tout à fait honorable. Mais on ne parle ici que de l’enveloppe physique, de son aspect extérieur quoi ! Parce que, que ce soit au niveau de l’histoire (même si elle est sympa hein, là n’est pas le souci, comme je le disais tantôt…) comme au niveau de ses mécaniques, rien n’a été touché. C’est le même jeu qu’en 2011. Pas d’amélioration.

Or, mine de rien 2011, c’était il y a dix ans… soit une éternité en terme « vidéoludique ». Deux générations séparent donc la première mouture du jeu et son édition ultime.
Et du coup, certains aspects qui ne passaient déjà pas très bien à l’époque, frôlent carrément l’insupportable de nos jours…

Je pense bien évidemment et je pense que ceux qui auront fait le jeu verront tout de suite de quoi que je parle sans que j’ai besoin de citer le talon de Bionis… heu d’Achille du jeu : SES QUETES ANNEXES DE LA MORT.

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Aka l’enfer virtuel.

Aka FedEx Chronicles.

Chiantes, inintéressantes, répétitives et au nombre hallucinant (décourageant…?) de 493, elles vont vous faire cauchemarder pendant plus de cent heures, pour peu que vous soyez un minimum « complétionniste » comme c’est mon cas…
C’est principalement ici que l’on se rend compte à quel point le jeu a vieilli… et pas dans le bon sens, ça non…

Déjà comme je le disais, à l’époque c’était difficilement justifiable et supportable, mais alors aujourd’hui, c’est quasiment rédhibitoire… J’en veux pour preuve que chez Monolith, on ne s’y est pas trompé puisque les développeurs les avaient presque purement et simplement supprimées de Xenoblade 2. (l’apogée de l’insipide ayant justement été atteint juste avant dans X…) Non, ça, en 2020, ce n’est plus possible. Ca ne se fait plus. Ca appartient à un autre âge. Et même si FF7R a essayé de nous rejouer la même musiques en début d’année avec ces quêtes de remplissages obsolètes, ça n’a jamais été une bonne idée…. Pas même pour augmenter de manière artificielle la durée de vie.

Je ne comprends pas comment il est possible qu’on se retrouve avec EXACTEMENT LA MEME USINE A GAZ qu’il y a 10 ans, mais les faits sont là, indéniables. A quel moment les devs se sont dit que c’était une bonne idée de les extraire du jeu original et de nous les recoller sous le museau telles quelles, je ne sais pas…. Mais ça ne fonctionne hélas pas. Pire, même, ça en découragera plus d’un. Non parce que, je veux bien que Xenoblade tienne énormément du MMORPG hors ligne tant par son système de combat (simple et à la fois stratégique juste ce qu’il faut, tout en sachant se montrer suffisamment malléable pour que chacun y trouve son propre style et sa synergie en terme de gameplay…) que par ses mécaniques de quêtes annexes propres au genre, mais putain quoi, ce qui ne fonctionnait déjà pas en 2011 ne fonctionne pas plus aujourd’hui ! Il fallait vraiment être complètement con et déconnecté de la réalité pour le croire !
Du coup, je ne comprends vraiment pas que ce gigantesque point noir n’ait pas été corrigé voire même carrément éjecté de cette édition ULTIME. Parce qu’entre le PNJ qui te file non pas UNE mais SIX QUETES D’UN SEUL COUP à base de « va me génocider telle espèce animale » et celui qui te demande d’aller lui cueillir des pommes situées à SEULEMENT VINGT MALHEUREUX PETITS METRES DE LUI, ça se pose là niveau amusement quoi.

Et les mascottes de la série, aka les nopons, véritables petites saloperies kawaii insupportables qui BOUFFENT LEURS ANIMAUX DE COMPAGNIE ALORS STP TU PEUX ALLER M’EN CHERCHER D’AUTRES MAIS TU EN CHOISIS DES MOCHES STP CETTE FOIS HEIN LOUUUL COMME CA JE SERAI PAS TENTE DE CROQUER DEDANS S’ILS PUENT, ont également fait leur première apparition dans cet opus…
Donc voilà, le contenu des quêtes est minables et même d’un point de vue strictement narratif, c’est le néant complet, ça n’apporte rien que ce soit en terme de lore, ni en terme de chara developpement…

Alors oui, je vous vois venir avec vos gros sabots virtuels en mode « bah si ça te fait chier d’aller cueillir des champignons ou d’aller buter huit mobs de la même espèce qui ne popent qu’entre 6h et 8h du matin, tu n’as qu’à ne pas le faire tout simplement ! », sauf que comme je l’ai dit, ça fait partie du jeu et non seulement en terme de « complétion » il sera difficile de passer à côté, mais en plus, ça vaut carrément le coup de les faire vu les récompenses proposées…

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DOOOOOOONC, tout ça pour vous dire que s’ils tenaient tant que ça à en mettre, ils auraient du commencer par en coller moins, au lieu d’en farcir littéralement le jeu, à tel point que ça déborde…. Cependant, sans un autre type de contenu annexe pour venir contrebalancer leur relative absence, le jeu aurait été beaucoup moins long et plus vide, ce qui n’aurait pas nécessairement été une mauvaise chose, mais voilà quoi, il aurait fallu équilibrer davantage le bordel…
Enfin bref, les quêtes annexes ne marchent pas. Et comme je le disais, Monolith l’a compris en les supprimant presque entièrement de Xeno 2, tel un aveu de faiblesse.

Mais le souci majeur de ces quêtes n’est MEME PAS leur répétitivité et leur manque d’intérêt, non, il s’agit d’une conséquence beaucoup plus pernicieuse à mon sens : elles cassent le rythme du jeu et sa narration. Je veux dire, bordel de merde, en premier lieu, on est quand même dans une QUETE DE VENGEANCE et on joue contre la montre ! Mais noooon on peut prendre le temps de s’arrêter pour compter les pâquerettes et zigouiller l’écosystème environnant… Donc déjà, ça n’a pas de sens en soi, mais admettons que cela mettre magiquement l’histoire en pause à ce moment-là… il y a un autre effet pervers qui nuit gravement à l’immersion : on en vient à se perdre dans les événements racontés et le rythme devient en dents de scie…

Et c’est dommage, car comme je l’ai déjà dit précédemment, même si le scénario n’a rien d’extravagant et reste somme toute assez classique pour un JRPG de ce genre, il propose tout de même quelques sympathiques enjeux et n’est pas exempt en fulgurances bienvenues. Hélas, tout le propos est gâché par que d’une part, il reste en surface (les thèmes principaux de Xenoblade tournent autour du futur/destin divin et de la liberté/possibilité de changer celui-ci.), mais surtout parce qu’il est trop hachuré. C’est-à-dire que parfois, tu vas passer dix heures d’affilée à courir dans une plaine comme un mongolo sans qu’il ne se passe RIEN d’un point de vue progression de l’histoire. Et puis tout à coup, bah merdouille alors, le jeu va se réveiller à deux heures du générique de fin et ta balancer moult informations que tu aurais bien aimé voir mieux distillées et surtout, bien plus tôt…

De même, les personnages sont trop secondaires, complètement effacés par Shulk et même la Monado, une putain d’épée DONC, un objet matériel, éclipse également ces êtres doués de personnalités, de passés et de sentiments…

C’est dire…

Parce que bon, moi, je veux bien hein. Mais à un moment donné quand un objet qui ne parle pas arrive à être plus intéressant et ATTACHANT même, n’ayons pas peur des mots, qu’un personnage censé posséder des expressions, je me dis qu’il y a eu un ratage quelque part… Alors ok, j’exagère un peu puisque sans spoiler, ce n’est pas aussi simple que ça concernant la Monado, mais quand bien même, on n’apprendre qu’A LA TOUTE FIN ce qu’elle est REELLEMENT, donc mon raisonnement est tout à fait recevable !

Alors oui, à la manière d’un Persona, on a essayé de te foutre ça et là quelques « tête à tête » entre les membres de ton équipes pour développer leurs relations et t’en apprendre un peu plus sur leur vie, leur œuvre, leurs aspirations, mais ça ne fonctionne pas. Déjà parce que ces interactions sont bien trop courtes et sommaires, mais également parce que la plupart du temps, elles ne sont absolument pas pertinentes. Je veux dire, sans mentir hein, les ¾ des « tête à tête » entre les trois filles de l’équipe… consistent à parler des membres masculins de celle-ci… Passionnant. Et miso. Donc ok, ouais, c’est bien d’avoir voulu créer un genre… de parité sexuelle au sein de nos compagnons, mais si ceux-ci sont tous des clichés sur pattes, et bien ça ne fonctionne tout simplement pas…

Ce qui fait qu’à trop entrecouper l’histoire de quêtes annexes à la con, ses enjeux deviennent fatalement moins impactants et mettre des personnages peu mémorables à son service est également une autre erreur sans nom. Tenez, à titre d’exemple et encore une fois sans spoiler, on nous DIT vers la fin du jeu que Dickson est comme un père pour Shulk et qu’il a quasiment élevé notre héros. Heuuuuu ouais… ? Alors déjà, osef, mais surtout, vous n’auriez pas pu le préciser/montrer avant… ? Histoire qu’on comprenne les tenants et les aboutissants de leur relation et tout ce que cela peut impliquer en terme de dramaturgie… ? Non parce que si vous vous donnez la peine de le dire maintenant, c’est que ça a SÛREMENT une quelconque importance au sein du scénario, pas vrai… ? Ah, non, c’était totalement gratuit et ça n’aboutira à rien… ? Ah ben d’accord, autant pour moi, alors !

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Dans le même ordre d’idée, on a le fait la Monado se retourne contre Shulk à un moment donné sans que ce ne soit explicité et ça dure cinq minutes… Puis, ce sera tout aussi vite oublié, sans que ça ne mène nulle part, ni n’ait servi un but quelconque en terme de scenario

Ce qui fait que si les thèmes abordés sont intéressants et pas trop mal traités, ils sont desservis par le casting osef du jeu et également par son rythme un peu trop planplan (hormis son début grandiose et bien maîtrisé)… C’est dommage, parce qu’il y avait du potentiel… Et je ne parle même pas des idées à peu introduites et sitôt oubliées par le jeu, qui ne les esquisse que trop peu alors qu’elles auraient pourtant mérité d’être davantage développées. (au hasard : la véritable nature de Bionis et la façon dont il se nourrit. Ou encore la REELLE raison pour laquelle les Mekon DEVORENT ou plutôt SEMBLENT dévorer les humains…) En bref, la plupart du temps, le scénario se tire une balle dans le pied alors qu’il aurait pu être efficace et même pertinent sur certains des mystères qu’il tente vainement de cultiver ça et là, afin de conserver l’intérêt du joueur… Il n’ose pas les positions assez tranchées et seul son début est plutôt provoquant…


On l’a vu : Xenoblade n’est pas une référence en terme de rythme, ni même de narration. (encore une fois, je ne parle pas ici du FOND de l’histoire mais plutôt de la façon dont elle est racontée et mise en scène… même si là encore, il s’en sort LARGEMENT mieux que ses deux cadets…) Je veux dire, ça aurait pu fonctionner si en tant que joueur on se sentait réellement impliqué et qu’on se mettait à avoir peur pour les personnages, (ce qui est d’autant plus dommage que c’est le cas au début du jeu, parce que justement, le soft part sur les chapeaux de roue… mais ne tient ni la distance, ni ses promesses, hélas…) mais ce n’est pas le cas. La faute à des maladresse dans l’écriture ou à un manque d’ambition, je ne sais pas… Suffit pas d’avoir des idées géniales, il faut aussi savoir ménager ses effets et faire les révélations au bon moment, tout en parvenant à maintenir l’intérêt du spectateur.

Et c’est un tout un métier, malheureusement ! Or ici, ça ne fonctionne pas le plus souvent…

Reste que le jeu est très généreux en contenu, même hors quêtes annexes heureusement et son système de combat dynamique et à la fois « automatique », tient encore parfaitement la route, même s’il n’est pas aussi développé que celui de Xenoblade 2. Et là aussi, à mon sens, sans aller jusqu’à mériter une refonte totale, il aurait gagné à être aménagé et mis au goût du jour, suite aux apports qualitatifs de Xenoblade 2, justement… (car s’il y a bien un aspect sur lequel Xeno 2 NE PEUT PAS être attaqué, c’est bien son système de combat…)


Pour conclure, je dirai que 10 ans plus tard, la magie opère toujours , même si elle a perdu de sa superbe. Et ça aurait largement pu être évité… Bon, peut-être que le jeu a un peu moins bien fonctionné sur moi aussi, étant donné que d’autres grands JRPG sont passés par là depuis, mais je pense surtout que c’est parce que le jeu d’origine était encore « un peu trop frais » dans ma tête. (je me souvenais d’une bonne partie des rebondissements et l’effet de surprise de l’époque était inévitablement passé, mais si j’ai réussi à retrouver une grande partie de ce côté « waouh » inhérent à la découverte, malgré tout.) D’ailleurs, si vous n’avez encore jamais joué à ce grand CLASSIQUE, il y a fort à parier que vous ne serez pas déçu vu ce que le jeu propose en terme de contenu.

C’est l’aventure et le dépaysement à l’état pur, mais l’histoire est trop en retrait et c’est dommage, parce qu’elle n’est pas mauvaise en soi et que normalement, dans un JRPG, ç’en est l’aspect prépondérant… Pour autant, si les qualités de l’époque sont toujours présentes, les défauts d’origine sont également de la partie et ils sont hélas encore moins pardonnables qu’auparavant. Il est donc regrettable de voir que seuls les éléments techniques et graphiques ont été soignés, alors que le jeu tout entier avait cruellement besoin de « modernisation » dans ses mécaniques pour le moins archaïques (et déjà l’époque de sa sortie en 2011…) pour pouvoir espérer rivaliser avec les standards actuels du genre.

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Au final, Xenoblade 1 est donc un jeu témoin, un jeu important pour son médium, mais il aurait pu être bien plus que cela si Monolith avaient daigné fournir des efforts sur le fond et pas uniquement sur la forme visuelle… Ici, on est vraiment face à une authentique capsule temporelle…On en vient même à se demander quel est le message et quelles sont les raisons derrière cette incapacité à savoir faire preuve du recul nécessaire sur ce qui ne fonctionnait déjà pas en 2011… et donc, sur cette volonté déplacée de nous resservir la même soupe indigeste ET refroidie par le poids des années en 2020… Ne pas dénaturer l’oeuvre originelle ? A d’autres, hein !

En gros, pour ceux qui n’ont jamais eu le plaisir de le faire, ALLEZ-Y et pour les autres, hmm… le plaisir sera toujours là, mais je ne peux pas vous garantir qu’il sera intact… parce que si on était indulgent à l’époque, aujourd’hui, il est autrement plus difficile de passer outre… et vous allez pester qu’on ose vous ressortir la même recette, devenue désuette, sans avoir daigné la revoir un minimum.

Pire même, vous risquez de ne pas vouloir investir plein pot dans ce vieux coucou démodé et tant qu’à faire, je ne saurai que trop vous conseiller de retourner sur votre bonne vieille version Wii. C’est vrai quoi, pourquoi repasser à la caisse POUR LE MEME JEU qu’à l’époque, si vous le possédez déjà sur son support d’origine… ? 😉 Quel intérêt ? C’est une vraie question légitime et garantie sans troll, uniquement dans le but de vous faire faire des économies substantielles hein !
ith ,))


Je lui mets malgré tout un 17/20 bien mérité, si je dois le noter, parce que j’ai apprécié le refaire quand même, mais aussi parce que c’était et que ça reste un grand jeu. Par conséquent, je lui donne la note que je lui aurai attribuée à l’époque, dans le contexte d’une première découverte totalement vierge, puisque je n’avais pas eu l’occasion donner mon avis dessus de manière aussi poussée en 2011 et que mon ressenti et mes goûts sont restés les mêmes… 🙂 C’est de bonne guerre, non… ? Le jeu a refusé de changer (rendez-vous compte : même les bugs sont D’ORIGINE !!! Oui, oui, vous avez bien lu !!) et bien moi aussi, pour la peine ! (j’aurai voulu mettre plus, mais les efforts sont à faire dans les deux sens Monsieur Monolith :D) Xenoblade a bien de la chance que mes souvenirs passés en sa compagnie aient été plutôt bons, parce que ce ne sont pas ceux de 2020 qui les auraient rattrapés/auraient changé la donne dans le cas contraire 😉


ps_nswitch_xenobladechroniclesdefinitiveedition_pegiGenre : J-RPG
Langue : Français
Développé par : Monolith Software
Edité par : Nintendo 
Taille : 14047,00 MB
Sortie : 29 Mai 2020
PEGI : +12
Plateforme : Switch

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