Gerda
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Avis : Gerda: A Flame in Winter

Gerda: A Flame in Winter c’est quoi ? Et bien sincèrement, c’est la même claque que j’ai pu recevoir avec Soldats Inconnus. Sauf qu’hormis l’horreur de la guerre, il n’y a pas grand-chose à voir entre les deux.

Ici le jeu de PortaPlay (édité par DON’T NOD) est un jeu d’aventure narratif pur et dur. Il est aussi bien plus que cela, mais je vais y revenir.
Nous suivons l’histoire d’une jeune infirmière prénommée Gerda durant la seconde guerre mondiale. Cette aventure se déroule à Tinglev, une petite ville Danoise proche de la frontière Allemande, mais assez éloignée du front.
La vie de Gerda va être bouleversée le jour où son mari va être arrêté par la Gestapo. Guerre oblige, entre les occupants et les occupés la tension est palpable. Haine des réfugiés, peurs de l’armée Allemande, les Danois sont tous méfiants. Comme en France, la résistance est tapie dans l’ombre et pour la Gestapo tout le monde peut être un traitre envers le IIIeme Reich. Infirmière, mais aussi et surtout portant la double nationalité -Danoise et Allemande- Gerda est naturellement partagée entre deux fronts. Un équilibre encore plus difficile à tenir lorsque Anders, son mari se voit accusé de faire partie de la Résistance et d’avoir participé au sabotage de l’usine de Tinglev.

L’aventure qui va suivre pour Gerda, dans son village d’apparence tranquille, va bien au-delà de ce qu’elle peut imaginer.


Gerda: A Flame in Winter s’invite donc de façon assez intelligente dans notre esprit en nous demandant ce qu’on ferait nous si nous étions occupés. C’est souvent la question que l’on se pose lorsque l’on parle de la seconde guerre mondiale. Savoir si nous aurions été résistants ou silencieux face à l’occupation Allemande, voir même un soutien.
Gerda: A Flame in Winter propose en effet cette expérience avec des dialogues qui prennent une place très importante dans le gameplay. C’est même sur nos réponses que tout va s’emboiter pour avancer. Comment ? Et bien notre relation avec une personne, ou un peuple va influencer vos choix. Symbolisé par des points répartis entre occupants ou occupés, ces points permettront, ou non, de réussir un dialogue ou une action. Les réponses vertes auront un taux de réussite assez élevé. Les réponses oranges auront moins de chance de passer. Et, les réponses rouges n’auront clairement aucune chance de réussir.
Des espaces de dialogues importants qui influeront sur les relations avec vos connaissances ou villageois. Certaines actions devront aussi être réfléchies. Ne pas gronder un garçon Allemand qui vole, a pour conséquence de ne pas être apprécié par les Danois. N’oubliez jamais, qu’une action envers l’un ou l’autre camps amène forcement une conséquence négative ou positive envers les autres. Un jonglage marquant, qui fait grandement réfléchir quant à nos idées.

Gerda: A Flame in Winter propose donc un grand nombre de choix dans les dialogues. Ces mêmes dialogues forgeront ainsi votre personnage. Se faire bien voir ou au contraire se mettre à dos les différentes factions, un choix cornélien pas toujours évident. De plus il faut toujours garder à l’esprit que tous peuvent ou pourront nous aider dans notre quête. Ces choix, vous permettent également de donner à Gerda sa propre capacité mentale. On retrouve donc la compassion, la perspicacité et l’intuition présentés sous forme de point. Des points utilisables eux aussi dans vos actions ou vos dialogues.

Comprenez que c’est un entonnoir qui se dresse face à vous. Vos actions et réponses façonnent la suite de l’histoire et moins vous serez neutre plus vous risquez de vous enfoncer vers l’une ou l’autre faction. A vos risques et périls.

Tout ceci amène évidemment à des fins multiples. Cela permet évidemment une rejouabilité assez grande. Au moins 6 heures vous seront nécessaire pour terminer un premier run. Tout naturellement on aura envie de découvrir les fins si l’on choisit de soutenir l’occupant ou la résistance et les conséquences qui en découlent.

Gerda

Gerda: A Flame in Winter c’est aussi un jeu qui regorge de personnages intéressants, voir fascinants. Vous vous doutez bien qu’en temps de guerre, chacun des personnages présents possèdent des motivations complexes et souvent personnels. On découvre tout ce qui découle la guerre, ce que l’on ne voit pas, ou ce que l’on ne devine pas. Et j’en reviens au choix d’être avec ou contre les occupants. Ici on retrouve par exemple la cousine de Gerda, Charlotte, qui est secrétaire du groupe local de la Gestapo. Elle nous explique bien que ce travail, elle le fait parce qu’elle a besoin du travail et du salaire qui en découle. On apprendra plus tard que sa vision idéologique changera pour être nettement plus sympathisante Nazi. Et puis il y a le fameux Reinhardt, un soldat nazi qui n’a d’allégeance envers personne d’autre qu’à lui-même. Il finira par développer une relation bénéfiques avec notre héroïne, contre toute attente.

L’histoire présentée rappelle combien la propagande nazie et l’appel du pouvoir étaient si efficaces.
Prenez par exemple Dieter qui sous l’influence Nazi, pour la fierté de son pays (mais aussi la protection de sa famille) est prêt à tout. Le titre n’épargne pas non plus la résistance. Il est présenté ici ce camp qui se veut tout aussi brutal que l’occupant. Tactiques violentes ou autres purges brutales n’épargnent absolument personne, pas même les Danois eux-mêmes. La guerre n’épargne ainsi personne, pas même ceux qui veulent juste vivre en paix, quelle que soit la situation. Gerda aspirant à cette paix, va malgré tout devoir faire un choix peu enviable. La guerre ce n’est pas tout noir ou tout blanc.


J’en reviens donc à Soldats Inconnus. L’impact historique fait son petit effet. Si sur le jeu d’Ubisoft, je suis resté marqué par sa violence -cachée- et naturellement par sa fin, ici, sur le titre de PortaPlay c’est l’ambiance et tous ces choix (finalement personnels) qui m’ont bouleversé. Autre point commun entre les deux titres, ce carnet de note et ce partage d’informations historiques. On retrouve en effet beaucoup d’images et de faits historiques retraçant cette foutue guerre. Le titre devient du fait encore plus percutant et dépasse ainsi le fait qu’il ne soit qu’un simple jeu vidéo.

Gerda

Esthétiquement Gerda: A Flame in Winter s’inspire de certains peintres impressionnistes du XIXème siècle. Un choix pas si anodin que ça. Le rendu est assez poétique et permet de s’éloigner de la vision horrifique de la guerre. En dépit du lourd sujet qu’il aborde et comme 11-11 Memories Retold à son époque, ce choix fonctionne parfaitement. Il manque cependant quelques détails importants selon moi, comme un manque de sentiments sur les visages. Le tout reste assez froid et manque d’émotion dans son ensemble.

L’enrobage musical est lui aussi de qualité. L’ambiance générale est assez juste. Le style semble bien dans son époque. Je reprocherai juste que seule Gerda bénéficie d’un doublage. Et encore il n’est même pas permanent puisqu’on ne l’entend que lors des scènes de transitions. Je pense que cela aurait pu avoir un peu plus d’impact si les dialogues avaient été entièrement interprétés. Je comprends évidemment que le budget n’aurait pas été le même. Un choix a dû être fait.


Conclusion


Gerda: A Flame in Winter n’est sans doute pas destiné à tout le monde. Le style reste un peu de niche.
Pourtant je pense que comme Soldats Inconnus, c’est un jeu qui doit être découvert. La vision de la guerre présentée ici ne fait pas dans le classique. Il fait appel à nos choix personnels et c’est ce qui le rend vraiment intéressant. Nos choix ne sont d’ailleurs aucunement jugés, il en découle juste des conséquences dans l’histoire. Des conséquences multiples qui donnent une durée de vie très intéressante.

C’est un jeu narratif assez radical dans nos choix. L’aspect gestion des ressources psychiques et des relations avec les PNJ demandant réflexion et implication sont clairement l’un des points forts du jeu.


Genre : Narratif
Langue : Français
Développé par : PortaPlay
Edité par : DON'T NOD
Taille : 5081,00 MB
Sortie : 1 septembre 2022
PEGI : +16
Plateforme : Steam, Switch

Jeu testé sur PC (RTX 3050, Ryzen 5 5600H)
Jeu offert par l’éditeur

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